Plaidoyer de Baume-Schneider
La Suisse salue une OMS «irremplaçable» face à l'hantavirus

Le débat sur la gestion des pandémies s'intensifie à Genève. L'OMS, malgré des critiques et des coupes budgétaires, est au cœur des discussions, soutenue par la Suisse pour son rôle face à Ebola et l'hantavirus.
La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider lors de l'Assemblée mondiale de la santé, ce lundi à Genève.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

La Suisse salue l'OMS pour son pilotage de la réponse à l'hantavirus et à Ebola. Lundi à Genève, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a souhaité un système «réaliste» de partage d'indications des agents pathogènes et de contremesures face aux prochaines pandémies.

Ces dernières années, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été attaquée, notamment par les Etats-Unis et l'Argentine désormais sortis, selon eux, de l'institution. Elle «est irremplaçable», a affirmé Mme Baume-Schneider au début de l'Assemblée mondiale de la santé.

Et d'ajouter qu'elle «joue pleinement son rôle» face à l'hantavirus et à la nouvelle épidémie d'Ebola. Et cela malgré une diminution de son enveloppe de près d'un milliard de dollars et près de 1300 licenciements en raison de la situation financière. L'OMS a dû se réformer «dans l'urgence» tout en garantissant son mandat, explique la cheffe du Département fédéral de l'intérieur (DFI).

Après ses hommages, le directeur général de l'organisation Tedros Adhanom Ghebreyesus a préféré laisser les honneurs à l'Espagne pour l'évacuation réussie du MV Hondius il y a une semaine. «Nous n'avons hésité à aucun moment», a affirmé plus tard le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez qui a eu droit à une ovation des membres.

L'hantavirus et Ebola ne constituent «que les dernières crises dans un monde perturbé» par les conflits, les coupes financières et le changement climatique, a insisté M. Tedros. Et M. Sanchez a dénoncé une «pandémie» d'"égoïsme», s'en prenant sans les nommer aux Etats-Unis pour leurs coupes.

Cette Assemblée mondiale de la santé s'ouvre alors que l'hantavirus, dont la menace reste peu élevée pour la santé publique mondiale, a ravivé des craintes dans les populations. L'OMS a également décrété que la nouvelle flambée d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) constituait une urgence sanitaire de portée internationale.

Pas encore d'annexe sur les pandémies

Contre les pandémies, les pays n'ont toujours pas trouvé de consensus sur l'annexe à l'accord historique arraché en 2025. Celle-ci doit régler le système de partages lié aux agents pathogènes (PABS). La Suisse veut des solutions «réalistes», «fonctionnelles» et avec un «mandat clair», dit Mme Baume-Schneider. Et un arrangement est possible d'ici un an, a-t-elle ensuite affirmé à des journalistes suisses.

Face aux blocages entre pays riches et pays en développement, le groupe de négociations a décidé de proroger d'un an les discussions. Cette approche sera formalisée pendant l'Assemblée mondiale.

Ces dernières semaines, les pays riches ont mis sur la table une proposition de compromis autour d'une solution hybride qui mêlerait composantes obligatoires et volontaires. Mais plusieurs pays en développement ont alerté sur la menace de ne pas recevoir suffisamment de vaccins si le PABS en venait à prendre ces atours. Des ONG accusent les pays riches de vouloir revenir sur leurs engagements pris dans l'accord historique de l'année dernière.

Selon celui-ci, qui dépend d'un arrangement sur l'annexe pour entrer en vigueur, les entreprises pharmaceutiques volontaires s'engagent à garantir à l'OMS 10% de la production des vaccins par des dons et 10% à coûts abordables. L'objectif est d'éviter les inégalités observées au moment du coronavirus.

Appel à la «rénovation»

Pendant cette semaine, les 192 membres restants de l'OMS doivent décider s'ils valident ou non la sortie des Etats-Unis de l'institution, même si Washington se considère déjà en dehors. Ils doivent aussi avaliser un plan de réforme de la collaboration entre les différents acteurs de la santé.

«Le moment est venu d'une rénovation» sans lancer de nouvelle initiative, a dit M. Tedros, plaidant pour «la souveraineté nationale», «la solidarité» et «l'équité». Les candidats à sa succession pour diriger l'organisation pourraient aussi commencer à se montrer auprès des différents Etats.

La Suisse reste discrète pour le moment sur la possibilité de briguer cette fonction. «Vous pensez bien que si j'avais trois ou quatre candidats dans ma poche, je ne vous en parlerais pas», a dit la conseillère fédérale aux journalistes suisses.

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