«Il a agi pour humilier»
Prison à vie et internement requis contre l'auteur de la sodomie mortelle

La procureure de Genève demande la perpétuité pour un homme accusé d’avoir tué sa compagne en mars 2023. Elle dénonce une agression « barbare » et un risque de récidive élevé.
Le ministère public a requis la prison à vie, assortie d'une mesure d'internement, contre l'accusé.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

A Genève, le Ministère public a requis mardi la prison à vie, assortie d'une mesure d'internement ordinaire, à l'encontre d'un homme accusé d'avoir assassiné sa compagne en mars 2023. La victime était morte des suites d'une violente sodomie.

Cet homme a agi pour humilier, salir et faire souffrir, a déclaré la procureure Lorena Henry devant le Tribunal criminel. «Son but était de souiller et d'infliger l'humiliation ultime en profanant une partie de son corps qu'elle lui avait toujours refusée», selon la représentante du Ministère public, qui a décrit un «acte de barbarie» de la part d'un homme «sans scrupule».

Dans son réquisitoire, la procureure a relevé les contradictions du prévenu, dont le comportement calme «cache une nature sombre et cruelle». Elle a cité les nombreux témoignages qui font état de la volonté du quadragénaire de tuer sa compagne âgée alors de 41 ans et avec laquelle il entretenait une relation toxique depuis près de cinq ans.

Hémorragie massive

Alors que le prévenu a affirmé lundi au premier jour de son procès n'avoir rien introduit dans l'anus de la victime, cette dernière s'est vidée de son sang et a agonisé entre cinq et quinze minutes, a rappelé la procureure. Elle a cité le rapport d'autopsie, qui détaille les multiples lésions de la victime.

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En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

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Les blessures, qui ont provoqué une hémorragie massive, sont visibles jusqu'à une profondeur de 42 centimètres dans le côlon. La procureure a sorti son mètre pour accompagner son propos.

L'accusé a tenté d'effacer les preuves

Pour le ministère public, il est impossible d'imaginer que le décès soit survenu après un jeu sexuel qui a mal tourné. Avec de telles lésions, il n'y a pas de place pour la négligence. L'homme a agi au contraire «avec conscience et volonté de tuer». Selon les experts, la pénétration a été effectuée avec la main, paume ouverte ou poing fermé, ou avec un objet contondant.

Les preuves sont accablantes, selon la procureure. Des prélèvements effectués sur le poignet gauche du prévenu et sur une bouteille de 1,5 litre ont révélé des matières fécales qui correspondent au microbiote de la victime. Le comportement du prévenu après la sodomie l'accable aussi: il a nettoyé le sang dans l'appartement du couple où s'est déroulé le huis clos, dans le but d'effacer les preuves.

Déjà condamné à plusieurs reprises

Et de trouver des «mobiles à la pelle» pour cet individu qui a déjà de nombreuses condamnations pour violences sexuelles et viol à son actif, dès son adolescence. Il lui reprochait ses infidélités, se sentait humilié et n'osait pas lui dire qu'il voulait la quitter. Pour rappel, l'affaire se passe sur fond de disputes virulentes, de jalousie, de différends financiers et de consommation d'alcool.

La procureure justifie la mesure d'internement ordinaire par le risque de récidive élevé à modéré et le peu de chances de réussite d'un suivi en raison notamment des faibles capacités intellectuelles du prévenu. Aucun traitement, aucune peine, aucun jugement n'ont eu d'effet jusqu'à présent, selon la procureure.

L'avocat de la famille de la victime, Robert Assaël, a dépeint un individu «manipulateur et menteur». Comment a-t-il pu dire qu'il pensait que le sang de sa victime venait de ses règles?», s'interroge Me Assaël. Et de rappeler l'obsession du prévenu pour la sodomie, comme l'atteste son historique de recherche sur internet. Le procès se poursuit mardi après-midi avec la plaidoirie de la défense.

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