Le géant australien du minerai de fer Fortescue a été condamné mardi à verser une importante indemnisation de 108 millions de dollars environ pour le préjudice culturel subi par un groupe indigène dont les terres ancestrales ont été détruites par l'activité minière. Il s'agirait de la plus importante indemnisation jamais ordonnée en Australie en vertu des lois reconnaissant les droits fonciers des peuples autochtones.
Quatre grandes mines à ciel ouvert, une voie ferrée, un remblai de résidus miniers, des décharges et un stock de matériaux ont été disséminés sur les terres du peuple Yindjibarndi dans la région de Pilbara (ouest), a décrit le juge fédéral Stephen Burley. En raison du danger, une zone de 135 km2 a également été clôturée pour empêcher tout accès au hub minier de Fortescue, baptisé «Solomon».
Quelque 124 sites classés du patrimoine autochtone ont été «complètement détruits» par les activités minières de l'entreprise australienne et d'autres ont été excavés, recouverts par des routes ou noyés par le barrage de résidus, a indiqué le juge dans un résumé écrit de ses conclusions.
S'il a accordé une indemnisation financière «relativement faible» d'environ 100'000 dollars australiens, indexée sur la valeur du terrain, le juge Burley a ordonné évalué séparément la perte culturelle à 150 millions de dollars australiens (108 millions de dollars).
Gérer leur patrimoine culturel
Cette indemnisation reste bien inférieure à la demande de la Yindjibarndi Ngurra Aboriginal Corporation, qui réclamait plus de 800 millions de dollars australiens (580 millions de dollars) pour les pertes économiques et 1 milliard de dollars australiens (725 millions de dollars) pour le préjudice culturel.
Fortescue, présidée par le milliardaire Andrew Forrest, a assuré par la voix d'un porte-parole «se souci(er) profondément de tous les peuples Premiers, y compris de la communauté Yindjibarndi».
«Fortescue reconnaît que le peuple Yindjibarndi a droit à une indemnisation», a ajouté la société minière, assurant travailler main dans la main avec les peuples autochtones de la région de Pilbara pour gérer leur patrimoine culturel «de manière durable et responsable».