Déjà que le prix des loisirs d'hivers en Suisse prend l'ascenceur depuis quelques années, ce n'est pas en partant en vacances que la situation s'arrange... loin de là même! Les prix des logement flambent et les billets d'avion atteignent des sommets, tirant l'ensemble des prix des loisirs vers le haut en alourdissant la facture. Et autre mauvaise nouvelle, les Romands sont ceux qui en font le plus les frais.
En décembre 2025, le prix des loisirs ont augmenté de 1,2% sur un an, alors même que l'inflation générale reste quasi nulle (0,1%), selon l'indice Comparis des prix des loisirs paru ce jeudi 29 janvier. Après un léger repli en novembre, la hausse est repartie de plus belle. Sur un mois, les prix des loisirs ont progressé de 1,0%, confirmant la pression persistante sur le budget des ménages.
Les logements de vacances flambent
Les logements de vacances et campings affichent la plus forte augmentation. En décembre, leurs prix ont bondi de 25% par rapport au mois précédent. «Depuis la pandémie, les vacances dans les logements de vacances et les campings ont le vent en poupe. La demande accrue se heurte à une offre trop faible, ce qui fait grimper les prix», Michael Kuhn, expert Consumer Finance à Comparis.
A cela s’ajoutent la hausse des coûts de l’énergie, du chauffage, de l’entretien et des plateformes de réservation, souvent répercutés sur les clients. Le facteur saisonnier renforce encore la tendance avec l’ouverture de la saison de ski et les fêtes de fin d’année. Sur cinq ans, les prix de la parahôtellerie ont grimpé de 21%.
Billets d’avion hors de prix
Et vous n'avez encore rien vu: la hausse est encore plus marquée dans le transport aérien. En seulement cinq ans, le prix des billets d’avion a augmenté de... 57%, un record parmi tous les produits analysés.
Cette envolée s’explique par un déséquilibre durable entre l’offre et la demande. Le secteur manque d’avions, de moteurs, de pièces détachées et de personnel qualifié. Les flottes vieillissantes consomment davantage de carburant et coûtent plus cher à entretenir. Les délais de certification des nouveaux appareils se sont fortement allongés – passant de 12 à 24 mois, à 4 voire 5 ans – tandis que les droits de douane américains sur l'électronique et le métal ainsi que les incertitudes politiques pèsent sur la production.
Un retour aux tarifs d’avant la pandémie paraît peu probable. «Les vols pourraient redevenir légèrement moins chers au cours des prochains mois, mais les prix resteront nettement supérieurs à leur niveau d’avant la crise du coronavirus», précise l'expert de Comparis.
Seniors et Suisse romande plus exposés
En décembre, d’autres postes clés des loisirs hivernaux ont également renchéri. Les transports individuels ont augmenté de 6,8%, les chemins de fer de montagne et les remontées mécaniques de 4,3%, l’hôtellerie de 3,1% et le transport aérien de 2,8% sur un mois.
L’impact n’est pas uniforme. Les personnes vivant seules et âgées de 65 ans ou plus sont les plus touchées, avec une inflation ressentie de 1,6% sur un an. A l’inverse, les couples avec enfants sont les moins affectés. Sur le plan régional, la Suisse romande enregistre le renchérissement annuel le plus élevé (1,2%), devant la Suisse italienne (0,9%).
Quelques bonnes nouvelles
Certaines catégories font exception. En décembre, les téléviseurs et appareils audio-vidéo ont reculé de 6,9%, les supports de données et contenus de 2,6%, tout comme les voyages à forfait.
Malgré ces rares baisses, le constat reste clair: partir en vacances et profiter des loisirs d’hiver coûte toujours plus cher en Suisse. Alors... à vos porte-monnaie.