Peu après avoir mis en vente une vieille tablette sur Ricardo.ch et l'avoir vendue à une cliente romande, Hans-Peter Korn a commencé à avoir des doutes, rapporte Beobachter. «Dès le lendemain de la vente, cette femme m'a demandé de manière agressive quand j'allais enfin lui envoyer l'article acheté. Elle m'a relancé à plusieurs reprises, allant même jusqu'à me menacer de faire appel à un avocat et de porter plainte auprès de la police.»
Cet article a été publié initialement dans le «Beobachter», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.
Cet article a été publié initialement dans le «Beobachter», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.
Le retraité se sent mis sous pression. Le jour même, l’acheteuse lui envoie la capture d’écran d’une confirmation de paiement par e-banking et lui demande d’utiliser une étiquette d’expédition qu’elle a pré-imprimée. Un élément l'interpelle: «Ce n’était pas moi qui figurais comme expéditeur, mais une entreprise que je ne connaissais pas.» Hans-Peter Korn adresse lui-même l’enveloppe et la dépose à la poste.
Faux expéditeurs et codes-barres falsifiés
Les rappels et les menaces lui occupent l'esprit. L’homme de 75 ans commence à faire des recherches. C'est finalement sur des forums et les réseaux sociaux qu'il découvre l'arnaque perfide. «Après ça, j’ai appris une leçon: n’utilisez jamais d’étiquette préimprimée par l’acheteur!»
Celles-ci sont trompeuses. Elles peuvent soit contenir le nom d'un faux expéditeur – comme dans le cas d'Hans-Peter Korn –, soit utiliser des codes-barres falsifiés. Après l’achat, les acheteurs frauduleux prétendent ne pas avoir reçu l’article. Lorsque le vendeur tente alors de prouver l’envoi, il est pris au piège. Soit son nom n'apparait nulle part en tant qu'expéditeur, soit le faux code-barres laisse entendre que le colis n'a jamais été livré.
Encore peu connu
Cette arnaque n’a encore jamais été signalée à l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS), selon son service de presse. Elle relève toutefois de la catégorie des «escroqueries aux petites annonces. Selon l’OFCS, 1727 signalements de fraude ont été enregistrés depuis le 1er janvier 2026, dont 591 liés aux petites annonces (situation au 12 juillet 2026).
Sur Ricardo également, cette arnaque n’est pas encore très répandue: «Notre service client n’a reçu jusqu’à présent qu’un seul autre cas où un acheteur a voulu imposer au vendeur l’envoi d’une étiquette. Le vendeur a refusé, et la vente n’a donc pas abouti», indique le service de presse.
Hans-Petter Korn ignore si l’acheteuse était effectivement une escroc. Elle n’a plus jamais répondu à ses e-mails. De son côté, il n’a pour l’instant reçu aucune nouvelle d’un avocat ni même de la police.