Il soutient le contre-projet
L'éditeur de CH-Media opte pour le compromis sur l'initiative de la redevance

Peter Wanner soutient le contre-projet fédéral à l'initiative SSR, estimant que celle-ci doit privilégier l'information et la culture. Le vote sur la redevance radio/TV aura lieu le 8 mars prochain.
Peter Wanner estime que la SSR exagère.
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ATS Agence télégraphique suisse

L'éditeur de CH Media, Peter Wanner, est favorable au contre-projet du Conseil fédéral à l'initiative SSR. Il ne s'attend pas à ce que la SSR se retire complètement du sport et du divertissement, mais il souhaite une plus grande part pour les chaînes privées.

Wanner s'est dit convaincu que la SSR peut réaliser des économies. «Un oui à l'initiative entraînerait toutefois une forte réduction», a-t-il déclaré lundi dans une interview accordée aux journaux CH Media. Wanner est éditeur et président du conseil d'administration de CH Media et d'AZ Medien.

L'initiative populaire «200 francs, ça suffit» vise à réduire la redevance radio/TV de 335 à 200 francs par an. Le peuple se prononcera à ce sujet le 8 mars. En revanche, le contre-projet du Conseil fédéral la réduit de 335 à 300 francs en 2029. Et environ 65'000 entreprises supplémentaires seront exemptées de redevance.

Exagérations

Selon Wanner, le débat a perdu toute objectivité, dans les deux camps. Un argument de la SSR le dérange particulièrement. Le média public affirme qu'en cas de oui à l'initiative, les fêtes de lutte ne seront plus diffusées que sur des chaînes payantes, pour environ 500 francs par mois.

«Il est tout à fait faux de dire que les téléspectateurs devraient payer un supplément pour regarder ces programmes sur les chaînes privées», a souligné Wanner. CH Media a déjà diffusé des fêtes cantonales de lutte sans supplément. La chaîne privée aimerait également diffuser la fête fédérale de lutte. Cette diffusion «peut être financée par la publicité», a-t-il déclaré.

Les annonceurs publicitaires et les chaînes privées s'intéressent avant tout aux programmes sportifs et de divertissement. La mission des chaînes publiques est de diffuser des formats que le marché ne finance pas, selon Wanner. «La SSR devrait se concentrer en premier lieu sur le service public, c'est-à-dire l'information, l'éducation et la culture.»

Compromis à négocier

Pour lui, il s'agit de trouver des compromis pour le sport et le divertissement. Un accord conclu l'an dernier entre la SSR et l'association des éditeurs alémaniques Schweizer Medien (VSM) va dans ce sens. En matière de retransmissions sportives, la SSR doit davantage tenir compte des diffuseurs privés. L'accord prévoit également qu'elle réduise ses activités en ligne.

En contrepartie, les éditeurs soutiennent le non à l'initiative «200 francs ça suffit». «J'ai de la sympathie pour l'initiative, mais elle est globalement trop radicale», déclare Wanner.

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