La chute de natalité inquiète
Un spécialiste de la reproduction met en garde contre l'infertilité en Suisse

La Suisse manque de relève. En 2025, le taux de fécondité est tombé à un niveau historiquement bas, avec 1,28 enfant par femme, tandis que l’infertilité progresse. Selon un spécialiste français, la population reste mal informée.
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De nombreux pays européens font face à une crise démographique. En Suisse, la natalité est au plus bas. (Image prétexte)
Photo: Shutterstock
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Wiebke Köhne

De plus en plus de pays européens sont confrontés à une baisse de la natalité. Face à cette tendance, les gouvernements s’interrogent sur l’efficacité de politiques familiales ciblées. En France, un plan en 16 mesures a notamment été lancé en février pour lutter contre l’infertilité.

Samir Hamamah, l’un des concepteurs de ce plan français, rappelle que l’infertilité concerne aussi bien les hommes que les femmes. «L’infertilité progresse chaque année de 0,3 à 0,4% dans le monde, chez les hommes comme chez les femmes», explique-t-il à l’«Aargauer Zeitung».

Le spécialiste souligne également les limites de la médecine reproductive. «Plus de 30% des patientes quittent les centres de procréation médicalement assistée sans avoir eu d’enfant.»

La population devrait être mieux informée

Le risque d’infertilité augmentant avec l’âge, le ministère français de la Santé mise notamment sur la prévention. Toutes les personnes âgées de 29 ans reçoivent un courrier contenant des informations détaillées sur la santé sexuelle et reproductive. Les femmes âgées de 29 à 37 ans peuvent également faire congeler gratuitement leurs ovocytes.

Samir Hamamah met par ailleurs en garde contre les perturbateurs endocriniens présents dans notre environnement. Ces substances, que l’on retrouve notamment dans les shampoings, les parfums et certains emballages, pourraient «avoir un impact négatif sur la santé reproductive». Le spécialiste plaide donc pour un étiquetage plus précis de ces produits.

Les aides de l’Etat ne suffisent pas

Les raisons qui poussent de plus en plus de jeunes couples en Suisse à renoncer à avoir des enfants sont nombreuses et souvent très personnelles. Les mesures de soutien de l'Etat, comme les aides à la garde d’enfants ou les allocations familiales, ne peuvent pas à elles seules inverser la tendance.

Dans son entretien accordé à l’«Aargauer Zeitung», Samir Hamamah estime que la politique familiale est surtout efficace lorsqu’elle soutient les personnes qui souhaitent déjà avoir des enfants. En janvier 2025, la Confédération a par ailleurs décidé de légaliser le don d’ovocytes en Suisse. Les modifications de la loi sur la procréation médicalement assistée sont actuellement en cours d’élaboration.

En Suisse, la politique familiale fait également débat au Parlement. Une pétition du Parti évangélique suisse a récemment suscité l’attention. Elle demande que les allocations familiales soient portées à 250 francs et les allocations de formation à 300 francs. En janvier 2025, la Confédération a par ailleurs décidé de légaliser le don d’ovocytes en Suisse. Les modifications de la loi sur la procréation médicalement assistée sont actuellement en cours d’élaboration.

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