Les Suisses et leurs 4x4, c'est une véritable histoire d’amour. Pourtant, ces véhicules puissants, parfois qualifiés de manière péjorative de «chars d'assaut» en raison de leur gabarit imposant, ont en réalité assez mauvaise réputation dans notre pays. Six Suisses sur dix estiment même que ces véhicules sont trop gros pour nos routes, d'après une étude publiée en février dernier.
Mais malgré leur image négative, les Suisses en sont friands. Les derniers chiffres du comparateur en ligne Comparis le montrent bien: en 2025, les SUV représentaient 58% des nouveaux véhicules immatriculés en Suisse. A titre de comparaison, il y a dix ans, ce chiffre n’était que de 28%.
«La Suisse roule en SUV»
Jean-Claude Frick, expert en mobilité chez Comparis, affirme: «Ce type de carrosserie est définitivement devenu la norme. Il a détrôné la berline classique et le break comme véhicules familiaux de prédilection.» Jean-Claude Frick en tire donc la conclusion suivante: «La Suisse roule en SUV et ce, de manière de plus en plus systématique.»
L'analyse des chiffres révèle que Skoda profite particulièrement de l'essor du marché suisse. Le constructeur automobile tchèque a détrôné BMW et occupe désormais la première place des ventes. En 2025, les Suisses ont acheté 14'758 SUV Skoda, ce qui représente 11,1% des nouvelles immatriculations et une croissance significative de 29% par rapport à 2024. Selon Comparis, les SUV représentent aujourd'hui plus des trois quarts des nouvelles immatriculations de Skoda en Suisse.
Tesla et Ford en perte de vitesse
Parallèlement, les Américains ont essuyé des revers: Ford a vendu 2685 SUV de moins en Suisse qu’en 2024, soit une baisse de 59%. Les véhicules électriques d’Elon Musk ont également enregistré une chute significative. Avec 1665 nouvelles immatriculations en moins, Tesla a perdu 24% par rapport à l’année précédente. Selon Comparis, cela s'explique principalement par la baisse de la demande pour le Model Y.
Les SUV électriques ont toujours du mal à s'imposer: même si près de 25% des 4x4 nouvellement immatriculés sont déjà électriques, leur part du marché a stagné entre 2024 et 2025. L’année prochaine, les chiffres devraient être un peu plus encourageants, car la guerre en Iran et la flambée des prix du carburant ont entraîné un boom de la demande pour les véhicules électriques.