«Mais je ne veux pas abandonner»
Le camping de Zermatt ferme définitivement ses portes

La mort des campings se poursuit en Valais. Après la fermeture de 13 emplacements par les autorités à la mi-mars, une entreprise familiale de Zermatt a dû faire de même, trois semaines avant la saison estivale.
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Le camping existe depuis près de 45 ans à l'entrée du village de Zermatt.
Photo: DR
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Nathalie Benn

Il faut avoir les moyens pour s’offrir des vacances à Zermatt. Une nuit d'hôtel est tout sauf bon marché, sans parler des nombreux chalets de luxe qui poussent comme des champignons dans ce village de montagne huppé. Mais depuis 1983, il existe une alternative pour les petits budgets, située juste à l’entrée de la station touristique: le camping des Lehner. Ce camping, qui compte une cinquantaine d'emplacements, est particulièrement apprécié des randonneurs et des alpinistes soucieux de leur budget. Celui-ci doit désormais fermer ses portes, car le Canton lui a retiré son autorisation, selon le «Walliser Bote».

Cette mesure fait suite à une directive cantonale de 2025. Celle-ci prévoit que les campings valaisans soient à nouveau soumis à une évaluation des risques naturels potentiels, car la situation en matière de risques a évolué au fil des ans. Un premier résultat de cette nouvelle directive s'est déjà fait sentir à la mi-mars: les autorités valaisannes ont fermé 13 campings, dont certains avec effet immédiat. Le canton a justifié cette fermeture par un manque de sécurité.

«Pour moi, c'est une source de revenus importante qui disparaît».

Le conseiller d'Etat responsable, Franz Ruppen, avait alors déclaré que d'autres campings pourraient suivre. C'est désormais le cas à Zermatt. Le camping de l'exploitant Elmar Lehner, 55 ans, se trouve lui aussi dans une zone à risque. Aucune mesure de protection n'est envisageable pour la saison à venir, selon un communiqué de la municipalité concernant la fermeture. «Par conséquent, les conditions légales de sécurité ne sont pas remplies.»

Pour Elmar Lehner et son employée, c'est un coup dur: «Pour moi, c'est une source de revenus importante qui disparaît, et mon employé doit maintenant chercher autre chose», explique le Valaisan au Blick. «Et le fait que tout se soit passé si soudainement rend la situation encore plus difficile.»

Elmar Lehner avait prévu de commencer la saison fin mai et avait déjà pris toutes les dispositions. Il avait même confirmé quelques réservations. «J'ai actuellement 200 demandes par e-mail en attente. Depuis la décision, je m'efforce de les traiter», explique-t-il, frustré. Il suppose en outre que des clients qui ne sont pas encore au courant de la fermeture se présenteront quand même cet été: «Je n'exige pas de réservation; beaucoup viennent de manière tout à fait spontanée.» 

Les autorités n'ont pas inspecté le camping d'elles-mêmes

Le quincagénaire avait repris le Camping Zermatt à son père en 2017. «Je venais déjà sur le site quand j’étais adolescent et j’aidais à la gestion. C'est évidemment difficile de le voir fermer», confie-t-il. «Le camping était très apprécié. Les clients me disaient sans cesse à quel point c’était formidable qu’un tel endroit existe encore.» Mais il ne compte pas baisser les bras pour autant. «Si possible, j’aimerais poursuivre l’activité sur un autre site à Zermatt», déclare-t-il à Blick.

Ironie du sort, les autorités valaisannes ont apparemment raté le coche en matière d'inspection du camping d'Elmar Lehner. «C'est moi qui l'ai moi-même demandé», explique-t-il. «Je n'ai plus eu de nouvelles du canton depuis l'entrée en vigueur de la directive.» C’est par les médias qu’il a appris la fermeture des 13 autres campings valaisans. Le communiqué se contente d’indiquer: «L’exploitant a pris connaissance de la directive dans le cadre de ses propres vérifications.»

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