Carnet de vaccination falsifié
Une Suissesse adopte un chiot sans se douter qu'il provient d'un trafic d'animaux

Une Saint-Galloise a adopté un chiot sans savoir qu'il était issu d'une importation illégale. En examinant ses documents, elle a découvert que le carnet de vaccination était un faux.
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Ramona Frischknecht avec sa chienne croisée Nayla.
Photo: DR
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Florin Schranz

Ramona Frischknecht, originaire du canton de Saint-Gall, souhaitait offrir un foyer aimant à un petit chiot. En octobre 2025, elle a adopté Nayla, alors âgée de seulement trois mois pour 400 francs, sans imaginer un seul instant qu'elle pourrait être liée à une importation illégale.

Elle avait trouvé l'animal sur la page Facebook «Staffi-Nation», du nom de la race de chiens Staffordshire Bull Terrier. En Suisse, ces chiens sont classés comme potentiellement dangereux. Dans les cantons de Zurich, Genève ou du Valais, la détention de cette race est interdite. En France, il est même interdit d'entrer sur le territoire avec ces chiens. Dans le canton de Saint-Gall, en revanche, il n'y a aucune interdiction.

Premières incohérences

Le premier doute de Ramona Frischknecht survient en examinant les documents. «Le carnet de vaccination ne pouvait pas être correct», explique-t-elle. Malgré le jeune âge du chiot, plusieurs vaccins y figuraient déjà, parfois avec des dates impossibles. «Certains vaccins étaient notés alors que la portée de Nayla n'était même pas encore née», ajoute la jeune femme de 26 ans. Le problème est d'autant plus sérieux en ce qui concerne la vaccination contre la rage, obligatoire pour voyager à l'étranger.

Face à ces incohérences, Ramona Frischknecht décide de consulter un vétérinaire. Celui-ci réagit immédiatement et l'oriente vers l'office compétent. Ce dernier est catégorique: si les vaccinations ne sont pas pas valides, le chien a très probablement été importé en Suisse sans vaccin antirabique valable, ce qui constitue une violation claire des lois en vigueur.

La jeune femme décide alors de se rendre à la police et fait analyser le sang de Nayla. Pour pouvoir garder sa chienne, celle-ci doit rester en quarantaine à la maison pendant sept semaines: pas de contact avec d'autres animaux, juste un petit coup de brosse à l'extérieur, puis retour immédiat dans l'appartement.

Le test sanguin réalisé à Berne dissipe finalement les doutes: le sang du chiot ne contenait aucun anticorps contre la rage. Le carnet de vaccination officiel était donc un faux.

Reproches et désaccords

«Nayla est probablement née en Bosnie», explique Ramona Frischknecht. Ce pays étant un territoire à risque pour la rage, des documents de vaccination falsifiés pourraient permettre à des chiens infectés de pénétrer en Suisse. Dans le contrat de vente, sa chienne est déclarée comme un «Labrador», alors qu'il s'agit en réalité, selon sa propriétaire, d'un Stafford croisé.

Pour la jeune Saint-Galloise, cette histoire a également eu des conséquences financières: environ 600 francs de frais supplémentaires pour les tests auprès de l'office vétérinaire, les vaccins contre la rage et les obligations administratives.

Ramona Frischknecht déplore surtout le ton utilisé par la gérante de «Staffi-Nation», lorsqu'elle a signalé l'incident. Elle a reçu plusieurs messages vocaux dans lesquels la gérante du site réfute toutes ses critiques. «Elle m’a parlé comme si je ne connaissais rien aux chiens», confie la jeune femme.

Une «campagne de salissage»

La gérante de «Staffi-Nation» souligne sur sa page Facebook qu'elle n'a jamais eu de comportement répréhensible. Elle parle d'une «campagne de salissage» en cours ainsi que de «cybermobbing» contre sa personne.

Parallèlement, elle continue à solliciter des dons. Les supporters peuvent, pour cinq francs, participer à une opération qui leur permet de proposer un nom pour un chien recueilli. Un tirage au sort désigne ensuite parmi les contributeurs celui ou celle qui pourra choisir le nom définitif.

«Staffi-Nation» n'a pas répondu à nos questions. Cependant, Ramona Frischknecht a finalement reçu un remboursement de 100 francs par Paypal. Aujourd'hui, Nayla est âgée de huit mois. Elle est en bonne santé et partage toujours le quotidien de la jeune Saint-Galloise.

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