Vingt postes supplémentaires
Plus de maths, du bénévolat et de l’IA: voici le cru 2027 de la matu genevoise

Plus de maths et de français, des ateliers sur l’IA et le numérique, du bénévolat: la maturité genevoise sera remaniée dès 2027. Le DIP refuse de reporter la réforme, contestée par les enseignants et les syndicats.
La cheffe du DIP, Anne Hiltpold, a présenté un «point d’étape» de la réforme de la maturité gymnasiale, prévue pour 2027, ce lundi 26 octobre.
Photo: Toan Izaguire / Blick
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ATS Agence télégraphique suisse

Imposée par la Confédération, la réforme de la maturité gymnasiale est sous toit à Genève. Dès la rentrée 2027, les élèves suivront un cursus de quatre ans renouvelé. Les compétences de base en français et en mathématiques seront notamment renforcées.

La conseillère d'Etat en charge du département de l'instruction publique (DIP) Anne Hiltpold a d'emblée rappelé lundi devant la presse qu'il ne s'agissait pas de son projet politique. Genève devait se conformer aux exigences fédérales décidées en 2023, comme le reste de la Suisse.

Le nouveau cadre fédéral impose des dotations horaires minimales dans certaines branches. Il a donc fallu procéder à des arbitrages «pour préserver la cohérence de la formation», garder des spécificités genevoises, comme la philosophie en tant que discipline fondamentale, tout en ne surchargeant pas la grille horaire des élèves.

Au final, cette grille horaire passe de 131 heures hebdomadaires sur quatre ans à 134. Une augmentation qui s'accompagne de vingt postes supplémentaires. Selon la conseillère d'Etat, il faut «former des jeunes qui ont une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine».

«Vivement recommandé»

Dans le détail, la réforme accorde une attention particulière aux compétences fondamentales en français et en mathématiques, indispensables pour la réussite d'études supérieures. Les élèves qui en ont besoin, soit environ un tiers des effectifs, pourront bénéficier d'un soutien ciblé dès la première année. «Ce n'est pas obligatoire, mais vivement recommandé», selon Anne Hiltpold.

La nouvelle maturité renforcera la place des sciences et des arts, deux disciplines qui étaient jusqu'à présent sous-dotées. Les langues conserveront une place essentielle avec l'objectif d'atteindre le niveau B2 en allemand, italien et anglais.

Transversalité est le mot d'ordre

La réforme vise aussi à développer l'autonomie des élèves et leur capacité à relier les savoirs. Le numérique, l'intelligence artificielle, le développement durable et la citoyenneté occuperont une place importante dans la formation. Autre nouveauté, l'économie-droit et l'informatique feront partie des disciplines fondamentales. Le choix des options spécifiques se fera plus tard, soit en fin de première année.

Les élèves suivront des ateliers de transversalité. En première, deuxième et troisième année, une heure par semaine sera consacrée aux méthodes de travail, à l'esprit critique et aux usages responsables du numérique, dont l'intelligence artificielle. Une semaine thématique sera organisée chaque semestre avec des projets interdisciplinaires.

Du bénévolat

Parmi les changements pour les élèves: un projet d'engagement pour le bien commun à effectuer en dehors du temps scolaire. Concrètement, il s'agit de faire du bénévolat au sein de l'école ou à l'extérieur. Ce projet ne remplace pas le traditionnel travail de maturité qui reste d'actualité.

Le DIP a aussi revu la répartition des options entre les différents établissements. Pour éviter que les élèves ne choisissent leurs options en fonction de l'emplacement ou de la réputation d'un établissement, le DIP a repensé la répartition géographique des enseignements. Il sera aussi possible de faire des maturités bilingues par séjours dans tous les collèges, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent.

Oppositions

Cette réforme suscite des résistances sur le terrain. L'assemblée des enseignants du Collège de Genève et les syndicats ont demandé un moratoire d'au moins un an afin de retravailler la grille horaire et les conditions de mise en œuvre qu'ils jugent précipitées. La cheffe du DIP relève que les consultations ont été faites en amont et qu'un report serait préjudiciable pour les élèves. L'entrée en vigueur aura lieu à la rentrée 2027.

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