Le travail de sensibilisation contre l'antisémitisme et le racisme de la Cicad est vivement contesté. La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation est accusée par le syndicat des enseignants genevois (FEG) de transmettre un matériel pédagogique «orienté», lors de ses interventions scolaires. Une information révélée ce mardi 4 août par la «Tribune de Genève».
La FEG estime par ailleurs que les contenus pédagogiques de l'association viole la loi sur l'instruction publique. En cause: deux BD. Les ouvrages véhiculeraient des propos politiques et religieux avec, entre autres, des références sur «la Terre promise». Un point qui serait interdit par la législation. Le syndicat relève aussi des propos discriminatoires envers les populations arabo-musulmanes, ainsi que des représentations stéréotypées et controversées de certains personnages.
C'est pourquoi le syndicat demande un réexamen du rôle et des supports pédagogiques de l'association. Un sujet qu'il souhaite aborder avec le Canton à la rentrée scolaire.
Un seul point de vue reflété
Toujours selon le syndicat, les deux BD reflèteraient le discours officiel de l'Etat d'Israël, sans intégrer d'autres visions du Moyen-Orient – notamment chrétiennes et arabo-musulmanes. Ce biais empêcherait les élèves d'avoir une grille de lecture suffisante pour saisir la complexité de la situation au Moyen-Orient. Si des élèves et parents se questionnent, d'autres ressentiraient «de la gêne, voire de la colère», rapporte le quotidien genevois.
Le Département de l'instruction publique genevoise (DIP) explique que ce matériel ne figure pas dans «le catalogue officiel» de l'enseignement public, et reste supervisé par un enseignant. Contactée par la TDG, la Cicad n'a pas souhaité s'exprimer. Le syndicat avait signé il y a quelques semaines un manifeste visant à abroger les subventions publiques dont bénéficie l'association.