Sous couvert de simples visites, certains groupes russophones suscitent l’inquiétude en Suisse. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, leur présence répétée sur des sites stratégiques du pays a été signalée à plusieurs reprises, rapporte les journaux romands de Tamedia, citant l’«Aargauer Zeitung». Dans le lot figurent des centrales nucléaires et hydroélectriques, des aéroports, des gares, des centres logistiques de La Poste ou de grands distributeurs, mais aussi des installations de biogaz, des stations de traitement des eaux et même le Palais fédéral.
Ces lieux n’ont rien d’anodin: une atteinte contre eux pourrait désorganiser des pans entiers de l’approvisionnement ou fragiliser la sécurité du pays. Or, selon le quotidien alémanique, certains groupes seraient revenus plusieurs fois sur les mêmes sites. Des centrales nucléaires auraient ainsi été visitées à trois reprises depuis le début de 2024.
Visites «officielles»
Pour les autorités, ces excursions apparemment banales pourrait cacher un travail de repérage. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) confirme que des groupes se sont rendus sur des infrastructures critiques suisses. Dans un climat international sous tension, ces mouvements sont suivis de près et les informations transmises aux services cantonaux.
Une partie du phénomène échappe toutefois aux radars, avertit encore le SRC, qui rappelle que les actes d’espionnage sont souvent invisibles ou non dénoncés. Les experts soulignent ainsi que ce travail d’observation peut s’inscrire dans le temps long. Il s’agit d’identifier des accès, de comprendre les routines, de tester la vigilance et de déceler d’éventuelles failles. Les visites sont ainsi annoncées officiellement, puisqu'il s'agit de collecter des informations petit à petit.
Pour les services suisses, la Russie et la Chine restent aujourd’hui les principales menaces en matière d’espionnage. Face à cette pression, Berne veut durcir le cadre. L’Office fédéral de la protection de la population doit préparer, d’ici à la fin de l’année, de nouvelles règles pour mieux protéger les infrastructures critiques.