Le lancement de la «Royal Pop» samedi a engendré de grandes files d'attente devant les magasins du groupe horloger à travers le monde. La situation a dégénéré dans plusieurs villes, et plusieurs boutiques Swatch ont dû temporairement fermer à cause de la grosse affluence, comme Lucerne, Bâle et Bienne, mais aussi Paris, Tokyo et Milan.
De nombreux clients sont repartis bredouilles, et certains sont même très remontés. «Ce matin, il y avait 600 personnes dans la file. Nous étions 60e, et nous n'avons même pas réussi à avoir une montre», déclarait samedi à Blick un homme en colère. Il a campé toute la nuit devant le magasin de l'aéroport de Zurich pour décrocher la nouvelle montre Swatch, fruit de la collaboration avec la marque de luxe Audemars Piguet.
Mais l’entreprise biennoise semble avoir été dépassée par l’engouement suscité. Sur les réseaux sociaux, la société de Nick Hayek avait pourtant attisé l’attente avec de mystérieuses publications. Samedi soir, bien après la fermeture des magasins, Swatch a fini par réagir sur les réseaux sociaux, s'adressant à ses «chers fans du monde entier». «Afin d’assurer la sécurité de nos clients et de nos employés dans les Swatch Stores, nous vous demandons de ne pas vous précipiter en grand nombre dans nos magasins pour acheter ce produit», pouvait-on lire.
Vendues à des prix fous
Et cela ne s'arrête pas là. Des «Royal Pop», dont le prix de vente est de 350 francs, sont déjà proposées à des prix délirants sur plusieurs plateformes de vente en ligne. Sur eBay, un Australien propose son modèle «Ocho Negro» pour 3500 francs. Un montant dix fois plus cher que le prix initial!
La Suisse ne fait pas exception: sur Ricardo, les offres affluent. Nombre d’entre elles réclament également plusieurs milliers de francs pour la «Royal Pop» à quiconque souhaite l’acheter immédiatement. D’autres annonces donnent lieu à de véritables guerres d’enchères. Un marchandage qui montre à quel point certains sont prêts à débourser pour mettre la main sur cette nouvelle montre. Et cela, bien que Swatch a assuré que la collection serait encore disponible durant plusieurs mois.
Le secteur horloger exploite son propre marché
La «Royal Pop» n’échappe ainsi pas à un phénomène fréquent qui touche les produits hype: les acheteurs les plus chanceux surfent sur l'exclusivité du produit, cherchant à faire une grosse affaire en le revendant à prix fort sur Internet. Voir des montres de fabricants suisses renommés apparaître sur des plateformes comme Ricardo reste toutefois inhabituel.
Les montres de luxe sont généralement revendues sur des plateformes spécialisées dans l’occasion, qui garantissent aussi leur authenticité. Certains modèles s’échangent même à des prix plus élevés sur le marché secondaire qu’en boutique.
Les grandes marques entretiennent en effet cette rareté en produisant leurs modèles les plus convoités en quantités limitées ou en imposant de longues listes d’attente, ce qui soutient les prix de revente. Les modèles «Royal Oak» d’Audemars Piguet, dont s’inspire la «Royal Pop», se négocient justement à des sommes très élevées sur le marché de l’occasion, parfois à six chiffres. Reste toutefois à savoir quelle valeur prendra réellement la nouvelle montre de Swatch.