Gabriel Burger a une particularité: il aime reprendre les marques en difficulté et les relancer. La méthode de l’entrepreneur a déjà fait ses preuves pour Realdeals.ch et, plus récemment, pour VAC.ch. Deux sociétés en difficulté auxquelles il a su redonner un éclat et une viabilité financière.
Alors, quand le Vaudois de 41 ans a entendu, voilà un mois, qu’un très grand nom du commerce de détail en Suisse naviguait en eaux troubles, son oreille s’est dressée. Et il s’est activé.
Quatre semaines de négociations intenses
«DeinDeal, c’est un géant en Suisse, une marque très connue du côté alémanique, qui m’a toujours interpellé. Alors oui, quand j’ai entendu parler de ce sursis concordataire et qu’il existait une possibilité d’acquérir la marque et le site pour les relancer, j’y ai consacré toute mon énergie», reconnaît-il.
Et quand Gabriel Burger parle ainsi, il faut bien s’imaginer que les heures de sommeil n’ont pas été nombreuses dans les quatre dernières semaines, tant il aime aller au bout des choses. «C’est vrai, j’avais de la peine à penser à autre chose», admet-il volontiers. Alors, quand le verdict est tombé et que tous les accords ont été obtenus, il a pu exprimer une certaine satisfaction et fêter cette réussite… mais pas trop longtemps.
«Depuis quatre semaines, je mets mon énergie dans la réussite de la reprise de la marque. Maintenant que c’est fait, la même énergie se transfère sur la manière dont on va relancer le nom DeinDeal et pour être prêts au moment juste. J’ai déjà acquis un certain savoir-faire dans ce domaine avec Realdeals.ch et VAC.ch et je dois dire que je suis moins stressé qu’il y a cinq ans, quand j’ai relancé la première marque.
A cette époque-là, il y avait tout à construire. Aujourd’hui, j’ai de l’expérience et une bonne équipe, je sais quelles sont les étapes à franchir. J’ai acquis un certain vécu qui m’est utile en ce moment.» La marque Realdeals.ch a grandi et la réputation de son repreneur aussi, lui qui est désormais une figure du e-commerce en Suisse romande et est devenu très populaire dans le milieu du sport, où il est partenaire des plus grands clubs romands de hockey et de football, mais aussi de sportives et sportifs suisses ayant obtenu des médailles aux Jeux olympiques.
Une méthode qui a fait ses preuves
En cinq ans sous sa direction, Realdeals.ch est passé de 100’000 à 300’000 clients et a sextuplé son chiffre d’affaires. Gabriel Burger emploie aujourd’hui une vingtaine de personnes pour faire vivre ses différentes plateformes et attache un soin tout particulier à la satisfaction de toutes les personnes qui leur permettent de prospérer. «Quand j’ai repris Realdeals.ch, il a fallu redorer la marque, faire en sorte que les partenaires retrouvent confiance et que les clients soient convaincus sans réserves. Aujourd’hui, je peux dire que c’est le cas.»
Les utilisateurs de Realdeals.ch peuvent notamment profiter de bons plans et d’expériences à prix cassé, comme des séjours dans des hôtels, des repas dans des restaurants ou des appareils d’éléctroménager à prix imbattable. Entre de très nombreux autres avantages.
Des bons plans à prix cassé
Il va donc appliquer la même recette à DeinDeal, à une toute autre échelle (trois à quatre fois plus de clients) et avec un défi supplémentaire: la langue. «C’est vrai que là, c’est l’inconnue. Jusqu’à présent, je n’avais jamais vraiment traversé la Sarine. C’est sûr que c’est autre chose. Mais la mécanique reste la même: une marque avec un grand nom qui est en difficulté. Donc le remède sera le même. On va remettre le deal, c’est-à-dire les bonnes affaires, au coeur du projet. Aujourd’hui, les Suisses sont confrontés à l’inflation et à la perte d’une partie de leur pouvoir d’achat. Ce qui m’anime, c’est de compenser cette perte en proposant des bons plans à prix cassé. Je le fais avec Realdeals.ch, je vais le faire avec DeinDeal.»
Les priorités immédiates sont au nombre de quatre. «Améliorer les délais de livraison, proposer plus de rabais, améliorer le service clients et restaurer la confiance avec les partenaires. C’est la base de travail, les quatre piliers.»
Pas de précipitation!
Concrètement, le nouveau site sera en ligne au premier trimestre 2027. Pas question de travailler dans l’urgence. «Ça, c’est l’expérience qui parle. La première erreur serait d’aller très vite et de relancer un site immédiatement, sans être prêt. Je ne veux pas de ça. On va prendre notre temps, travailler en coulisses. Et quand on sera prêts à 100%, on relancera DeinDeal. Pas avant», promet Gabriel Burger, qui va pouvoir conserver une partie importante des employés actuels.
«C’est une évidence. Je vais m’appuyer sur leur connaissance de leur marque et sur leurs compétences. C’est la première fois que je vais travailler en Suisse alémanique, j’ai besoin de gens de confiance, que ce soit pour approcher les partenaires ou gérer les clients, mais aussi pour le marketing, le graphisme, l’informatique...»
Aujourd’hui, DeinDeal compte plusieurs dizaines de collaborateurs et Gabriel Burger s’apprête donc à doubler, au bas mot, le nombre de personnes avec lesquelles il travaille. «On vise une croissance significative», confirme-t-il, avec une certaine excitation dans la voix. «Je crois énormément à ce nouveau projet.» DeinDeal et son million de clients rejoignent donc la galaxie Burger, laquelle est proche d’entrer dans une nouvelle dimension.