La part des cigarettes illicites en Suisse s'élève à 2,8% de la consommation totale, un des taux les plus bas d'Europe. Selon un rapport, des facteurs comme des écarts de prix modérés avec les pays voisins, un cadre réglementaire jugé équilibré ainsi que des contrôles douaniers efficaces explique cela. La Suisse fait ainsi bonne figure par rapport à la moyenne européenne qui se situe à environ 11% selon un rapport de KPMG publié jeudi, pour le cigarettier Philipp Morris.
Environ 230 millions de cigarettes illicites ont été consommées en Suisse en 2025, ce qui représente une baisse de 22% par rapport à 2024. La perte de recettes fiscales due à ce marché parallèle est estimée à 62 millions de francs, selon les auteurs du rapport.
Les importations reposent principalement sur des dynamiques transfrontalières légales plutôt que que sur une criminalité organisée à grande échelle. Il s'agit surtout d'achats en duty-free et d'importations personnelles depuis l'Allemagne et l'Italie. Les marchandises sont avant tout originaires de pays comme le Kosovo, la Macédoine du Nord ou la Serbie. La part des cigarettes de contrefaçon reste très marginale, à environ 0,1% de la consommation totale.
Contraste européen
La situation en Suisse contraste avec celle de plusieurs de ses voisins. En 2025, la part des cigarettes illicites dépassait 40% de la consommation totale en France. Elle atteignait plus de 30% au Royaume-Uni et environ 25% en Belgique. Selon le rapport, ces écarts s'expliquent en grande partie par d'importantes différences de prix et de fiscalité, qui créent des incitations au commerce illégal.
Pour maintenir le commerce illicite à un bas niveau, Philip Morris mentionne dans un communiqué une combinaison d'efforts des secteurs public et privé. L'entreprise indique contribuer par des technologies de traçabilité, un suivi du marché via des études de paquets vides et une collaboration avec les autorités. Des initiatives de prévention visent également à décourager ce commerce.