En bref
- Syndicom accuse Uber Eats Suisse d'exploiter ses livreurs, en imposant des conditions de travail précaires, comme le paiement à la livraison et une faible protection sociale, et exhorte le géant américain à respecter les lois suisses.
- Le syndicat exige des contrats fixes, un salaire horaire décent, des congés payés, une meilleure protection sociale et l'adhésion à la Convention collective de travail pour les livreurs, dénonçant une «indépendance fictive».
- Uber Eats Suisse s'est défendue, soulignant qu'elle collabore actuellement avec 4400 restaurants et des milliers de livreurs en Suisse, qui apprécient cette fléxibilité du travail, et dont 52% utilisent l'application moins de 20 heures par semaine.
Uber Eats Suisse «exploite» ses employés, affirme Syndicom, le lundi 18 mai, dans un communiqué lancinant. Après une action de sensibilisation réalisée en collaboration avec l'agence alémanique «Freundliche Grüsse», le syndicat s'est penché sur les «conditions de travail précaires» que vivent les livreuses et livreurs sillonnant les routes de Zurich.
Déplorant que le groupe américain s'obstine à payer ses employés à la livraison, leur refuse des contrats en règle et ne propose qu'une faible protection sociale, Syndicom exige un meilleur respect du droit du travail suisse. «Avec ses pratiques commerciales illégales, Uber évince un à un ses concurrents qui ont tenté de se maintenir dans le respect des lois», poursuit le communiqué, citant notamment Smood, FWG et Notime. Urs Zbinden, secrétaire central du syndicat, martèle par ailleurs que «les lois suisses valent aussi pour les grands groupes internationaux».
«Les autorités doivent prendre leurs responsabilités»
Applaudissant Vaud et de Genève, qui ont exigé des postes fixes pour les livreurs d'Uber Eats, Syndicom encourage les autres cantons à «endosser leurs responsabilités» en leur emboîtant le pas.
Le syndicat demande également un salaire horaire fixe (et non pas un paiement à la livraison), un salaire «décent», des congés payés, une meilleure protection sociale et des conditions de travail équitables pour les employés. Uber Eats est également sommée d'adhérer à la Convention collective de travail (CCT) pour ses coursiers à vélo et les services de coursiers urbains.
Uber Eats Suisse répond aux accusations
Contactée par Blick, l'entreprise assure prendre au sérieux les conditions de travail des livreurs, tout en se montrant attentive à leurs retours. «En Suisse, nous collaborons avec 4400 restaurants et des milliers de livreurs indépendants qui utilisent régulièrement l’application Uber Eats pour gagner de l’argent de manière flexible et selon leurs propres conditions, nous explique le groupe par mail. Ces personnes nous disent régulièrement que la flexibilité est la principale raison pour laquelle elles choisissent d’utiliser Uber Eats et qu’elles souhaitent rester indépendantes. Notre engagement reste d’améliorer les conditions des travailleurs indépendants en Suisse tout en soutenant l’économie locale.»
Toujours par mail, Uber Eats précise que les livreurs peuvent librement exercer d'autres activités à côté, «même pour des services concurrents», s'ils le souhaitent. «Uber Eats ne fixant ni horaires ni nombre d'heures minimum, les partenaires de livraison peuvent être leur propre patron et travailler selon leur propre emploi du temps», affirme encore le groupe, ajoutant que 52% des livreurs utilisent l'application moins de 20 heures par semaine et que l'activité moyenne est de 13 heures par semaine.