Olivier Jornot a validé la nasse
Le procureur général genevois, Olivier Jornot, a validé les modalités de la nasse mise en place par la police genevoise après la dissolution du cortège anti-G7, selon la commandante Monica Bonfanti. La police affirme avoir voulu empêcher la dispersion de deux groupes de black blocs soupçonnés d’être impliqués dans des violences et des dégradations, afin de procéder à des contrôles d’identité, d’interpeller d’éventuels auteurs d’infractions et de récolter des preuves.
Elle souligne toutefois que la présence de manifestants pacifiques et de passants «restés sur place malgré les injonctions de quitter les lieux», ainsi que les changements de vêtements et la dispersion des éléments perturbateurs, ont compliqué l’opération.
Au total, 549 personnes ont été contrôlées, dont 28 conduites dans des locaux de police pour des vérifications complémentaires. Trois personnes ont finalement été arrêtées puis libérées: deux sont soupçonnées d’avoir tiré des engins pyrotechniques et une autre d’avoir endommagé un véhicule de police.
La coalition No-G7 réclame des excuses
Les organisateurs de la manifestation revient ce lundi sur les événements ayant conclu le rassemblement du 14 juin. «Une nasse policière de plus de 300 personnes a eu lieu sur la place Chateaubriand (quartier des Pâquis) de dimanche à 20h jusqu'à lundi 6h. Elle a concerné la quasi-totalité des porte-paroles du No-G7 ainsi que l'équipe de la Team d'auto-protection (TAP), libérés au compte goutte jusqu'au matin. Des personnes mineures et des personnes extérieures à la manifestation (touristes, passantes, et travailleurs et travailleuses d'une buvette) se sont également retrouvées nassées dans des conditions humiliantes. Cette opération policière est inqualifiable. Nous réclamons des excuses publiques aux responsables Madame Carole-Anne Kast (PS) et Monsieur Olivier Jornot (PLR), qui se cachent commodément derrière leurs porte-paroles», rapporte la coalition.
Cette dernière déplore également l'attitude des élus de la «gauche institutionnelle», qui ont «soutenu la répression», faisant ainsi référence aux élus socialistes et verts au sein d'Exécutif. Ils ont «loupé une opportunité historique de se ranger du bon côté de l'histoire. Honte aux partis conservateurs et d'extrême droite (PLR et UDC) qui ont attaqué la liberté d'expression de la majorité pour protéger des intérêts privés», tonne les organisateurs de l'événement.
Une nasse de neuf heures qui interroge
Les derniers manifestants bloqués dans la nasse sont sortis vers 6h du matin, après avoir été retenus plus de neuf heures par les forces de l’ordre. De l’eau et des couvertures de survie leur ont été distribuées, mais seulement après plus de quatre heures d’attente. Pour rappel, la nasse avait débuté vers 20h45.
Une grande partie des organisateurs, ainsi que des membres de l’équipe d’auto-protection chargée d’orienter les manifestants vers la sortie de la zone, se sont retrouvés coincés, sans possibilité de partir. Des membres de la coalition No-G7 dénoncent le fait d’avoir été bernés par la police, qui leur aurait indiqué de sortir alors que la nasse se refermait déjà sur eux.
Les forces de l’ordre ont ensuite procédé à des contrôles d’identité, près de quatre heures après le début de la nasse. Malgré l’important dispositif policier déployé sur place, les personnes retenues ne sont sorties qu’au compte-gouttes. Une situation qui interroge, au vu du nombre de policiers mobilisés.Cette lenteur a suscité la colère de plusieurs manifestants bloqués. Ce sont finalement d’autres personnes retenues sur place qui ont contribué à faire retomber la pression.
Réactions sur la gestion de la manif No G7
Les réactions à la manifestation No-G7 de dimanche à Genève continuent de se multiplier. Amnesty International dénonce mardi une gestion policière ayant «gravement porté atteinte au droit de manifester», alors que la Chambre de commerce genevoise salue l'efficacité du dispositif.
Des milliers de personnes pacifiques ont payé «le prix des défaillances policières», soulève l'organisation de défense des droits humains dans son communiqué. Elles ont été «exposées à des mesures de dispersion et à l'usage de la force en raison des actes d'un groupe restreint».
Amnesty International relève plusieurs manquements concrets: des gaz lacrymogènes utilisés de manière indiscriminée, le manque de communication audible de la part des autorités ou encore des contrôles d'identité et confiscations de masques médicaux en amont de la manifestation. Egalement pointé du doigt, le manque de stratégie effective pour isoler les personnes commettant des actes de violence et pour protéger le reste du cortège.
La nasse mise en place à l'issue de la manifestation – durant laquelle quelque 200 personnes ont été retenues pendant près de dix heures – soulève, elle aussi «de sérieuses préoccupations». Selon les informations disponibles, l'organisation indique que la mesure «pourrait constituer une privation de liberté arbitraire, voire un traitement dégradant des personnes concernées».
L'organisation appelle par ailleurs les autorités genevoises à «revoir en profondeur leur stratégie d'encadrement des manifestations».
Regards divergents
De son côté, la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG), estime dans son communiqué que «le dispositif sécuritaire a pleinement rempli son rôle», au vu des dégâts limités observés. La coordination entre autorités cantonales, fédérales et forces de sécurité étrangères, notamment françaises et allemandes, aurait selon elle permis de contenir les débordements et de protéger entreprises et population.
La CCIG exprime aussi sa solidarité envers les entreprises ayant subi des dégradations. Elle met l'accent sur le dispositif voté par le Grand Conseil permettant aux parties lesées de prétendre subsidiairement à un déménagement. Elle ajoute que les enquêtes devront déterminer «les responsabilités de ces casseurs afin de les poursuivre et, le cas échéant, les mettre à contribution pour réparer ces dégâts».
Plus de 20'000 manifestants
De nombreuses autres réactions ont suivi les événements de dimanche. La coalition No G7 a dénoncé «une opération policière inqualifiable» et les collectifs de la grève féministe une «répression complètement démesurée». Le PS s'est, lui, inquiété des conditions dans lesquelles l'opération s'est déroulée et a demandé des comptes.
«A mes yeux, le dispositif de maintien de l’ordre a été proche de la perfection», a, quant à elle, estimé la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast dans un entretien accordé au «Temps». La cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN) relève que l'action policière a été "très proportionnée". Interrogée sur la pertinence de la nasse à l'issue de la manifestation, la conseillère d'Etat a jugé qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions.
La police a dénombré lundi huit abris bus détruits, quatre distributeurs TPG cassés, onze bâtiments endommagés, une voiture incendiée et quatre autres abîmées ainsi que trois câbles électriques arrachés.
Source: ATS
Amnesty dénonce une mauvaise gestion policière
Amnesty International critique vivement la gestion de la manifestation No-G7 du 14 juin à Genève. L’ONG estime que les autorités n’ont pas suffisamment protégé les manifestants pacifiques, malgré un dispositif policier d’ampleur et un parcours respecté. Selon elle, les actes violents commis par un groupe restreint ne justifiaient pas des mesures généralisées contre l’ensemble du cortège.
Amnesty dénonce notamment l’usage de gaz lacrymogènes de manière «indiscriminée», des sommations inaudibles, l’absence de stratégie claire de désescalade et une nasse de près de dix heures ayant concerné plus de 200 personnes, dont des passants. L’organisation estime que cette mesure soulève de sérieuses préoccupations au regard des droits humains, en raison de sa durée, de l’absence de tri rapide et des conditions matérielles insuffisantes.
L’ONG appelle les autorités genevoises à revoir leur approche du maintien de l’ordre, en privilégiant la communication, les interventions ciblées et la protection active des manifestants pacifiques.
Amnesty dénonce la gestion de la manif' et l'usage du gaz
Amnesty International critique vivement la gestion de la manifestation No-G7 du 14 juin à Genève. L’ONG estime que les autorités n’ont pas suffisamment protégé les manifestants pacifiques, malgré un dispositif policier d’ampleur et un parcours respecté. Selon elle, les actes violents commis par un groupe restreint ne justifiaient pas des mesures généralisées contre l’ensemble du cortège.
Amnesty dénonce notamment l’usage de gaz lacrymogènes de manière «indiscriminée», des sommations inaudibles, l’absence de stratégie claire de désescalade et une nasse de près de dix heures ayant concerné plus de 200 personnes, dont des passants. L’organisation estime que cette mesure soulève de sérieuses préoccupations au regard des droits humains, en raison de sa durée, de l’absence de tri rapide et des conditions matérielles insuffisantes.
L’ONG appelle les autorités genevoises à revoir leur approche du maintien de l’ordre, en privilégiant la communication, les interventions ciblées et la protection active des manifestants pacifiques.
Les contrôles aux frontières perturbent fortement les TPG
Les contrôles renforcés aux frontières, mis en place dans le contexte du G7, pèsent lourdement sur le réseau des Transports publics genevois. Les axes menant aux frontières sont particulièrement saturés, mais les ralentissements se répercutent désormais sur plusieurs lignes à travers le canton.
Selon les transports publics genevois (TPG), plus de 30% du réseau accuse actuellement d’importants retards, contre 15% à jour et horaire comparables. Des modifications de parcours ont dû être mises en place afin de maintenir un service aussi fiable que possible.
Les lignes transfrontalières sont les plus touchées, en particulier la ligne 80, qui circule uniquement entre Lancy-Bachet et Bel-Air. Le tram est également perturbé: la ligne 12 circule seulement entre Carouge-Rondeau et Rive, tandis que la ligne 17 est limitée au tronçon Lancy-Pont-Rouge et Grange-Canal.
Les TPG invitent les voyageurs à consulter leur page spéciale G7 sur tpg.ch ou à appeler le numéro vert 0800 858 900 pour suivre l’évolution de la situation.
Raiffeisen et PwC estiment l'ampleur des dégâts
Parmi les bâtiments endommagés lors de la manifestation figurent notamment ceux d’une agence de la Banque Raiffeisen, ainsi que les bureaux de PricewaterhouseCoopers (PwC), situés sur l’Avenue Giuseppe-Motta, dont l’entrée et la vitrine ont été détruites.
Contactée, l’entreprise de cabinets d’audits et d’expertise fiscale, membre des fameux «Big Four», affirme que les dégâts sont en cours d’évaluation. Soulignant qu’il est trop tôt pour fournir une estimation fiable de leur ampleur totale, une porte-parole confirme que les procédures de sécurité mises en place ont fonctionné comme prévu: «Notre priorité est désormais de rétablir le fonctionnement normal aussi rapidement que possible et en toute sécurité», précise-t-elle.
De son côté, la Banque Raiffeisen Villes et Vignobles genevois confirme que son agence située à la rue de Lyon a subi des dégradations, lors d’événements survenus en marge de la manifestation. «Les dommages constatés restent exclusivement matériels, indique une porte-parole. Le bâtiment n’a pas été pénétré et aucun collaborateur ni client n’a été mis en danger». Notre interlocutrice ajoute par ailleurs que la situation est aujourd’hui sous contrôle et que l’agence est sécurisée, bien qu’elle doive rester fermée jusqu’à nouvel ordre. Les activités de la banque se poursuivent toutefois normalement, et la clientèle est invitée à se rendre sur d’autres sites. L’évaluation complète des dégâts est en cours, tandis que la Banque prévoit d’examiner les suites à donner, «y-compris sur le plan juridique».
549 personnes contrôlées pour 3 arrestations
Au total, 549 personnes ont été contrôlées lors de la manifestation de dimanche à Genève contre le G7 qui a été infiltrée par des casseurs. Suite à des vérifications, trois personnes ont été arrêtées. Le dispositif policier mis en place pour ces contrôles est la cible de critiques.
Cette tactique policière appelée la nasse consiste à encercler un groupe de personnes pour l'empêcher de quitter une zone déterminée. Cette nasse installée à l'issue de la manifestation en début de soirée entre le quai Wilson et l'avenue de France a retenu pendant plusieurs heures près de 300 personnes.
Ces personnes, dont faisaient partie les organisateurs de la manifestation, ont été libérées progressivement après des contrôles d'identité. Les dernières sont sorties lundi matin. De nombreux témoignages relayés par No G7 dénoncent le manque d'eau et de nourriture pour les personnes retenues toute la nuit.
No G7 fustige «une opération policière inqualifiable». Le PS s'inquiète des conditions dans lesquelles cette opération s'est déroulée et demande des comptes.
De son côté, la police genevoise explique avoir émis de nombreuses injonctions de quitter les lieux avant de boucler le périmètre. Au final, «le dispositif de sécurité a poursuivi son engagement afin de contenir les éléments perturbateurs constitués en deux black blocs, impliqués dans les violences et les dégradations».
Source: ATS
Carole-Anne Kast défend l'action policière genevoise
«A mes yeux, le dispositif de maintien de l’ordre a été proche de la perfection», estime la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast au sujet de la manifestation anti-G7 de dimanche. Dans un entretien accordé au Temps, la cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN) relève que l'action policière a été «très proportionnée».
«La police a tout fait pour minimiser l’impact sur les manifestants pacifiques, si bien que la tête du cortège a pu presque terminer le tour complet du tracé», souligne la conseillère d'Etat. «Il y a toujours eu le souci de la désescalade et une gestion des cas isolés», précise-t-elle.
Initialement autorisée jusqu'à 22h30, la manifestation a été dissoute peu après 18h00. Une dissolution justifiée, selon la conseillère d'Etat «pour éviter que tout ce monde reste rassemblé au parc Mon Repos avant d’être rejoint par les casseurs. Malheureusement, certains sont restés».
Au lendemain de ce cortège anti-G7, qui a été infiltré par des casseurs, de nombreuses critiques ciblent une nasse mise en place jusque vers 6h00. Ce dispositif visant à effectuer des contrôles empêchait les personnes prises dans le périmètre de partir. Interrogée sur cette opération, elle estime que «ce n’est pas le moment de tirer des conclusions ou des bilans».
«ll faudra reprendre cette question des modalités de la judiciarisation – à savoir l’interpellation et le contrôle d’identité lors d’une situation d’émeute – ultérieurement et analyser le dispositif mis en place», ajoute-t-elle. La coalition No G7 a pour sa part dénoncé un dispositif complètement disproportionné.
Source: ATS
Une militante a dû fuir le gaz lacrymogène, alors qu’elle allaitait son bébé
Aude, militante du Collectif fribourgeois de la grève féministe, a rejoint la manifestation du 14 juin avec son bébé de deux mois: «Nous avons pris cette décision après de nombreuses réflexions, sachant qu’on nous prédisait l’utilisation possible de gaz depuis des semaines, et que les nourrissons y sont particulièrement vulnérables. Finalement, on a décidé d’y aller quand même, en prévoyant une stratégie minutieuse pour assurer la sécurité de notre enfant, en cas de besoin.»
Alors qu’elle allaitait calmement son bébé dans le parc de Vermont, en lisière du parcours, Aude s’est vue contrainte de fuir un nuage de gaz qui traversait le quartier. «On s’est immédiatement réfugiés dans le hall d’un immeuble voisin, raconte-t-elle. Tout s’est bien passé au final, mais ce dispositif démesuré a vraiment mis en danger toute la population. On avait déjà failli se faire renverser un camion de police, en rejoignant le parc pour allaiter. La police était vraiment en formation de guerre.»
La militante précise aussi que, en comparaison aux précédentes grèves féministes, les poussettes étaient beaucoup plus rares: «Il n’y en avait qu’une dizaine, note-t-elle. Beaucoup de camarades militantes ne voulaient pas venir avec leurs enfants, preuve que les autorités ont réussi à effrayer même des personnes avec une expérience dans le militantisme.»
Un car de militantes féministes arrêté par la police à Bursins (VD)
Alors qu’elles se rendaient à Genève en car, au départ de Fribourg, un groupe de personnes, dont des membres du collectif féministe, ont été arrêtées à Bursins (VD) par une centaine d’agents de police, aux alentours de midi, le dimanche 14 juin. Les forces de l’ordre ont procédé au contrôle de leurs identités, puis de leurs sacs, avant de les laisser repartir une heure plus tard.
Les personnes concernées ont décrit des affaires en désordre, ainsi qu’une grande perte de temps. «C’est fou, cela donnait vraiment l’impression d’une opération coordonnée pour empêchr un maximum de personnes de se rendre à la manifestation, précise une militante fribourgeoise. D’autant plus que des travaux sur la ligne ferroviaire reliant Fribourg à Genève avaient été annoncés, pile à ce moment-là, et que les transports publics genevois ont interrompu leur activité à midi.»
Manifestation anti-G7: trois arrestations provisoires
Selon un premier bilan provisoire, «28 personnes, neuf femmes et dix-neuf hommes, ont été amenées à la rétention, dont trois arrestations provisoires», a indiqué le porte-parole de la police genevoise, Alexandre Brahier. Les dégâts sont «relativement minimes par rapport au nombre de black blocs déterminés». Il y a notamment eu des vitres brisées, des abris de bus détruits et une voiture incendiée.
La police a mis en place une nasse en soirée entre le quai Wilson et l'avenue de France retenant près de 300 personnes, selon No-G7, pendant plusieurs heures, dont des membres de l'équipe d'auto-protection et des organisateurs de la manifestation. Elles ont été libérées progressivement après des contrôles d'identité. Les dernières sont sorties lundi matin.
De nombreux témoignages relayés par No-G7 dénoncent le manque d'eau et de nourriture pour les personnes retenues. No-G7 fustige «une opération policière inqualifiable».