Le gouvernement suédois a annoncé mercredi qu'il allait poursuivre son projet de loi très critiqué obligeant plusieurs autorités à signaler à la police les migrants soupçonnés de séjourner illégalement en Suède. Arrivé au pouvoir en 2022 en promettant de durcir sa politique d'immigration, le gouvernement de droite soutenu par le parti d'extrême droite SD a présenté une série de réformes qu'il entend faire adopter rapidement avant les élections législatives de septembre.
Le nombre de personnes sans titre de séjour valide en Suède est estimé à plus de 100'000, selon le gouvernement qui s'appuie sur des estimations. «Si nous ne parvenons pas à maîtriser cette société parallèle, elle s'installera durablement et finira par se pérenniser», a jugé le ministre des Migrations Johan Forssell lors d'une conférence de presse.
Cette nouvelle réforme obligera six administrations (l'agence pour l'emploi, l'assurance sociale, l'administration pénitentiaire, l'agence de recouvrement des dettes, l'autorité des retraites et les impôts) à signaler à la police les migrants qu'elles soupçonnent séjourner illégalement en Suède. «Il est déraisonnable qu'un organisme détienne des informations dont l'Office suédois des migrations ou les services de police ont besoin pour exécuter les décisions d'expulsion, mais qu'il ne soit pas autorisé, en raison des règles de confidentialité en vigueur, à les communiquer aux autorités chargées de l'exécution», a estimé Ingemar Kihlström, porte-parole chargé des questions migratoires au sein du parti chrétien-démocrate, membre de la coalition gouvernementale.
«Loi de la délation»
L'instauration d'une obligation pour les autorités de signaler les personnes en situation irrégulière a suscité une vive controverse et le projet de loi a été surnommé «loi de la délation» en Suède. La société civile et les syndicats professionnels ont protesté et certains secteurs initialement censés être concernés par la mesure, en ont finalement été exemptés.
«Le gouvernement et les Démocrates de Suède (SD) sont d'accord pour que les services de santé, les établissements scolaires, les services sociaux et les bibliothèques ne soient pas tenus de fournir ce type d'informations» sur les personnes qu'ils prennent en charge, a précisé Ingemar Kihlström.
Le gouvernement veut aussi renforcer la collecte de données biométriques pour pouvoir expulser davantage de personnes. Si elles sont adoptées, ces dispositions entreront en vigueur le 13 juillet.