Le populaire ex-ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, limogé en juillet par le président Volodymyr Zelensky, a appelé mardi à ouvrir la voie à des élections en Ukraine malgré l'invasion russe, pour «restaurer le processus démocratique».
«La démocratie ne peut pas être retenue en otage par la Russie», a affirmé Mikhaïlo Fedorov dans un discours diffusé mardi sur YouTube, remettant sur la table l'épineuse question de l'organisation d'élections, impossible sous la loi martiale en vigueur depuis le début de l'invasion russe de grande ampleur de l'Ukraine, en février 2022.
«Nous nous battons précisément parce que nous voulons rester un Etat européen libre. (...) Ainsi, nous devons trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste qui permettra à l'Ukraine de restaurer un processus démocratique complet même en pleine guerre prolongée», a-t-il déclaré.
«Complexité n'est pas impossibilité»
Il reconnaît la complexité de l'organisation d'un scrutin en temps de guerre, citant notamment la difficulté de garantir le droit de vote des militaires, des électeurs dans les zones proches du front et des millions d'Ukrainiens réfugiés à l'étranger, des arguments déjà avancés par Volodymyr Zelensky pour expliquer l'absence d'élection présidentielle.
«Mais complexité ne signifie pas impossibilité. L'Ukraine a fait à de nombreuses reprises ce que le monde croyait impossible. Nous pouvons trouver une solution ici aussi», a assuré Mikhaïlo Fedorov. Son éviction mi-juillet décidée par le chef de l'Etat a causé une vague de manifestations en Ukraine qui se sont poursuivies au mois d'août et ont poussé Volodymyr Zelensky à également remplacer le commandant de l'armée, Oleksandre Syrsky, considéré comme le rival de Mikhaïlo Fedorov.
«Les gens ne peuvent pas vivre sans fin dans un Etat dans lequel ils ne comprennent pas pourquoi certaines décisions sont prises», a encore dit l'ancien ministre, qui avait été nommé en janvier à l'âge de 35 ans pour réaliser de grandes réformes dans l'armée ukrainienne. Mikhaïlo Fedorov n'a pas donné d'informations dans son discours sur la suite de sa carrière. Il a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne reviendrait au gouvernement qu'en tant que ministre de la Défense.