La Ville de Neuchâtel a enregistré une perte de 8,9 millions de francs en 2025, contre un excédent de charges de 5,7 millions en 2024. Le Conseil communal veut poursuivre les mesures – dont le délai de carence de trois mois – pour réduire l'évolution de la masse salariale de l'administration et faire en sorte d'atteindre l'équilibre financier d'ici à 2033.
Le résultat 2025 s'est détérioré de 123'000 francs par rapport au budget. «Les comptes, s'ils ne sont pas forcément satisfaisants, sont toutefois conformes aux prévisions», a expliqué jeudi Nicole Baur, présidente du Conseil communal. Ils intègrent notamment les premiers effets de la mise en oeuvre de loi sur l'accueil des enfants et la poursuite de MAE (école à journée continue).
«En 2025, la hausse des charges a progressé plus rapidement que celle des revenus», a déclaré Jonathan Gretillat, conseiller communal de Neuchâtel, en charge des finances. Les charges d’exploitation ont ainsi augmenté de 6,9% par rapport au budget 2025 (et de 6% par rapport à 2024). Cette hausse concerne principalement les charges de personnel (+8%) ainsi que celles de transfert (+2,3%). La facture sociale augmente de 2,5 millions de francs, en lien notamment avec la hausse des subsides LAMal. Les frais liés à l'école obligatoire ont aussi progressé.
Recettes fiscales en hausse
Du côté des biens, services et marchandises (BSM), la Ville se réjouit d’une économie de 2,6 millions de francs par rapport au budget. «Ce chiffre, loin d’être anodin, reflète les efforts collectifs menés au sein de l’administration pour rationaliser les tâches et limiter les mandats externes», a expliqué Anthony Cour, chef du service des finances.
Au niveau des revenus, les recettes fiscales, pas encore touchées par le contexte économique compliqué, ont atteint près de 200 millions de francs, en hausse de 2,4% par rapport à 2024. Les recettes des personnes physiques ont grimpé de 4,3%.
Les revenus des personnes morales ont progressé de 2,1 millions de francs. Cette augmentation se serait élevée à 4,5 millions, sans le mécanisme transitoire d'écrêtage (sorte d'impôt de solidarité entre communes), qui sera supprimé au profit de l'augmentation de l'effort péréquatif.
Degré d'autofinancement très bas
Les investissements nets «historiquement élevés» s'élèvent à 44,3 millions de francs, contre 40,2 millions en 2024. «Il y a eu un niveau record de réalisation (de 86,1% en 2025) avec des projets comme le collège des Parcs, les Jeunes-Rives ou la station d'épuration», a précisé Nicole Baur.
Ces investissements ont toutefois péjoré le degré d’autofinancement de la Ville (3,6%) et participé à la hausse de la dette de 48,8 millions de francs (qui s’élève en tout à 684 millions de francs). Certains projets feront l’objet, cette année, d’une priorisation et d’un report à la planification financière. «Des arbitrages seront nécessaires lors du budget 2027», a ajouté Jonathan Gretillat.
«Nous voulons tendre à un équilibre durable d'ici à 2033. Nous sommes devant un défi conséquent. Les premières mesures, liées à la réforme de l'administration, dont l'introduction du délai de carence de trois mois lors d'un départ d'un employé, commencent à se déployer et vont devoir s'intensifier», a précisé le conseiller communal.
«Il va falloir questionner certains postes pour voir les synergies possibles, en lien aussi avec la digitalisation», a ajouté Nicole Baur. La Ville réfléchit également à prendre des mesures pour augmenter ses recettes dans le domaine des taxes et émoluments.