96 postes ETP supplémentaires
La santé mentale des jeunes, priorité politique pour Genève en 2027

Le Conseil d’Etat genevois veut lutter contre les problèmes de santé mentale des enfants et des jeunes. Un nouveau dispositif pédopsychiatrique, chiffré à 20 millions de francs par an, doit permettre une prise en charge plus précoce et mieux coordonnée.
Photo: Huchot-Boissier Patricia/ABACA

Le Conseil d’État genevois a fait de la santé mentale des enfants et des jeunes une priorité politique pour 2027. Il veut déployer un nouveau dispositif pédopsychiatrique offrant un accompagnement plus précoce et mieux coordonné. Un projet chiffré à 20 millions de francs par année.

Cette annonce intervient quelques jours après la présentation du projet de budget 2027. Si le budget n’est pas voté en décembre par le Grand Conseil, il n’y aura pas de nouveau dispositif pédopsychiatrique, ont averti lundi les conseillers d’État Pierre Maudet et Anne Hiltpold, lors d’une présentation conjointe.

Longs délais de prise en soins

Actuellement, la détection en milieu scolaire, les soins spécialisés et le suivi au long cours restent fragmentés entre diverses institutions publiques et des acteurs privés, selon le Département de la santé et des mobilités (DSM) et celui de l’instruction publique (DIP). Une situation qui complique l’orientation des enfants et rallonge considérablement les délais de prise en soins.

«Il faut parfois attendre entre sept et neuf mois pour obtenir un bilan d’un logopédiste», a expliqué Éric Tamone, directeur général de l’Office médico-pédagogique (OMP). Le nouveau dispositif vise à renforcer la complémentarité entre l’OMP et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), sous le pilotage cantonal de l’Office cantonal de la santé (OCS).

Écoles primaires en première ligne

Il place l’enfant, le jeune et sa famille au centre d’un parcours, allant du repérage des premières fragilités en milieu scolaire à la prise en charge des situations de crise, puis aux suivis généralistes et spécialisés au long cours. Le rôle de l’OMP sera renforcé dans les écoles primaires. Ses équipes développeront le repérage précoce, l’évaluation et les interventions thérapeutiques de première ligne.

Elles pourront également conseiller les équipes éducatives et orienter les enfants et leurs familles vers les HUG ou les professionnels exerçant dans le privé lorsqu’un traitement plus long ou spécialisé est nécessaire. Concrètement, 96 postes ETP supplémentaires de psychologues, logopédistes et psychomotriciens seront répartis dans les écoles.

De l’ambulatoire

Parallèlement, les dix consultations ambulatoires et les quatre unités intermédiaires actuellement rattachées à l’OMP seront intégrées aux HUG. Ce regroupement permettra de constituer un suivi clinique des consultations ambulatoires jusqu’aux programmes spécialisés, d’une prise en charge intensive à l’hospitalisation.

«Il ne s’agit pas simplement de déplacer des équipes, mais surtout de faire disparaître des ruptures dans les parcours de prise en charge», a souligné Robert Mardini, directeur général des HUG. Son institution accueillera aussi un dispositif ambulatoire de crise pour les enfants et les préadolescents, actuellement inexistant.

Sous réserve de l’adoption du budget 2027, le transfert des dix consultations ambulatoires et des unités intermédiaires aux HUG est prévu au 1er août 2027. Le déploiement du dispositif ambulatoire de crise et le renforcement du repérage et du soutien thérapeutique dans les écoles interviendront au courant de l’année 2028.

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