A 3h du matin, ce dimanche 25 octobre, nos montres reculeront d'une heure. Pour les personnes sans enfant, cela signifie juste que la nuit glanera une heure de sommeil supplémentaire, leur offrant une grasse matinée gratuite. Mais pour les parents de jeunes enfants, ce passage peut s'accompagner de réveils précoces et de négociations absurdes, avec des mini-protestataires en pantoufles et pyjama: en effet, les bambins se fient à leur rythme circadien qui, lui, n'est absolument pas au courant (et s'en contrefiche) que nous repassons à l'heure d'hiver. L'habituel lever en grande pompe à 6h du matin pourrait donc se transformer en un douloureux réveil à 5h. Voire encore plus tôt, selon le rythme de votre famille.
«Le changement d’heure peut perturber le sommeil des enfants, particulièrement chez les bébés et les jeunes enfants qui ont déjà un rythme de sommeil bien installé, explique Catia Mendes, infirmière diplômée HES et consultante en sommeil de l'enfant. Leur horloge biologique est habituée aux routines de la journée, notamment aux repas, aux siestes et au coucher. Lorsque nous passons à l’heure d’hiver, leur corps ne s’adapte pas forcément immédiatement à ce nouveau rythme. Cela peut notamment se traduire par des réveils plus matinaux, une fatigue plus importante en fin de journée ou quelques difficultés au moment du coucher.»
Pas tous les enfants ne sont concernés
Pas de panique, cependant, puisque tous les enfants ne réagissent pas de la même manière. Selon notre intervenante, certains d'entre eux s'adaptent très facilement, sans perturbation particulière. «De plus, il s'agit d'une petite adaptation et non d'un problème de sommeil en soi», rassure Catia Mendes.
Cela dit, si l'idée vous inquiète quand même ou que vos enfants se montrent toujours très sensibles à la moindre perturbation de leur rythme, sachez qu'il est possible de minimiser l'impact.
Décaler leurs horaires, petit à petit
«Quelques jours avant le changement d’heure, les parents peuvent décaler légèrement et progressivement les repas, les siestes et le coucher, conseille notre experte. L’objectif est de permettre à l’enfant de s’adapter en douceur, sans bouleverser son rythme.»
En se calquant sur l'idée d'un très léger décalage horaire, on pourrait retarder le coucher d'environ un quart d'heure par jour, afin que la transition soit moins brusque, le dimanche 25 octobre. S'il est évidemment préférable d'anticiper au maximum, en commençant à tout décaler dès le mercredi, par exemple, vous pouvez aussi adoucir la transition à partir du vendredi.
En revanche, rien ne sert d'empêcher un enfant épuisé de rejoindre les bras de Morphée: «Il est important de rester attentif à ses besoins, souligne Catia Mendes. S’il montre des signes de fatigue, mieux vaut adapter temporairement le coucher plutôt que de risquer une fatigue excessive.» Car, hélas, la surfatigue peut, de manière totalement contradictoire, rendre l'endormissement plus difficile et perturber le sommeil.
Protéger les rituels du soir
Plusieurs larges études, dont une recherche menée en 2025 aux États-Unis, ont confirmé l'efficacité de la routine du soir pour améliorer le sommeil des enfants. Raison de plus de conserver toutes ces habitudes le jour du changement d'heure, afin d'ancrer les nouveaux horaires aussi vite que possible. «Une histoire, un câlin, une chanson… Ces petits moments répétés chaque soir rassurent l’enfant et lui permettent de comprendre que le moment de dormir approche», acquiesce Catia Mendes.
Cependant, si le changement d’heure ne semble pas perturber votre enfant, notre experte affirme qu'il n’est pas nécessaire de modifier toute sa routine.
Adapter les niveaux de lumière
Pensez à la lumière bleue émise par nos écrans et passionnément proscrite par tous les spécialistes du sommeil, avant le coucher: intense et troublante, elle est susceptible de perturber notre rythme circadien, en donnant au cerveau l'illusion qu'il fait encore jour. De même, il est difficile de continuer à dormir paisiblement lorsque les premiers rayons du jour commencent à inonder la pièce. C'est un peu pareil pour les enfants qui se lèveront à l'aube, ce dimanche:
«La lumière naturelle joue un rôle important dans la régulation du sommeil, poursuit notre interlocutrice. Si l’enfant se réveille très tôt, mieux vaut maintenir une ambiance sombre et calme jusqu’au moment habituel du lever.» En d'autres termes, on tente de convaincre son cerveau que la nuit n'est pas encore terminée.
La perturbation est temporaire
Face à des parents épuisés qui redoutent le réveil précoce de ce dimanche, Catia Mendes tend à dédramatiser: «La plupart des enfants s’adaptent en quelques jours, généralement en moins d’une semaine, observe-t-elle. Certains peuvent toutefois avoir besoin d’un peu plus de temps, mais l’essentiel est de maintenir une routine régulière, tout en restant souple et attentif à ses besoins.»
Par ailleurs, notre interlocutrice rappelle qu'il s'agit d'une perturbation passagère, qui ne devrait pas se transformer en une source de stress supplémentaire pour les familles: «Avec des repères stables, de la souplesse et un peu de patience, les enfants retrouvent généralement leur rythme naturellement.»