«Un avenir moins sombre»
Le Tribunal fédéral force la justice à revoir la condamnation du tueur des Charmilles

Les juges de Mon-Repos ont cassé la décision de la justice genevoise d'interner le responsable de l'homicide des Charmilles, qui avait été condamné à 16 ans de prison. L'expertise psychiatrique est considérée comme pas «claire».
Le Tribunal fédéral demande à la justice genevoise de revoir sa copie.
Photo: keystone-sda.ch
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

La justice genevoise devra réexaminer l’affaire de l’homicide des Charmilles. Le Tribunal fédéral (TF) a cassé la décision portant sur l’internement du jeune assassin, qui avait été condamné à 16 ans de prison en appel en décembre dernier.

Selon l’arrêt révélé lundi par la «Tribune de Genève» et que Keystone-ATS a pu consulter, l’expertise psychiatrique menée en 2021 n’est pas «claire» et ne permet pas d’établir si l’individu souffre d’un trouble mental, ni «d’en apprécier le degré de gravité». Elle parle de «trouble de la personnalité de type dyssocial», mais pas de «maladie mentale grave ni de signe d’un éventuel retard mental».

De même, la question du risque de récidive devra à nouveau être évaluée. La 1re Cour de droit pénal du TF demande qu’un complément d’expertise soit mené.

«Nous sommes très soulagés»

La défense, assurée par Me Robert Assaël et Me Yaël Hayat, arguait que l’état de son client avait évolué positivement ces dernières années. Elle souhaitait elle-même une nouvelle expertise, refusée par la justice genevoise. «Nous saluons cet arrêt qui permet de dessiner un avenir moins sombre à ce jeune garçon», ont déclaré les avocats à Keystone-ATS.

«Nous sommes très soulagés que le Tribunal fédéral, dans un arrêt parfaitement motivé, refuse d’avaliser l’internement, sanction la plus ultime, et impose un nouveau regard psychiatrique sur ce jeune homme», ont-ils insisté.

L’homme avait été condamné pour l’assassinat, en 2019, d’un jeune Portugais dans le parking souterrain des Charmilles. Il avait sorti son couteau à cran d’arrêt après avoir été frappé au visage. Il a blessé son adversaire au bras et poignardé au cœur un autre jeune qui le gênait dans la poursuite du premier. Parmi ses remarques, le TF considère que la Cour pénale d’appel et de révision (CAPR) n’explique pas clairement pourquoi la légitime défense devrait être écartée. Elle n’établit pas si l’assassin a œuvré comme «provocateur d’une attaque» ou comme «assaillant».

Raisonnement à compléter

Pendant les audiences, la défense avait expliqué que le couteau avait été sorti après un premier coup de poing reçu et utilisé après un second. Les juges genevois avaient plutôt relevé, de leur côté, un sang-froid et une volonté homicide.

Selon les juges de Mon-Repos, les circonstances ayant précédé le premier coup de poing ont été expliquées de manière lacunaire par la cour cantonale. Le TF demande à la justice genevoise de compléter son raisonnement dans ses motivations.

Outre la victime principale, l’homme avait blessé deux autres personnes dans cette affaire. Il avait été condamné en 2021 à 38 mois de prison pour le tabassage violent de deux inconnus à Saint-Jean en 2017. (arrêt 6B_74/2026 du 30 juillet 2026)

Articles les plus lus