A Paléo, +250% depuis 2000
«Si l’augmentation du prix du billet doit continuer, elle continuera»

L'augmentation du prix des billets est un éternel sujet dans les festivals romands. Depuis 2000, le tarif moyen de Paléo a été multiplié par 2,5, la faute aux cachets des artistes et à l'inflation. Son directeur des ventes fait le point.
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Depuis 2000 et la venue manquée d'Oasis, le prix moyen du billet Paléo a augmenté: de 32 à 81,4 francs, il a été multiplié par 2,5.
Photo: Keystone

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Avec des billets à 99 francs parfois majorés, Paléo Festival a franchi cette année la barre symbolique des 100 francs.
  • Depuis 2000, le prix moyen des billets de Paléo a été multiplié par 2,5. Cette hausse est attribuée à l'augmentation des coûts, notamment ceux des cachets des artistes, de l'énergie et de la logistique
  • Pour limiter les augmentations et la grogne de ses festivaliers, Paléo investit cherche à limiter les dépenses dans tous les secteurs
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Léo MichoudJournaliste Blick

Certains se rappellent peut-être du passage à l'an 2000, une époque où entrer à Paléo était possible pour 38 francs seulement. Cette année, le prix des billets est un sujet de discussion dans les travées du festival. Certains sésames ont même dépassé la barre symbolique des 100 francs. En dernière minute, certains festivaliers ont dû débourser 109 francs pour s’offrir une entrée.

En effet, la bourse aux billets demande une majoration de 10 francs. Elle vient s’ajouter aux 99 francs qu’un adulte à tarif classique a dû débourser pour venir voir The Cure mercredi ou Katy Perry samedi, contre 89 francs pour les autres jours.

«
La réalité post-Covid fait que si l’augmentation doit continuer, elle continuera
David Franklin, directeur communication & ventes de Paléo
»

Paléo a fourni à Blick ses chiffres depuis l’édition 2000. En 26 ans, le prix moyen du billet – en comptant les tarifs réduits et les abonnements – a été multiplié par 2,5. Et l'augmentation s'est faite par paliers. Longtemps, il a coûté une soixantaine de francs (de 2006 à 2014). Puis une septantaine (de 2015 à 2022).

Depuis la pause forcée du Covid, les chiffres grimpent et tutoient la centaine. «Notre objectif a longtemps été de ne pas toucher le prix du billet durant au moins trois ans, explique David Franklin, directeur communication & ventes de Paléo. Mais la réalité post-Covid fait que si l’augmentation doit continuer, elle continuera.»

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«Ce sont surtout les cachets des artistes…»

Pour autant, Paléo rappelle qu’il reste 8 à 10% moins cher que le prix moyen du billet en Suisse, comme l'indique l'indice annuel de l’Association suisse des promoteurs de musique (SMPA). «On construit le prix du billet par rapport à notre budget de fonctionnement, continue le membre du comité. On sait que la billetterie va représenter 50% de nos revenus, sur cette base on calcule les tarifs pour atteindre notre objectif budgétaire.» Au fil des années, cette proportion est restée inchangée.

«
Les productions artistiques deviennent de plus en plus imposantes. Et ce sont surtout les cachets des artistes qui augmentent
David Franklin, directeur communication & ventes de Paléo
»

Problème: les coûts ont fortement augmenté récemment, à Paléo comme ailleurs. Les raisons «varient légèrement» entre les festivals, mais les principaux coupables sont tout désignés: le prix de l’énergie et de la logistique ont subis les conséquences de l’inflation, et les coûts de production des concerts ont pris l’ascenseur. «Les productions artistiques deviennent de plus en plus imposantes, observe David Franklin. Et ce sont surtout les cachets des artistes qui augmentent.»

Pour les plus gros artistes, selon les sources, les sommes monteraient sans doute à plusieurs centaines de milliers de francs – voire autour d’un million. Mais impossible pour David Franklin de dévoiler les cachets qui ont permis de faire venir Katy Perry, The Cure ou encore Orelsan. «On travaille à maintenir les tarifs les plus bas, mais si on veut rester dans la compétition, il faut programmer des têtes d’affiche. C’est pour cela que nous avons instauré des tarifs différenciés en 2022.»

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Pour expliquer la hausse des dépenses, la SMPA cite encore une série d’augmentations récentes: les frais de transport, les assurances contre les annulations, notamment liés aux risques de mauvaises conditions météorologiques, l’accent mis sur le développement durable, sur les attentes du public en matière de confort ou sur la sécurité.

Paléo creuse pour minimiser les coûts

Pour autant, à Paléo, l’objectif n’est pas d’entrer dans le jeu de l’opportunisme, clame David Franklin. La SMPA abonde en ce sens: «Bien que les coûts d’organisation des événements aient fortement augmenté ces dernières années, les prix des billets n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions. Par conséquent, la marge bénéficiaire des organisateurs de festivals a diminué, pour autant qu’ils parviennent à atteindre le seuil de rentabilité.»

«
Est-ce que c’est correct de proposer des billets à 250 francs? On préfère penser qu’il est possible de maintenir le prix le plus juste
David Franklin, directeur communication & ventes de Paléo
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En tant qu’association, Paléo n’a «aucune visée de capitalisation», rappelle le directeur des ventes: «Tous les éventuels bénéfices sont reversés automatiquement dans l’organisation du prochain évènement». Celui qui travaille pour le festival nyonnais depuis 18 ans assure que ses équipes essaient de résister à la fuite en avant de l’industrie musicale sur les prix des concerts. «On constate que les tournées de stades évoluent en ce sens. Mais est-ce que c’est correct de proposer des billets à 250 francs? On préfère penser qu’il est possible de maintenir le prix le plus juste.»

Mais comment? Par des restrictions budgétaires dans tous les secteurs du festival. «Chaque équipe doit éplucher ses comptes et déterminer si elle peut économiser 2 ou 3%, qu’est-ce qui est nécessaire et quelles dépenses pourraient être allégées. C’est un effort général qui va au-delà du seul prix des billets.»

Par exemple, pour ce qui est des coûts de l’énergie, Paléo indique avoir «investi massivement» pour que sa ferme solaire soit opérationnelle dès cette année. «Cette production indigène représente 50% de la consommation électrique du Festival, le reste étant alimenté par un mix énergétique 100% vert depuis 2006», peut-on lire sur le site du festival. David Franklin ajoute que «l’objectif idéal, dans le futur, serait d’atteindre 100%».

Des billets premium? Pas pour tout de suite

De là à dire que Paléo doit se serrer la ceinture? «Non, c’est simplement qu’on est en train de faire tous les efforts possibles pour que l’augmentation du prix des billets soit la plus raisonnable possible.» Chaque augmentation du prix des billets est étudiée, discutée et votée en Assemblée générale. «Ce n’est jamais un plaisir, c’est vraiment la dernière des choses qu’on a envie de faire», assure David Franklin.

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Ce n’est pas vraiment dans l’ADN de Paléo que de faire payer un tarif premium qui offrirait une expérience 'VIP'
David Franklin, directeur communication & ventes de Paléo
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Une solution que Paléo ne compte pour le moment pas explorer, c’est celle des billets «premium», qui donnent accès à des prestations supplémentaires pour quelques dizaines de francs supplémentaires. «Ce n’est pas vraiment dans l’ADN de Paléo. Les seuls qui ont des avantages sont les bénévoles et les invités. Mais ce n’est pas dans nos projets que de faire payer un tarif premium qui offrirait une expérience 'VIP'.»

Quant à la frontière symbolique des 100 francs pour un billet, qu’en pense le directeur communication & ventes? «Sans doute qu’on y réfléchit encore plus que le public. Mais dans les relations qu’on a avec lui, quasi-personne ne dit que c’est trop cher», commente-t-il.

Dans des festivals plus petits, comme au Chant du Gros, on s'adapte

Dans un autre registre que Paléo, au Noirmont (JU), le Chant du Gros propose année après année des prix défiant la concurrence, sans pour autant manquer de têtes d’affiche (surtout françaises). Les billets du festival jurassien – qui a lieu début septembre et a attiré plus de 45’000 personnes en 2025 – coûtent 63 francs pour une entrée adulte et pouvaient être achetés à 59 francs pendant les deux premières semaines de vente.

L’évolution a quand même eu lieu. En 2017, le même billet coûtait 52 francs. «On a de la chance par rapport à d’autres, confie Gilles Pierre, président et programmateur du Chant du Gros. Pour le moment, on n’a pas reçu de retours négatifs, les gens saluent le fait qu’on reste accessible pour tout le monde.»

Par contre, il se montre plutôt pessimiste sur l’évolution de la relation avec les artistes. «Pour la première fois depuis 5 ans, je me dis que l’augmentation des cachets va continuer. Tant qu’ils trouvent des clients, les équipes des artistes peuvent continuer à demander des sommes importantes.»

La signature de contrats longs se complique

Comme ailleurs, Gilles Pierre doit répondre aux hausses des frais de technique et aux demandes des têtes d’affiche. «C’est devenu très compliqué. Avec les augmentations des coûts, plus personne ne veut s’engager sur des contrats de trois ou quatre ans.»

Comme depuis quelques années, le Chant du Gros mise sur des artistes qui connaissent déjà les lieux. «On défend l’ambiance du festival: notre qualité d’accueil, l’atmosphère bon enfant que l'on met en place», argumente le président. Cette stratégie a tout de même permis d’inviter Bigflo & Oli, Julien Doré ou encore Helena et Matt Pokora.

Il mise aussi sur des artistes parfois moins actuels. «Il faut savoir programmer pour son public local. Par exemple, un programmateur à Lausanne ne verrait pas l’intérêt d’inviter un artiste comme Manau, qui n’a pas vraiment d’actualité. Et pourtant, il a très bien marché chez nous l’année dernière… d’autant plus qu’il ne coûte pas trop cher.»

Dans un autre registre que Paléo, au Noirmont (JU), le Chant du Gros propose année après année des prix défiant la concurrence, sans pour autant manquer de têtes d’affiche (surtout françaises). Les billets du festival jurassien – qui a lieu début septembre et a attiré plus de 45’000 personnes en 2025 – coûtent 63 francs pour une entrée adulte et pouvaient être achetés à 59 francs pendant les deux premières semaines de vente.

L’évolution a quand même eu lieu. En 2017, le même billet coûtait 52 francs. «On a de la chance par rapport à d’autres, confie Gilles Pierre, président et programmateur du Chant du Gros. Pour le moment, on n’a pas reçu de retours négatifs, les gens saluent le fait qu’on reste accessible pour tout le monde.»

Par contre, il se montre plutôt pessimiste sur l’évolution de la relation avec les artistes. «Pour la première fois depuis 5 ans, je me dis que l’augmentation des cachets va continuer. Tant qu’ils trouvent des clients, les équipes des artistes peuvent continuer à demander des sommes importantes.»

La signature de contrats longs se complique

Comme ailleurs, Gilles Pierre doit répondre aux hausses des frais de technique et aux demandes des têtes d’affiche. «C’est devenu très compliqué. Avec les augmentations des coûts, plus personne ne veut s’engager sur des contrats de trois ou quatre ans.»

Comme depuis quelques années, le Chant du Gros mise sur des artistes qui connaissent déjà les lieux. «On défend l’ambiance du festival: notre qualité d’accueil, l’atmosphère bon enfant que l'on met en place», argumente le président. Cette stratégie a tout de même permis d’inviter Bigflo & Oli, Julien Doré ou encore Helena et Matt Pokora.

Il mise aussi sur des artistes parfois moins actuels. «Il faut savoir programmer pour son public local. Par exemple, un programmateur à Lausanne ne verrait pas l’intérêt d’inviter un artiste comme Manau, qui n’a pas vraiment d’actualité. Et pourtant, il a très bien marché chez nous l’année dernière… d’autant plus qu’il ne coûte pas trop cher.»

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