Un an après la polémique
A Lausanne, postulat relancé pour une police de proximité (désarmée ou non)

Le vert Ilias Panchard propose à nouveau de rétablir une police de proximité à Lausanne. A l'approche des élections communales, la réforme sur le désarmement des agents est un enjeu crucial.
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L'idée du désarmement de la police lausannoise avait fait grand bruit. Un nouveau postulat se concentre sur la police de proximité.
Photo: Keystone
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Léo MichoudJournaliste Blick

En janvier 2024, son postulat évoquant la possibilité de désarmer les agents de police de proximité avait déclenché un tollé… et ce, bien au-delà de Lausanne. Le conseiller communal Ilias Panchard (Les Vert-e-s) est de retour avec un nouveau postulat sur la police de proximité qu’il déposera cette semaine.

«C’est presque le même objet qu’il y a un an, mais sans mentionner le désarmement, qui avait pris bien trop d’ampleur par rapport au réel enjeu», assume l’élu communal pour Blick. Son nouveau postulat demande la mise en place d’une «véritable police de proximité axée sur l’apaisement des tensions et la prévention des conflits, avec des agentes et agents dédiés, formés à la non-discrimination et à la gestion non-violente des conflits».

Une fusion qui peine à convaincre

Il demande aussi un bilan de «l’évolution récente de la police de proximité lausannoise», dont il déplore la disparition depuis une dizaine d’années. La police de proximité lausannoise n’a pas officiellement disparu, mais a fusionné avec la police-secours en octobre 2024 – dans le cadre d’un projet pilote, lancé dans le but de lutter contre le deal de rue en augmentant le nombre de patrouilles dans des zones sensibles de consommation de drogue.

Résultat? Selon cette enquête de la RTS, datant d’octobre dernier, plusieurs agents estiment que les effectifs sont insuffisants et que «cette réforme aurait conduit à une réduction drastique des actions de proximité». Cinq postes de quartier ont récemment fermé, ce qui fait dire à certains que dans les faits, la police de proximité n’est plus.

Municipal chargé de la sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) assurait alors au média de service public que des actions de proximité existent toujours, via des postes de police mobile et huit agents dont c’est la mission. Il promettait des améliorations du projet pilote, tout en reconnaissant la nécessité de rétablir la confiance entre la population et les policiers.

«
L’éléphant dans la pièce, c’est la question du recrutement
Ilias Panchard, conseiller communal lausannois (Les Vert-e-s)
»

Ainsi, même des agents de police demanderaient un retour en arrière sur la fusion. «L’éléphant dans la pièce, c’est la question du recrutement, estime Ilias Panchard. Depuis cette fusion, des profils de policiers portés vers le travail de proximité avec la population ont pu se tourner vers les polices cantonale et régionales pour faire ce travail.»

Désaccords politiques avec la Municipalité

Le Vert cite aussi une résolution adoptée en septembre dernier par le Conseil communal, à la suite des révélations sur les messages et images à caractère raciste et discriminatoire dans des groupes WhatsApp de la police Municipale. Le Législatif à majorité de gauche souhaite «que la Municipalité renonce au projet pilote de fusion de la Division police-secours et la Division proximité, partenariats et multiculturalité afin de remettre en place une véritable police de proximité à Lausanne».

Mais ce n’est pas qu’à gauche que cela coince. En fin d’année, après les décès de deux jeunes à scooter et les émeutes de Prélaz, des élus de l’UDC ont aussi signé un postulat demandant «une police municipale qui va à la rencontre de la population afin de rétablir et renforcer une relation de confiance», en particulier avec les jeunes. Avant et après les élections du 8 mars, la question de la réforme de la police restera donc un gros enjeu de la politique de sécurité à Lausanne.

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