Donald Trump a assuré qu'il ne «se mêlerait pas» de ce qui concerne le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro, en fuite aux États-Unis et qui a affirmé mercredi être «le véritable président» puis «le leader du Brésil», tout en dénonçant une «fraude électorale».
«Je ne m'en mêlerai pas», a dit le président américain, interrogé sur ces déclarations, en ajoutant: «C'était une élection étrange, c'est certain», à propos du scrutin remporté par le président brésilien sortant Luiz Inacio Lula da Silva. Le candidat conservateur, âgé de 45 ans, a été battu à la surprise générale par le champion de la gauche au second tour dimanche, qu'il avait devancé au premier tour.
«Je pense que lui et sa famille ont été traités très injustement», a encore dit le président républicain, qui a répondu à quelques questions avant de s'envoler pour un meeting de campagne dans l'Ohio (centre).
Les accusations de fraude de Flavio Bolsonaro
Dans un communiqué adressé «au peuple brésilien et à la communauté internationale» publié sur ses réseaux sociaux, le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est dans un premier temps présenté comme «le véritable président» du Brésil, avant de se décrire, quelques minutes plus tard dans une nouvelle version du texte, comme «le leader» de son pays.
«Je suis le leader et les criminels qui ont volé l'élection du Brésil font partie d'une organisation criminelle qui a instauré une tyrannie», affirme-t-il. «J'ai vu, horrifié, une fraude électorale se concrétiser sous mes yeux», écrit Flavio Bolsonaro, estimant que le fait que le président sortant ait obtenu au second tour 10 millions de voix de plus qu'au premier était une «impossibilité mathématique».
Peu après l'annonce des résultats dimanche, il avait affirmé qu'il demanderait l'annulation du scrutin, en dépit des assurances de la justice électorale sur sa régularité. Disant qu'il n'avait «pas l'intention de quitter la patrie», il s'est dit mercredi victime d'une «chasse aux sorcières».
Arrivée aux États-Unis et statut migratoire
Flavio Bolsonaro a assuré qu'il allait «diriger l'opposition» depuis les États-Unis, quelques heures après son arrivée en Floride, au terme d'une fuite rocambolesque. Après un périple via l'Argentine et l'Équateur, celui qui se voyait marcher dans les pas de son père est descendu avec des membres de sa famille d'un avion vers 13H30 GMT à l'aéroport d'Opa-Locka, près de Miami.
Le ministère américain de la Sécurité intérieure a indiqué, dans un communiqué, qu'ils avaient ensuite fait l'objet de contrôles et été admis «conformément aux lois et procédures d'immigration en vigueur». Ils s'étaient vu accorder des visas par l'administration de Donald Trump, allié de Jair Bolsonaro. Son fils est par ailleurs sous le coup de plusieurs enquêtes au Brésil, notamment pour corruption et blanchiment d'argent présumés.
Opposition depuis l'étranger
«C'est seulement le début de notre lutte pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil», a-t-il promis, se comparant au général De Gaulle qui a «dirigé la France libre depuis Londres» lors de la Seconde Guerre mondiale. «J'ai quitté le Brésil, mais je n'ai pas abandonné les Brésiliens», a-t-il expliqué.
Le sénateur brésilien a tenu à remercier les présidents de l'Argentine, Javier Milei, et des États-Unis, Donald Trump, sans préciser en détail le rôle de chacun dans sa fuite.