Salaire des médecins-chefs
Les médecins s'insurgent contre la présidente de la FMH après sa sortie choc

La présidente de la Fédération suisse des médecins, Yvonne Gilli, a qualifié d'inacceptables les salaires élevés versés aux médecins-chefs des hôpitaux publics. Elle fait désormais l'objet de vives critiques au sein même de son organisation.
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Le débat sur les salaires élevés des médecins-chefs suscite des remous au sein du corps médical suisse.
Photo: Keystone
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Sven Altermatt

Une déclaration franche de la figure de proue des médecins suisses suscite une vive polémique au sein de la profession médicale. Blick a interrogé les hôpitaux publics suisses pour connaître les salaires de leurs médecins-chefs. Il en ressort que certains médecins perçoivent un revenu annuel avoisinant le million de francs.

A l’hôpital universitaire de Bâle, plusieurs médecins perçoivent environ 850’000 francs par an. Dans les hôpitaux zurichois, les responsables restent discrets sur les salaires effectivement versés et invoquent le plafond salarial légal fixé à 1 million de francs.

Yvonne Gilli n’a pas mâché ses mots. La présidente de la Fédération des médecins suisses (FMH) a déclaré à Blick: «Il est inacceptable que des médecins des hôpitaux publics perçoivent des salaires de plusieurs millions aux dépens de la sécurité sociale!» Elle a craint qu’«une petite minorité ne porte ainsi atteinte à la réputation de l’ensemble de la profession».

Un appel à davantage de différenciation

Une déclaration qui a valu à Yvonne Gilli de recevoir un large soutien au sein des lecteurs de Blick. Cependant, elle se heurte à une forte opposition de la part d’une partie du corps médical. Le portail spécialisé Medinside, habituellement très bien informé, fait état de critiques à l’encontre des propos d’Yvonne Gilli.

Ainsi, un médecin reproche à la présidente de la FMH sur LinkedIn de «poignarder dans le dos» sa propre profession et de participer au «dénigrement des médecins concernant les salaires des médecins hospitaliers». Ce médecin admet certes que certains salaires exceptionnellement élevés pourraient tout à fait faire l’objet d’un débat. Il estime toutefois que l’organisation professionnelle doit «avant tout prendre la défense de ses collègues», au lieu d’amplifier publiquement les critiques à leur encontre.

Un autre médecin plaide pour davantage de nuance. Il faudrait également préciser quelle partie du salaire d’un médecin-chef provient, par exemple, d’une charge d’enseignement à l’université et quelle partie est financée par des assurances complémentaires. Ces dernières composantes représentent une charge moins lourde pour la collectivité.

La FMH a-t-elle retourné sa veste?

Dans son commentaire, une autre médecin établit une comparaison avec les PDG des caisses d’assurance maladie. Elle se demande pourquoi les salaires des médecins de haut niveau, dont certains comptent parmi les meilleurs au monde et accomplissent des prouesses exceptionnelles, font l’objet d’un scandale, alors que des salaires tout aussi élevés versés aux dirigeants de caisses d’assurance maladie sont largement acceptés.

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C’est maintenant que la colère face à l’accumulation de toutes les détériorations de ces dernières années éclate au grand jour
Yvonne Gilli, présidente de la Fédération des médecins suisses
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Medinside rappelle par ailleurs que la FMH s’était montrée plus réservée par le passé concernant les salaires élevés des médecins-chefs. Il y a environ huit ans, l’ordre professionnel avait déclaré, d’une part, ne pas soutenir les salaires à un million. D’autre part, sa direction de l’époque avait souligné que cela ne concernait qu’une minorité du corps médical. Elle avait précisé que les contrats des médecins-chefs dans les hôpitaux publics relevaient en fin de compte de la responsabilité des gouvernements cantonaux compétents.

Les médecins s’insurgent contre le plafonnement des salaires

La présidente de la FMH, Yvonne Gilli, doit actuellement faire face à d’autres tensions au sein de sa propre base. La direction de l’association s’est retrouvée sous pression en raison du nouveau tarif médical Tardoc. Il s’agit notamment d’un plafonnement des points tarifaires, c’est-à-dire d’une sorte de plafonnement salarial.

Les détracteurs ont reproché à la FMH de limiter indirectement les possibilités de rémunération des médecins avec ce nouveau tarif. Yvonne Gilli a reconnu à Blick que le climat était tendu. «C’est maintenant que la colère face à l’accumulation de toutes les détériorations de ces dernières années éclate au grand jour», a-t-elle déclaré récemment. Dans le même temps, la St-Galloise a souligné que la FMH s’était «battue aux côtés des médecins» et a promis: «Nous allons nous engager pour que des corrections soient apportées.»

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