Emprise et harcèlement
Une ex-pasteure ne pourra plus exercer à Neuchâtel

L'Eglise réformée de Neuchâtel a retiré l'agrégation d'une pasteure accusée d'emprise spirituelle, atteinte sexuelle et harcèlement. La décision, une première, a été prise mercredi à St-Aubin (NE) après une enquête à huis clos.
Accusée d’atteinte sexuelle, une ex-pasteure sanctionnée à Neuchâtel. (image d'illustration)
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Une ancienne pasteure s’est vue retirer mercredi à St-Aubin (NE) son agrégation d’exercer par l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN). La décision a été arrêtée lors du Synode au terme d’une procédure disciplinaire tenue à huis clos.

L'affaire constitue a priori une première pour l'EREN. «Cela signifie que la pasteure ne pourra plus exercer son ministère au nom de l’EREN de manière salariée ou bénévole», a indiqué sur les ondes de RTN Jacques Péter, l'un des sept membres du Conseil synodal, l'organe exécutif de l’EREN.

L'autorité reproche à l'ancienne pasteure «un dérapage important par rapport au code de déontologie pastorale. Elle est notamment accusée d’emprise spirituelle, d’atteinte sexuelle et de harcèlement», a ajouté le conseiller synodal. Une commission d’enquête de quatre personnes a été mise sur pied par l’EREN.

Répétition à éviter

L'organe a rendu son rapport après avoir entendu la pasteure ainsi que deux victimes. «L’ensemble des éléments et la répétition de faits qui s’étaient déjà déroulés par le passé et qui se reproduisent quelques années plus tard ont fait pencher la balance», a détaillé Jacques Péter au micro de la radio neuchâteloise.

«Cela montre un fonctionnement qui est problématique en tant que ministre de notre église», a expliqué encore Jacques Péter, selon qui le retrait de l’agrégation s’est décidé à l’unanimité du Conseil synodal. Une procédure pénale est également ouverte à l’encontre de la pasteure. Au-delà, l'EREN ne veut pas voir un tel cas se répéter.

«Nous avons mis en place une antenne de signalements qui nous paraissait être fondamentale», a relevé Jacques Péter. Plus loin, le Synode (organe délibératif) dit «avoir pris acte, avec sérieux, des souffrances en lien avec cette affaire et a chargé le Conseil synodal de réfléchir comment l’EREN peut faire amende honorable».

Suspendue sur Vaud

«Une remise en cause du fonctionnement de l’église réformée doit être mise sur la table», a conclu le conseiller synodal. Début avril, à la suite de l'enquête interne, qui avait révélé des manquements à la déontologie pastorale, l'EREN avait interdit temporairement de ministère l'ancienne pasteure.

«L'enquête interne a démarré à mi-février quand le Conseil synodal a été averti d'un signalement», avait déclaré alors à Keystone-ATS Yves Bourquin, président du Conseil synodal de l’EREN. La pasteure incriminée y a exercé son ministère pendant plus de 20 ans.

La ministre sanctionnée mercredi avait été consacrée à l'époque par l'Eglise réformée du canton de Vaud (EERV), mais agrégée par l’EREN, c’est-à-dire intégrée au corps pastoral neuchâtelois. L'EERV, son actuel employeur, a aussi pris des mesures, avec une suspension.

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