Alerte de niveau 4 en Suisse romande
Tenez bon! On sait enfin quand va se terminer cette horrible canicule…

Alors que l'alerte caniculaire de stade 4 vient d'être déclarée sur la majorité du territoire romand, on n'a plus qu'une question en tête: quand la canicule va-t-elle prendre fin? Un météorologue nous répond... et nous donne de l'espoir!
D'après le météorologue Vincent Devantay, le climat suisse ne permet pas qu'un tel dôme de chaleur se prolonge trop longtemps.
Photo: Keystone

En bref

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  • La Suisse romande est en alerte caniculaire de niveau 4, avec des températures oscillant entre 33 et 36 degrés. Ce phénomène rappelle l'été exceptionnel de 2003, selon les experts.
  • Un anticyclone bloque la chaleur sur l'Europe, dans la mesure où il est figé sur place par deux dépressions. La canicule devrait s'apaiser entre lundi et mardi prochain avec l'arrivée d'orages.
  • La sécheresse devient préoccupante, augmentant les risques d'incendie et menaçant les cultures. L'ouest de l'Europe est parmi les régions les plus touchées par le réchauffement climatique.
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

La Suisse suffoque, bouillonne et chérit désespérément les moindres recoins d'ombre. Alors que MétéoSuisse vient de déclarer l'alerte caniculaire de niveau 4 sur la majorité du territoire romand, des températures record oscillant autour des 35 degrés sont attendues ces prochains jours.

«On peut parler d'une vague de chaleur exceptionnelle qui évoque le mémorable été 2003, note Vincent Devantay, météorologue à MeteoNews. L'ensemble de l'Europe connaît actuellement des mesures exceptionnelles, avec 40 degrés dans certaines régions françaises, dont la Bretagne, et de nombreux records de chaleur battus un peu partout, y compris en Suisse.»

Hélas, la situation risque de peu évoluer ces prochains jours, avec des pics entre 33 et 37 degrés tous les après-midis, jusqu'à 1000 mètres d'altitude, et des nuits de plus en plus douces, rendant la chaleur encore plus difficile à supporter durant la journée. Une bise salvatrice promet toutefois, jusqu'au mercredi 24 juin, d'estomper quelque peu cette impression de chaleur «accablante», en ventilant un peu l'atmosphère. Dès jeudi, en revanche, cet effet s'estompera de nouveau, laissant la fin de la canicule reprendre ses droits. 

Le dôme de chaleur est «bloqué» sur place

«Actuellement, un anticyclone important est présent sur le centre-ouest de l'Europe, provoquant cette forte chaleur, souligne notre expert. Or, celui-ci ne peut s'évacuer, puisqu'une dépression stagne au-dessus de l’océan Atlantique, tandis qu'on observe une dépression sur la Russie.» L'anticyclone est donc bloqué de tous les deux côtés et ne peut avancer en direction de l'est. 

La bonne nouvelle est que ce type de phénomène, même d'une intensité exceptionnelle, ne peut logiquement se prolonger au-delà de quelques semaines: «Notre climat est fait d'une grande variabilité et, dans nos régions, il est impossible qu’un tel anticyclone reste figé plus de quelques semaines de suite, rassure Vincent Devantay. Il ne peut faire trente degrés pendant trois mois d'affilée, tout comme il ne neige pas de manière ininterrompue durant des semaines, en hiver.» 

Quand la chaleur va-t-elle s'estomper?

Cela signifie donc que l'épisode de fortes chaleurs devrait bientôt se calmer! D'après notre intervenant, on peut s'attendre à voir la canicule se dissiper entre lundi et mardi prochain, avec l'arrivée salvatrice d'orages estivaux. 

«Par temps caniculaire, une importante quantité d'énergie est emmagasinée dans l'atmosphère, explique le météorologue. Celle-ci est libérée sous la forme d'orages, de vent ou de pluie, lorsque survient l'inévitable front d'air plus froid. En effet, lorsque la différence de température entre le sol et de l'air plus froid devient trop importante, la masse d'air chaud est déstabilisée et devient plus humide. Il s'agit de conditions idéales pour voir se former des orages. C'est à ce moment-là que l'énergie est évacuée et que les températures baissent.» 

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Cela ne signifie pas, en revanche, que nous serons débarrassés de tout risque de canicule pendant des semaines: «Les indices nous indiquent, pour le moment, que le mois de juillet devrait être caractérisé par des températures supérieures à la moyenne. Mais comme il ne s'agit que d'une moyenne, il est impossible de prévoir si nous vivrons deux semaines fraîches, suivies d'une nouvelle canicule, ou si l'ensemble du mois s'avérera juste un peu plus chaud, sans atteindre d'extrêmes.» Quoiqu'il en soit, une chose est sûre: nous connaîtrons bientôt un peu de répit! 

«Il faut absolument un mois de juillet pluvieux»

A noter que la sécheresse devient aussi très problématique: «La nature souffre, les champs s'assèchent à vue d'oeil est le besoin d'eau devient de plus en plus important, déplore Vincent Devantay. Ce facteur est essentiel pour les cultures et la nature, sans oublier que le risque d'incendie augmente sensiblement, face à de telles conditions. Il faut espérer que le mois de juillet sera pluvieux.» 

Quant à savoir si cette météo historique est directement liée au phénomène El Niño, il est encore trop tôt pour s'en assurer. Notre expert souligne plutôt les conséquences du changement climatique, notant que l'ouest de l'Europe est l'une des régions du globe qui se réchauffe le plus. 

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