Le géant jaune suisse est sous pression. La demande pour de nombreux services de la Poste est en forte baisse depuis plusieurs années, selon un rapport de la Confédération publié le 24 juin. Avec la numérisation, les habitudes de la population et des entreprises ont profondément changé. La Poste doit donc rapidement adapter son offre aux nouveaux besoins. Parmi les mesures envisagées figure notamment une réduction de la fréquence de distribution du courrier, comme l’a expliqué le directeur général de la Poste, Pascal Grieder, à la «Neue Zürcher Zeitung».
En Suisse, le volume des lettres a diminué d’un tiers au cours des dix dernières années, tandis que les versements en espèces au guichet ont reculé de deux tiers. Le géant jaune s’attend à une nouvelle baisse de 30% des envois de lettres d’ici à 2030.
Face à ces défis structurels et économiques, la Poste a tenté de diversifier ses activités commerciales. Mais cette évolution suscite de plus en plus de critiques au Parlement. Pour répondre à la chute des activités postales, le Conseil fédéral propose une révision de la législation sur l’organisation de la Poste, ainsi qu’une adaptation de certains services, afin de revoir le mandat du service universel.
Changements drastiques
La Poste envisage notamment de réduire la distribution quotidienne du courrier. A partir de 2035, celle-ci pourrait avoir lieu un jour sur deux. Concrètement, les lettres «standards» pourraient ne plus être distribuées quotidiennement. Les lettres prioritaires, elles, seraient livrées avec les colis et pourraient devenir plus chères que le courrier A actuel.
Cette adaptation ne deviendra réalité que si la baisse actuelle se poursuit. Sa mise en place devrait aussi prendre du temps. Un scénario jugé très probable par Pascal Grieder, qui rappelle qu’en dix ans, le nombre de lettres a diminué d’un milliard. Dans les conditions actuelles, maintenir une distribution quotidienne relève donc, selon lui, «du luxe». Le patron de la Poste se veut toutefois rassurant: le service universel doit continuer à couvrir toute la Suisse, et aucune région périphérique ne sera abandonnée.