«J'ai peur que ce soit invivable»
A Payerne, la colère gronde face au vacarme des futurs F-35

Les F-35 déclenchent la colère des riverains vivant à proximité de l'aéroport militaire de Payerne. Les habitants s'opposent aux nouvelles zones d'immission et à l'impact sonore de ces avions, deux fois plus bruyants que leurs prédécesseurs F/A-18.
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Les F-35 seraient deux fois plus bruyants que les F/A-18.
Photo: Getty Images
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Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

Ils font encore parler d'eux. Après la débâcle sur leurs prix, les avions de combat F-35 tant plébiscités par le Département de la défense (DDPS) de Martin Pfister font à nouveau débat. Et cette fois, c'est à cause... de leur bruit, révèle la RTS. En effet, les riverains situés à proximité de l'aéroport de Payerne se plaignent des nuisances sonores causées par ce modèle, qui est jusqu'à deux fois plus bruyant que son prédécesseur, le F/A-18. 

Une Morençoise (FR) concernée a témoigné auprès du média du service public. Cette mère de famille n'était pourtant pas opposée aux avions de chasse, lorsqu'elle s'est installée il y a dix ans à 300 mètres de l'aéroport. Mais cette fois, c'est différent: «Au moment du décollage, l'impact sonore (des F-35, ndlr) sera vraiment beaucoup plus violent. La vibration est beaucoup plus basse, donc ça prend plus aux tripes.»

Une série d'oppositions

La colère ne s'arrête pas là. A la suite d'une réévaluation des zones d'immission sonore par l'armée, certains propriétaires risquent de se retrouver sous le coup «d'une expropriation formelle de droit de voisinage». C'est justement le cas de la Fribourgeoise interrogée par la RTS. Celle-ci a reçu un courrier de l'armée l'informant que sa grange se situait désormais dans une zone d'alarme sonore. Résultat, les riverains concernés n'auraient pas d'autre choix que de s'accommoder du bruit des F-35. Le droit à l'indemnisation passe quant à lui à la trappe. 

La propriétaire a alors décidé de faire opposition au projet. Mais elle n'est pas la seule à refuser de rester les bras croisés: une dizaine d'autres personnes lui ont emboîté le pas. Le délai pour déposer opposition expire par ailleurs ce mercredi. 

Certaines communes n'hésitent pas à prêter main forte au niveau administratif. A l'image d'Estavayer (FR) qui a mis à disposition du public une lettre d'opposition type. Propriétaire d'une école et d'une chapelle historique, la commune a déposé sa propre opposition pour les préserver. 

L'armée reconnaît les nuisances

De son côté, le DDPS dit prendre très au sérieux les doléances des habitants. L'armée affirme prévoir plusieurs mesures pour atténuer les nuisances, comme en réduisant de moitié les déplacements des F-35 par rapport aux F/A-18 et en restreignant les entraînements en semaine. Dans cette optique, elle financera l’insonorisation des fenêtres, conformément aux dispositions légales. Mais cela ne suffit pas aux habitants, qui réclament aussi un renfort au niveau des murs, et même des immeubles entiers.

Mais la Fribourgeoise préfère éviter les faux espoirs. Elle raconte à la RTS que ses beaux-parents et d'autres de ses connaissances n'ont jamais été indemnisés pour les désagréments causés par les F/A-18, entre dossiers «perdus» et ping-pong administratif. 

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