Les intérêts de la Suisse ont été assurés au Forum économique mondial (WEF) malgré la montée du protectionnisme, selon le président de la Confédération Guy Parmelin. Le Vaudois a évoqué jeudi un monde «qui a définitivement changé» à l'issue d'une semaine «extrêmement intense». «Ce que je retiens surtout, c'est que le monde a définitivement changé», a déclaré le ministre de l'économie jeudi devant la presse en marge du WEF.
«Ce qui n'était à l'époque pas possible l'est maintenant discrètement, a-t-il ajouté. Nous devons en permanence être attentifs et s'assurer que le protectionnisme ne se renforce pas». Le Vaudois estime toutefois que la Suisse a atteint cette semaine son objectif de diversité commerciale, évoquant ses nombreux entretiens avec différents dirigeants tenus durant le forum.
Les discussions avec les Américains étaient les plus attendues, la Suisse devant sceller d'ici fin mars le fragile accord en vigueur sur les droits de douane. Guy Parmelin s'est brièvement entretenu avec son homologue Donald Trump mercredi après que ce dernier ait tenu des propos provocateurs envers la Suisse lors de son discours observé par le monde entier.
Rencontre à Berne «dès que possible»
Guy Parmelin a annoncé un premier round de négociations à Berne «dès que possible», sans donner de date précise. La déclaration jointe fixée en novembre demeure la base des négociations et «aucune condition préalable» n'a été fixée, a-t-il assuré, sans exclure des changements en cours de route.
Questionné sur le manque de réactivité reproché à la Suisse et au reste de l'Europe face à la politique américaine, le conseiller fédéral a blâmé la situation internationale. «Quand le multilatéralisme ne fonctionne plus ou que partiellement, nous devons constamment nous adapter», a-t-il dit.
La politique européenne a été à nombreuse reprises remise en question au cours du forum. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a plaidé pour une nouvelle Europe «indépendante», tandis que d'autres dirigeants ont adopté un discours plus offensif sur le Vieux continent.
Soutien à l'Ukraine
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky compte parmi les voix critiques. Il a fustigé jeudi une Europe trop passive qui doit «se réveiller». Le président de la Confédération Guy Parmelin s'est entretenu avec son homologue dans l'après-midi, une première pour le Vaudois. Les deux hommes ont surtout échangé sur la crise énergétique en Ukraine, où les maisons ne sont plus chauffées.
«Les Ukrainiens nous ont soumis une liste d'entreprises suisses actives dans le secteur énergétique qui produisent ou utilisent des appareils dont ils peuvent avoir besoin», a expliqué Guy Parmelin. «Nous ferons tout notre possible pour accélérer les livraisons de ces appareils», a-t-il encore déclaré sans donner plus de détails.