Le Comité des Jeunes du Centre Vaud va se réunir ce mardi 5 mai au soir pour convenir d'une prise de position commune au sujet de la conseillère d'Etat Valérie Dittli. Contacté par Blick, le président des Jeunes du Centre Vaud, Jean-Robert Terrier, nous livre sa position, en commençant par rappeler la position générale des Jeunes du Centre Vaud: «Il y a une certaine déception, voire une sidération, par rapport aux prises de position du Comité cantonal.» Le 30 avril, le Centre Vaud avait en effet renouvelé sa confiance dans la ministre, alors que pour les jeunes du parti, l'affaire du mandat secret octroyé à Jean-Claude Mathey était «l'affaire de trop».
Inadéquation des valeurs
De manière générale, Jean-Robert Terrier, élu mi-mars à la présidence des Jeunes, estime que l’attitude de Valérie Dittli, suite au coup de tonnerre provoqué par cette affaire révélée par le rapport Meylan, n’est pas en adéquation avec les valeurs de responsabilité du parti.
«Nous avons une conseillère d’Etat qui accuse le gouvernement, et la présidence de ce gouvernement, de mentir, déclare le Bussignolais. Cette attitude est en train de nuire à l'image du parti et à celle des Jeunes du Centre Vaud, dont Mme Dittli fait partie, et dont elle a été présidente.»
Jean-Robert Terrier note que la conseillère d'Etat parle souvent d'agir «dans l’intérêt de son parti», ce qu'il conteste. «On constate que c’est le strict inverse. Le rapport Meylan est accablant quant aux faits présentés, mais elle les nie, et ne fait pas toute la transparence auprès des Vaudois et des Vaudoises».
Un «suicide politique»
Si d'aventure Valérie Dittli devait poursuivre sa carrière à Berne, en se portant candidate au Conseil national, comme cela se murmure actuellement au sein du parti, Jean-Robert Terrier s'y opposerait: «Ma position serait très claire dans un tel cas de figure: il serait exclu que Mme Dittli se présente à quelque élection cantonale ou fédérale sous la bannière du Centre. Cela dessert le parti. En tant que président des Jeunes, je m’opposerais fermement à cela.»
Pour le jeune président, «une telle décision d’investir Mme Dittli aux élections serait un suicide politique, surtout en cas d'éventuelle course au Conseil national. Avec le dégât d’image et la réputation associée, cela compliquerait les chances de récupérer un siège, et cela agirait comme un repoussoir pour notre parti, mais aussi pour nos alliés».
Dans un tel scénario, Jean-Robert Terrier craindrait en effet la désaffection des autres partis de l'alliance. «Ce sont eux qui décideraient. Nous pourrions bien l’investir, mais si nos alliés ne voulaient pas se joindre à cette entreprise, ils diraient non, et de fait, nous serions obligés de partir cavalier seul; nos chances de récupérer un siège s’amenuiseraient alors. Il n’est pas nécessaire d’être savant ou stratège pour l'anticiper.»