Le Japon a rétrogradé la Chine au rang de «voisin important» selon l'expression employée dans son «Livre bleu» diplomatique paru vendredi, nouveau signe de la dégradation de ses relations avec Pékin. Le ministère décrivait depuis 2016 la Chine comme «l'un des partenaires les plus importants du Japon».
L'édition de cette année utilise une autre expression et qualifie simplement la Chine de «voisin important». En outre, ce rapport annuel qui sert à décrire les activités et la politique du ministère japonais des Affaires étrangères, accuse Pékin de «renforcer ses critiques unilatérales et ses mesures d'intimidation à l'encontre du Japon».
Querelle autour de Taïwan
Les relations entre la Chine et le Japon, respectivement 2e et 4e économies mondiales, se sont dégradées à l'automne après que la Première ministre nationaliste japonaise Sanae Takaichi a laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan. Pékin considère l'île comme une de ses provinces, sans exclure de la reprendre par la force.
Pékin a recommandé à ses ressortissants de ne pas voyager au Japon où les Chinois constituent une importante manne touristique. Le gouvernement chinois a également imposé des restrictions douanières sur certaines firmes japonaises.
Le nombre de visiteurs chinois au Japon a chuté de plus de 45% en février sur un an, selon des données officielles. Au-delà de la Chine, la diplomatie japonaise dresse un tableau sombre de la situation internationale. «On peut affirmer que l'ère relativement paisible autrefois connue sous le nom de 'période de l'après-guerre froide' a déjà pris fin», est-il indiqué dans son rapport.