En bref
- La société genevoise Ronin Primeurs SA, spécialisée dans la livraison de fruits et légumes, est confrontée à des dettes de plus de six millions de francs et des poursuites de multiples créanciers, révèle «Le Temps» ce mardi.
- Fondée en 1969, la firme connaît des difficultés depuis son rachat par un entrepreneur français en 2021, avec des poursuites et des licenciements à Genève.
- Le syndicat Unia rapporte que l'effectif de l'entreprise est passé de 80 employés en janvier 2026 à une vingtaine en août, et certains salaires restent impayés.
C’est la chute d’un petit empire des fruits et légumes au bout du lac. La société genevoise de primeurs Ronin se retrouve criblée de dettes, révèle ce mardi «Le Temps». L’entreprise, fondée en 1969 et rachetée par un entrepreneur français en 2021, fait l’objet de poursuites pour plus de six millions de francs de la part de divers fournisseurs, ainsi que des autorités fiscales et du fonds de compensation AVS.
A Genève, la société Ronin Primeurs SA livre fruits et légumes à de nombreux restaurants, hôtels et grandes entreprises publiques ou privées, parmi lesquels figurent notamment les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Dans cette affaire, plusieurs acteurs sont lésés: plus d’une centaine de créanciers ont saisi l’Office cantonal des poursuites (OCP), réclamant leur dû, rapporte «Le Temps».
Licenciements et retards de paiement de salaire
Dans un communiqué publié ce mardi, Unia affirme que les effectifs seraient passés d’environ 80 personnes en janvier à une vingtaine début août. Le syndicat indique accompagner les employés depuis mai 2026. Les salaires de certains employés n’auraient pas été payés, et les cotisations AVS/LPP semblent également poser problème. Toujours selon Unia, un contrat avec la caisse de prévoyance Patrimonia a été résilié fin mars, avec près de 160’000 francs de créances envers celle-ci.
De son côté, la «Tribune de Genève» relaie le témoignage d’employés qui expliquent être payés «par à-coups depuis plusieurs mois». Le journal relève que des banderoles crient la colère des employés sur le bâtiment situé dans la zone industrielle de Vernier (GE) et témoigne de la grogne du personnel.
Le rachat de la firme marque le début des déboires
Selon la «TDG» et «Le Temps», les déboires de l’entreprise ont commencé lors de son rachat par l’entrepreneur français Julien George. Sollicité par nos confrères, ce dernier conteste les chiffres avancés mais admet «quelques retards» de paiement de salaire. Julien George affirme avoir versé 2'400'000 francs dans sa société en 2025 pour payer des créanciers, directement ou auprès de l’Office des poursuites.
Le Tribunal de première instance de Genève avait prononcé la faillite de Ronin Primeurs SA en janvier 2026. Mais les effets du jugement ont été suspendus quelques jours après, puis la faillite a été annulée en février 2026. La société est aujourd’hui active au Registre du commerce, explique encore Unia dans son communiqué.
Les autorités et le syndicat Unia réclament le paiement des salaires et des cotisations sociales. Unia demande aussi plus de transparence à l'entreprise et que la lumière soit «faite sur les événements ayant entraîné cette descente aux enfers».