Condamnée à perpétuité en 2025
La célèbre «meurtrière aux champignons» pourrait-elle bientôt être acquittée?

Erin Patterson, Australienne de 51 ans, avait été condamnée à perpétuité suite au meurtre de trois membres de sa famille, auxquels elle aurait servi un repas empoisonné. Réfutant cette accusation, elle sera entendue par la cour d'appel le 19 août.
Les 19 et 20 août, Erin Patterson, la «meurtrière aux champignons», sera entendue par la Cour d'appel de Victoria, en Australie.
Photo: AP

En bref

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  • Erin Patterson, 51 ans, condamnée en 2025 à perpétuité pour avoir empoisonné trois membres de sa famille avec des champignons vénéneux, sera entendue le 19 août 2026 devant la cour d'appel de Victoria.
  • Ses avocats dénoncent des interrogations injustes et l'utilisation de preuves inappropriées, espérant un nouveau procès ou une libération conditionnelle plus rapide
  • En revanche, le ministère public demande une peine plus sévère sans possibilité de libération conditionnelle, mais la décision finale pourrait prendre plusieurs mois.
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Cette sordide affaire avait glacé l'Australie, entre 2023 et 2025. Erin Patterson, une mère de famille âgée de 51 ans, avait été condamnée à perpétuité, en septembre dernier, pour avoir tué trois membres de sa famille en leur servant un boeuf Wellington agrémenté de champignons sauvages extrêmement vénéneux (des amanites phalloïdes).

Si les trois victimes (les beaux-parents d'Erin Patterson, ainsi que la tante de son ex-mari) sont malheureusement décédées de fulgurants symptômes digestifs dans les jours suivant le repas, une quatrième personne (l'oncle de l'ex-mari d'Erin Patterson) s'en est miraculeusement tirée, après de longues semaines de traitements hospitaliers. 

Simon, l'ex-époux d'Erin Patterson, également invité, se serait désisté au dernier moment, persuadé d'avoir été victime de nombreuses tentatives d'empoisonnement au cours de leur vie commune. C'est d'ailleurs lui qui, durant plusieurs jours douloureux, aurait livré une série d'arguments accablants durant le procès largement médiatisé de son ancienne compagne.

Or, les avocats de la «meurtrière aux champignons» sont parvenus à justifier chaque étrange détail de l'histoire, rappelle la BBC. Selon eux, Erin Patterson, friande de cueillette, aurait inclus le poison dans sa recette par accident et n'avait aucune raison d'assassiner des proches qu'elle «aimait profondément». 

L'intéressée s'étant toutefois rendue en secret sur un terrain où avaient été repérés les fameux champignons, juste avant le fatidique repas, le juge l'avait reconnue coupable, la condamnant à perpétuité. Une libération conditionnelle ne pouvait être demandée avant 33 ans d'incarcération, sans oublier qu'Erin Patterson était vouée à vivre totalement recluse, du fait de la notoriété de son crime.

La cour d'appel l'a jugée «recevable»

Mais les avocats de l'Australienne ne se sont pas résignés pour autant. En novembre, Erin Patterson faisait appel, estimant que sa condamnation relevait d'une «erreur judiciaire importante», précise «The Guardian». Jugée «recevable» par la cour d'appel, elle sera entendue les 19 et 20 août, à Victoria, tandis que sa défense appuiera sur plusieurs points jugés non résolus durant le procès initial. 

En effet, d'après ses avocats, elle aurait notamment été interrogée de manière injuste par le procureur, tandis que plusieurs de ses messages Facebook, qui auraient dû rester confidentiels, ont été utilisés comme éléments de preuve. Si Erin Patterson obtient gain de cause, elle pourrait faire l'objet d'un nouveau procès, ou bénéficier d'une libération conditionnelle plus rapide que prévu. 

La décision pourra prendre des mois

De son côté, le Director of Public Prosecutions (DPP) s'oppose fermement à cette idée, avançant au contraire que la sentence de l'Australienne n'est pas suffisamment sévère: pour l'équivalent du ministère public, Erin Patterson devrait être condamnée à perpétuité sans la moindre possibilité de libération conditionnelle. 

Auprès de la BBC, le Juge Christopher Beale avait admis que les crimes commis étaient «les pires du genre», mais affirmait également que la décision d'autoriser une liberté conditionnelle après une période de 33 ans était nourrie par des «conditions d'incarcération très difficiles». 

A noter que la décision pourrait n'être prise qu'après plusieurs mois de délibérations et que la «meurtrière aux champignons» comparaîtra via visioconférence, depuis sa cellule. Pour elle, le résultat représentera la différence entre «ça passe ou ça casse». 

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