Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 41 morts, 115 blessés dont 70 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
Une rescapée témoigne
Eleonora P., a survécu de justesse à l'incendie qui a ravagé «Le Constellation». Mais l'Italienne de 29 ans souffre encore de graves blessures, comme elle l'a raconté à la chaîne TG1. «Je ne peux pas plier les doigts, car les cicatrices tirent», explique-t-elle.
Les températures qui régnaient dans le bar en flammes auraient littéralement fait fondre sa peau. «A partir de là, c’est de l'instinct: soit tu vis, soit tu meurs, raconte la jeune femme. J’étais convaincue que j’allais mourir.» Une fois sortie du bar, elle a d'abord dû reprendre ses esprits. « Je n'oublierai jamais l'image des flammes qui jaillissent.»
La journaliste demande finalement à la jeune femme si elle éprouve de la colère envers le couple de gérants, Jacques et Jessica Moretti, et ce qu’elle leur dirait si elle les rencontrait. «J’aimerais parler de la négligence avec laquelle ils ont géré leur établissement, ce qui a mis en danger les personnes qui le fréquentaient depuis si longtemps. Il est inutile d’éprouver de la colère, car la colère ne fait pas du bien à un corps qui a besoin de guérir. J'essaie de rester sereine et de penser à mon avenir, et je laisse à ceux qui doivent mener l'enquête le soin de rendre justice. »
De nouvelles accusations portées contre le «fils adoptif» de Jacques Moretti
Une nouvelle plainte a été déposée dans le cadre de l’incendie meurtrier la nuit du Nouvel-An à Crans-Montana. Xavier Thévenot, père de la plus jeune victime de la catastrophe, a porté plainte contre Jean-Marc G., l'homme présenté comme «le fils adoptif» de Jacques Moretti, rapporte le «Tages-Anzeiger».
La plainte porte sur le rôle qu’il aurait joué dans le bar «Le Constellation» au moment du drame. Selon un agent de sécurité, Jessica Moretti, Cyane Panine et Jean-Marc G. auraient décidé ensemble de verrouiller toutes les issues, ne laissant ouverte que l’entrée donnant sur la véranda. Leur objectif aurait été d’empêcher toute personne d’entrer ou de sortir du bar sans payer.
L’agent de sécurité conteste en outre les propos de Jean-Marc G., qui aurait affirmé ne pas avoir occupé de fonction officielle ce soir-là. Selon lui, l’intéressé travaillait bel et bien dans l’établissement. «Il se trouvait lui aussi à l’entrée de la véranda, contrôlait les entrées et s’occupait des recettes de la caisse», relève le «Tages-Anzeiger » en se référant à la plainte. Des images vidéo analysées par la police cantonale valaisanne confirmeraient ces éléments.
Il a vécu l'horreur avec son fils: un père raconte
L’incendie de Crans-Montana a bouleversé toute la Suisse, et bien au-delà. De nombreuses familles ont dû enterrer leurs enfants ou les accompagner durant leur longue convalescence. Dans le podcast «Nous autres» de la RTS, un père qui a vécu l’incendie du «Constellation» témoigne. Philippe a retrouvé son fils Charles, âgé de 15 ans, dans le bar où l’adolescent fêtait le passage à la nouvelle année avec ses amis.
Tous deux étaient présents lorsque des cierges magiques accrochés à des bouteilles de champagne ont engendré le dramatique incendie. Père et fils ont été grièvement blessés ce soir-là. Philippe, dentiste de profession, a été brûlé à la tête et aux mains. «Aujourd'hui, il m'est impossible de retravailler», confie-t-il dans le podcast.
Le sort de Charles a été encore plus tragique. Le garçon a dû être intubé pendant deux mois et subir 20 opérations. «Il a perdu huit doigts», raconte Philippe. Mais le plus dévastateur, ce sont les séquelles psychologiques que l'incendie a laissées sur Charles. Des huit amis avec lesquels il avait prévu de fêter le Nouvel An, il est le seul survivant. «Il est déprimé et a des pensées suicidaires», confie son père. Tous deux veulent désormais se reconstruire ensemble, du mieux qu'ils le peuvent.
Le Parlement valaisan veut revoir les contrôles incendie
Trois mois après le drame, le Grand Conseil valaisan a tacitement accepté, jeudi 12 mars, deux postulats demandant une réforme de la périodicité des contrôles incendie dans le canton, rapporte «Le Temps».
Le texte, signé par les huit formations du Parlement, réclame une distinction claire entre établissements «sensibles», soumis à un contrôle annuel, et lieux «non sensibles», pour lesquels les inspections pourraient être espacées. L’objectif est de concentrer les moyens disponibles sur les lieux présentant les risques les plus importants, explique le journal. Aujourd’hui, l’ordonnance cantonale exige que des contrôles annuels soient effectués dans tous les établissements accueillant du public. Ce qui en fait la législation la plus stricte de Suisse, mais «tout indique qu’elle n’est pas appliquée», souligne «Le Temps».
Le ministre de la Sécurité Stéphane Ganzer a annoncé qu'une nouvelle ordonnance devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027. Le parlement a par ailleurs voté un crédit de 10 millions de francs pour les victimes.
Le DJ du «Constellation» aurait payé son héroïsme de sa vie
Les vidéos de surveillance du bar «Le Constellation» offrent de nouveaux éclairages sur le tragique incendie du 1er janvier 2026. Un groupe d’enquêteurs a analysé ces séquences et rédigé un rapport dont «Le Parisien» a obtenu une copie. Les vidéos semblent prouver que deux hommes sont intervenus de façon héroïque avant de le payer de leur vie.
Le responsable de la sécurité, Stefan I., et le DJ Matéo L., auraient réagi immédiatement après le début de l'incendie. Quelques secondes seulement après l'embrasement du plafond, les deux hommes se seraient activés pour tenter de sauver les clients du bar. Le DJ serait tout de suite parti chercher un extincteur tandis que le responsable de la sécurité aurait ordonné à la foule de quitter les lieux à coups de grands gestes.
Les vidéos montreraient ensuite les flammes se propager à une vitesse fulgurante dans les minutes qui suivent. La panique s’empare alors des convives, qui tentent tous désespérément de fuir. Le DJ et le videur ne survivront pas.
Selon «Le Parisien», les enregistrements cessent deux minutes après le début de l'incendie. Juste avant la fin de la vidéo, Jessica Moretti apparaît sur la terrasse du bar, rapporte le média français. On la verrait apparemment quitter l’établissement aux côtés d'autres clients, avec ce qui semble être un téléphone à la main. En revanche, elle ne serait pas partie avec la caisse du bar, contrairement à ce qu'affirmait la presse italienne.
Les auditions des prévenus reprendront entre le 7 avril et le 13
Les auditions d'une partie des neuf prévenus dans l'affaire de Crans-Montana reprendront le mardi 7 avril. Pas moins de six d'entre elles sont prévues en l'espace d'une dizaine de jours:
- Le mardi 7 avril, le Ministère public auditionnera, pour la troisième fois en tant que prévenu, Jacques Moretti, le gérant du «Constellation».
- L'ancien responsable de la sécurité en protection incendie de la commune de Crans-Montana (2020-2024) sera auditionné le 8 avril.
- Son adjoint de l'époque sera auditionné le 9 avril.
- Un membre de l’équipe de sécurité publique actuelle sera auditionné le 10 avril.
- Le président de la commune, Nicolas Féraud, sera entendu le 13 avril.
- L'ancien conseiller communal en charge de la sécurité publique (2021-2024) sera entendu le 15 avril.
Les prévenus doivent répondre d'homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Il s'agit des mêmes chefs d'accusation retenus contre les gérants de l'établissement (Jacques et Jessica Moretti) et contre l'ancien et actuel chargé de sécurité de la commune de Crans-Montana.
Comme en février, l'ensemble de ces auditions se dérouleront au sein de l'aula du campus Energypolis à Sion.
Source: ATS
Nicolas Féraud se récuse des dossiers liés au drame de Crans-Montana
Prévenu depuis jeudi dernier dans l'affaire dite du bar «Le Constellation», le président de Crans-Montana Nicolas Féraud reste en poste, mais se récuse. Désormais. l'élu PLR n'interviendra plus sur les aspects liés à la gestion politique des suites de la tragédie.
Dans un communiqué de presse diffusé mardi, le Conseil communal de Crans-Montana prend acte de la mise en prévention de son président. L'Exécutif dit «continuer de travailler avec sérénité». En ouvrant la séance de crise de mardi – la 24e depuis le 1er janvier –, le président Nicolas Féraud a formellement informé le Conseil communal de sa mise en prévention et a proposé sa récusation pour la suite de la réunion.
Afin d’assurer la gestion des dossiers liés à la tragédie du 1er janvier, l’Exécutif a désigné le conseiller Sébastien Rey, en charge de l'économie, des affaires rurales et des loisirs, afin de le remplacer. Nicolas Féraud ne participe plus depuis ce mardi aux séances de crise en lien avec le drame du 1er janvier.
Source: ATS
Le Parlement s'accorde sur le soutien aux victimes de Crans-Montana
Le Parlement s'est accordé mardi sur la contribution de solidarité de 50'000 francs pour les victimes de l'incendie de Crans-Montana et leurs proches. Le Conseil des Etats s'est rallié au National sur les derniers points, notamment sur le cercle des ayants droit.
Le Conseil fédéral prévoyait que la contribution de solidarité soit versée aux bénéficiaires de l'aide financière d'urgence du canton du Valais, soit toutes les personnes décédées et toutes les victimes hospitalisées. Le National avait élargi le cercle des ayants droit, de sorte à accepter aussi des cas de rigueur.
Le gouvernement a pris comme critère la nécessité d'un traitement stationnaire, soit au moins une nuit passée à l'hôpital, avait-il été expliqué. Or certaines personnes gravement blessées sont rentrées chez elles en raison de la «situation cacophonique» à ce moment-là dans les hôpitaux. Elles doivent pourtant aussi recevoir la contribution.
Les Chambres sont tombées d'accord sur ce point principal et sur deux autres points de détail. Elles doivent encore se prononcer sur l'urgence de la loi. Le gouvernement l'avait limitée à fin 2029. Le Parlement a prolongé le délai jusqu'à fin 2040. La contribution de solidarité pourrait être versée ce printemps déjà.
Source: ATS
Oui à un soutien fédéral aux victimes de Crans-Montana
Les blessés et les proches des personnes décédées dans l'incendie de Crans-Montana recevront une contribution de solidarité de 50'000 francs. Après le Conseil des Etats, le National a validé lundi cette aide et d'autres mesures. Il a toutefois modifié le projet.
Le gouvernement sollicite un peu plus de 35 millions de francs. Si 7,8 millions sont destinés à la contribution de solidarité pour les 156 familles touchées, 20 millions doivent servir à financer et organiser une table ronde avec les personnes concernées pour convenir d'accords à l'amiable. Et les cantons doivent être soutenus à hauteur de 8,5 millions pour le financement de l'aide aux victimes.
Tous les orateurs, notamment romands, ont exprimé leur solidarité et leur compassion envers les personnes concernées. Plusieurs élus ont aussi montré leur gratitude envers les services de secours et leur travail dans des conditions difficiles.
Pour le ministre de la justice Beat Jans, il s'agit d'une «tragédie aux dimensions hors normes», en raison du nombre de victimes, de leur âge, des hospitalisations à l'étranger ou encore des longs traitements nécessaires en vue. Dans ce contexte, le système actuel dans les domaines des soins, des assurances et de la justice arrive à ses limites. Cet événement exceptionnel appelle donc des mesures exceptionnelles.
La majorité de l'UDC et quelques élus PLR se sont opposés au projet dans son ensemble. Ils n'ont pas réussi non plus à faire abandonner le caractère urgent de la contribution de solidarité, ni à réduire le montant total destiné à cette contribution, ni à subordonner le versement de l'aide aux besoins financiers effectifs.
Source: ATS
La mousse du «Constellation» était présentée comme «non inflammable»
L’origine de la mousse qui a embrasé le «Constellation» la nuit du Nouvel-An est d’abord restée floue. Le gérant de l'établissement Jacques Moretti avait d'abord affirmé l'avoir achetée en 2015, dans un magasin Hornbach à Riddes (VS). Une déclaration qui s'est par la suite révélée fausse.
Le 20 février 2026, Jacques Moretti a finalement remis de lui-même une facture à la police cantonale valaisanne. Un document montre qu’il avait en réalité acheté la mousse auprès d’un fournisseur situé dans l'Est de l'Allemagne, rapporte «24 Heures».
Datée du 3 septembre 2015, la facture mentionne l’achat de 1360 plaques de mousse acoustique du modèle «Pyramidal Acoustic Foam PRO 90 cm / 45 cm / 6 cm P085», pour un montant total de 13’464 euros. Selon des pages – aujourd'hui archivées – du site internet du vendeur, ce produit était présenté comme «non inflammable» et «auto-extinguible», et recommandé pour une utilisation dans des crèches, écoles, restaurants ou bars.
Le 27 février, le Ministère public valaisan a adressé une demande urgente d’entraide judiciaire internationale aux autorités allemandes. L’objectif est de déterminer précisément les propriétés de cette mousse acoustique et d’obtenir davantage d’informations sur la transaction.