La patinoire ne verra pas le jour
Cette commune valaisanne a jeté 14 millions par la fenêtre

Les habitants de Saas-Grund ont refusé de financer l’exploitation de leur patinoire presque achevée, malgré l'argent déjà investi. Le projet pourrait devenir l’un des chantiers inachevés les plus coûteux de Suisse.
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L’un des chantiers inachevés les plus coûteux de Suisse se trouve à Saas-Grund.
Photo: Martin Meul
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Natalie Zumkeller et Martin Meul

Quatorze millions de francs: c’est la somme que risque de perdre la commune valaisanne de Saas-Grund. La raison? Alors que la construction de la patinoire était presque achevée, les habitants ont rejeté dimanche dernier le financement nécessaire à son exploitation. A une assez large majorité, qui plus est: 385 voix contre 246, avec un taux de participation de près de 90%. La Saastalhalle pourrait ainsi devenir le chantier inachevé le plus onéreux de Suisse.

Interrogé par Blick, Diego Andenmatten, habitant de Saas-Grund, se dit soulagé par le résultat. Il avait lui-même défendu avec vigueur le non dans les jours précédant le scrutin. «C’est bien que les gens aient examiné la question objectivement, sans trop se laisser emporter par leurs émotions», réagit-il. Cet élu du Centre attribue ce résultat étonnamment clair à la forte participation. «Le camp du non a su mobiliser les électeurs. Une participation plus faible aurait avantagé le camp du oui.»

De 8,5 millions à 14 millions

Depuis le début des travaux en 2019, le coût de la patinoire, d’abord devisé à 8,5 millions, puis révisé à la hausse à 10 millions de francs en raison du renchérissement des coûts de matériaux, et finalement passé à 14 millions. En cause: les conditions météorologiques extrêmes dans la vallée de Saas, la pandémie de Covid-19 et l’inflation. Le dilemme est pourtant de taille: sans patinoire, l’EHC Saastal ne remplit pas les conditions pour patiner en 1re Ligue (quatrième division helvétique).

Les créanciers avaient accepté d’apporter les fonds manquants pour achever l’enceinte. Mais son exploitation restait problématique, puisque la commune aurait dû en assumer une partie des coûts. L’aide demandée était plafonnée à 200’000 francs. Elle ne sera finalement pas versée.

«Aucun plan B»

Diego Andenmatten reste toutefois optimiste quant à l’avenir du bâtiment. «Il serait absurde de le laisser en l’état. A long terme, quelque chose en ressortira certainement», affirme-t-il, sans savoir encore quelle forme cela pourrait prendre.

Les partisans du projet, parmi lesquels l’EHC Saastal, redoutent au contraire que cette patinoire inachevée ne devienne un chantier abandonné, voire un lieu oublié. «En cas de non, il n’y a actuellement aucun plan B», avait expliqué Martin Zerzuben, membre du conseil d’administration du club, à Blick peu avant le vote.

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