Ce qu'il faut retenir
- A Genève, plusieurs milliers de personnes – près de 25'000 selon les estimations de la «Tribune de Genève» – ont rejoint dimanche la manifestation contre le sommet du G7, qui s'ouvre lundi à Evian. Le cortège, sous haute sécurité, a quitté le parc Mon Repos peu avant 15h15.
- Les manifestants se sont réunis à l'appel de la coalition No G7, qui rassemble une soixantaine d'organisations. Le cortège est divisé en plusieurs blocs, à savoir féministe, pro-palestinien, révolutionnaire, kurde ou encore syndical.
- Le tracé, limité à la rive droite de la rade, doit passer par les quais et remonter la rue des Alpes pour éviter la proximité du pont du Mont-Blanc. Il empruntera ensuite la rue de la Servette, l'avenue Giuseppe-Motta et la place des Nations pour revenir au point de départ. Le rassemblement devra être dissous à 22h30.
- Il aura fallu aux autorités genevoises et à la coalition No G7 des mois de passes d'armes par médias interposés, puis de discussions, pour aboutir au tracé. Les militants ont fini par s'en accommoder, préférant une manifestation autorisée à une interdiction qui inquiétait tout le monde pour des raisons sécuritaires.
- Un millier de policiers genevois et des renforts d'autres polices cantonales sont prêts à répondre à d'éventuels casseurs. Genève reste traumatisée par les déprédations de 2003 en marge du G8 d'Evian. De nombreux commerces du centre-ville, autant sur la rive gauche que sur la rive droite, ont installé des palissades de protection.
Source: ATS
La police a saisi «des objets dangereux»
A l'instant du départ de la manifestation, la police cantonale annonce dans un communiqué avoir saisi «des objets dangereux ainsi que différents objets de camouflage et d’autres permettant de se confronter à la police», dans le cadre de son dispositif autour du parcours.
Les «objets pouvant être utilisés comme armes ou engins offensifs» listés par la police sont les suivants: des couteaux, des haches, des matraques télescopiques, des bonbonnes de gaz, des boules de pétanque, des pétards et des «engins pyrotechniques (fumigènes, feux à main, engins détonants au sol, chandelles romaines, etc.)».
Quant aux «équipements de camouflage et de dissimulation» saisis: des masques de protection, des cagoules, des bâches renforcées et des vêtements de rechange, liste la police.
«Parmi les engins pyrotechniques découverts, certains sont considérés comme particulièrement dangereux, leur combustion atteignant des températures très élevées (1500 à 2500°C) et présentent des risques importants de brulures», communiquent les forces de l'ordre, précisant que «les personnes en détention de tels objets s’exposent à des suites judiciaires».
La redoutée «ligue anti-impérialiste»
Un bloc de la «ligue anti-impérialiste» s'approche des barricades et s'arrête. Les manifestants qui défilent sous ce drapeau sont pour la plupart masqués (masques chirurgicaux, foulards, lunettes de soleil).
Un militant grimpe sur un pilone. Un pétard saute et le cortège semble se taire d'un coup. Un peu de fumée s'échappe de la foule mais le cortège a tourné.
Cette ligue avait été dénoncée sur Telegram par les Jeunes Communistes suisses comme étant particulièrement dangereuse. Mais pour l’heure, pas d'affrontement.
Un grillage a cédé, la manif continue
Le grillage censé entourer la manifestation a cédé à la hauteur du Kempinski. Le personnel en panique s’affère à essayer de trouver une solution. Les manifestants s’indignent contre le fait d'être enfermés «comme dans une cage», sans eau ni point de sortie. Le cortège passe à côté du grillage dysfonctionnel de manière pacifique, en se moquant du personnel.
Revendications en série
Dans son catalogue de revendications, la coalition demande notamment la dissolution du G7 et proteste face à la situation des civils dans la bande de Gaza. Les Etats-Unis de Donald Trump et Israël sont au centre de leurs reproches internationaux.
Les militants demandent aux Etats occidentaux de ne pas laisser utiliser les bases américaines sur leur sol pour bombarder l'Iran et d'interrompre leurs relations commerciales avec l'Etat hébreu.
Plus largement, la coalition a dévoilé des revendications sociales. Elle exige que les pays du G7 sécurisent le droit de grève, renforcent la protection sociale, garantissent des salaires minimaux et soulagent les travailleurs face aux situations climatiques.
S'en prenant encore au président américain, les opposants réclament une défense internationale du droit à l'avortement. Ils souhaitent un plan contre les violences sexistes et sexuelles et la condamnation de tout acte contre les personnes LGBTIQ, de même que des soins.
Cul de sac face aux agents
Les agents de police ont sorti des boucliers tactiques. Quelques manifestants s'amoncellent devant les barrières. Des agents s'approchent et crient «demi-tour». Une cinquantaine de personnes sont arrêtées et crient «tout le monde déteste la police» en jetant des bouteilles d'eau en direction des agents.
Le blocage de la rue semble assez dangereux puisqu'en cas de mouvement de foule, tout le monde se retrouverait pris en cul-de-sac contre des barrières en fer. Idem si des gaz lacrymogènes ou des mortiers venaient à être utilisés, étant donné que reculer sur le quai noir de monde est presque impossible.
La très grande majorité de la manifestation continue toutefois de se dérouler sans problème, en direction de la gare. Mais un petit groupe semble vouloir narguer les agents.
«Trous du cul! Assassins!», hurle un manifestant
À la hauteur de l'hôtel de la Paix, à 40 mètres du pont, la route est intégralement bloquée. De l'autre côté des barricades, des policiers se font discrets à l'ombre des arbres. Un manifestant lance une bouteille d'eau fermée dans leur direction: «Ces trous du cul ont coupé l'eau de toutes les fontaines! Assassins!»
Le cortège opère le virage avec la rue des Alpes. Le pont ne semble pas les préoccuper. Ils tournent dans le calme et dans une ambiance festive.
Une manif sous observation
À quelques mètres de l'Hôtel de la Paix, plusieurs médias, journalistes et photographes sont amassés pour capturer les manifestants.
Le cortège arrive à 100 mètres du pont
Le cortège s'approche gentiment du pont du Mont-Blanc, qualifié de «ligne rouge» par la coalition No-G7 qui voulait absolument pouvoir le traverser. Il n'y a plus aucun agent de police en vue. Ni derrière les barricades ni aux abords du défilé. En tête de cortège, la Grève féministe s'en donne toujours à cœur joie, scandant des «féministes anticapitalistes».
Chaleur de plomb et 0 point d'eau
La coalition noG7 avait prévenu: il n'y a aucun point d'eau depuis le départ de la manifestation. Il fait presque 30 degrés et il n'y a ni ombre ni fontaine. Les manifestants se rapprochent et marchent en direction du quai du Mont-Blanc en entonnant des «grèves grève, grève, grève et mobilisation, c’est ça la solution».
À voir si dans une centaine de mètres, l'ambiance changera du tout au tout au moment où les manifestants passeront devant le pont du Mont-Blanc. «Couper l’eau des fontaines, c'est monstrueux»: Un manifestant explique avoir téléphoné aux HUG pour agir afin que l'eau des fontaines soit rétablie. «Ce n'est pas dans nos attribution», aurait répondu l'hôpital genevois.
Bain des Pâquis ouverts, quartier bloqué: contraste saisissant en pleine ville
D'un côté, un quartier bouclé, de l’autre, un Bain des Pâquis ouvert et d’où barbotent quelques baigneurs. Au centre, des milliers de manifestants qui s’ambiancent désormais sur du Rihanna. Depuis le milieu du quai, le cortège continue jusqu'au parc et est noir de monde.
La quartier des Pâquis bloqué, on scande «féministes bloquées»
Le quartier des Pâquis a perdu son accès au lac. De l'autre côté des barricades, des femmes venues faire la grève féministe scandent «féministes bloquées». Quelques curieux observent les manifestants.