L’antisémitisme reste à un niveau durablement élevé en Suisse alémanique, italienne et rhéto-romanche, selon le rapport 2025 de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et de la Fondation GRA. La guerre au Moyen-Orient continue d’alimenter les tensions.
En 2025, 2185 incidents antisémites ont été recensés en ligne outre-Sarine et au sud des Alpes, soit près de 37% de plus qu'un an plus tôt (1596 cas), indique le rapport publié ce mardi. La majorité d'entre eux provient de la messagerie Telegram, suivie par les commentaires sur journaux en ligne. Les théories du complot représentent la plus grande part des contenus signalés.
Agressions, insultes et graffitis antisémites
Dans l’espace public, 177 incidents ont été enregistrés, contre 221 en 2024. Ce chiffre demeure toutefois nettement supérieur à celui observé avant octobre 2023. Pour Jonathan Kreutner, secrétaire général de la SIG (Fédération suisse des communautés juives), il n'y a pas lieu de crier victoire. «Le nombre d'incidents antisémites est encore trois fois supérieur à celui d'avant l'attentat terroriste du 7 octobre 2023», avertit-il.
D'après le rapport, 2185 incidents en ligne ont été recensés l'an dernier, soit près de 40% de plus que l'année précédente. La majorité de ces cas sont liés à des théories du complot antisémites. Les cas recensés comprennent notamment des agressions, insultes, propos antisémites et graffitis. Les Juifs suisses sont aussi fréquemment accusés d'être responsables de la guerre à Gaza et de la politique israélienne.
La grande majorité des incidents en ligne se sont produits sur Telegram. Cela s'explique notamment par le fait que la plateforme modère très peu les discours haineux. «Cette plateforme est une véritable poubelle», déclare Jonathan Kreutner. La Fédération suisse des organisations de consommateurs (SIG) exige donc que les plateformes soient davantage tenues responsables à l'avenir.
Un problème structurel
Selon les auteurs, l’antisémitisme n’est plus un phénomène ponctuel, mais un problème structurel. Ils mettent en garde contre la banalisation des discours antisémites. Le rapport montre également que l'antisémitisme ne provient pas d'un milieu social spécifique. Les incidents sont attribués à des individus issus de l'extrême droite, de l'extrême gauche et des milieux islamistes. Mais des personnes appartenant à ce qu'on appelle le «centre de la société» sont également responsables.
Pour lutter contre la haine et la discrimination, le Conseil fédéral a adopté la «Stratégie nationale contre le racisme et l’antisémitisme» en décembre 2025. Des investissements seront réalisés dans la protection et la prévention. Le gouvernement entend également mettre en place un système de suivi systématique. Un plan d’action précisant les modalités de mise en œuvre concrète de la stratégie sera élaboré dans le courant de l’année.
Jonathan Kreutner accueille favorablement cette initiative. Il souligne que l'éducation préscolaire, en particulier, peut constituer une mesure préventive efficace. Il est donc important que l'antisémitisme et le racisme soient abordés dans les écoles.
Les données concernant la Suisse romande seront publiées ultérieurement ce mardi 10 mars.