Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 41 morts, 115 blessés dont 70 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
L'Etat du Valais livre sa version des faits sur l'absence de contrôles au «Constellation»
Pour l'actuel chargé de sécurité de Crans-Montana, le manque de contrôles effectués au bar «Le Constellation» s'explique notamment par un changement de système informatique. L'Etat du Valais a donné sa version des faits mardi, évoquant une «compétence communale».
Pour le responsable de la commune, en poste depuis mai 2024, le problème se situe au niveau d'un changement de système de gestion du suivi des tâches et des délais. Cette situation aurait compliqué sa mission et contribué aux retards dans les contrôles incendie, a-t-il expliqué vendredi devant le Ministère public. Une information de la RTS confirmée à Keystone-ATS par une source proche du dossier.
Le logiciel utilisé de 2009 à 2022 «a été développé pour les corps de sapeurs-pompiers valaisans», a indiqué l'Etat du Valais à Keystone-ATS. «Par la suite, plusieurs communes ont utilisé la solution informatique de ce prestataire pour des tâches spécifiques, notamment les contrôles incendie. Il n'appartenait dès lors pas au canton d'intervenir dans ces relations commerciales.»
Source: ATS
Les bougies sont interdites au mémorial dédié aux victimes
Les bougies sont désormais interdites sur le mémorial dédié aux victimes de la tragédie du Nouvel An. Cette décision fait suite à un début d’incendie survenu dimanche matin, qui a endommagé plusieurs objets commémoratifs sans faire de blessés.
Neuf blessés de Crans-Montana en rééducation dans les cliniques Suva
Huit patientes et patients sont actuellement pris en charge à la Clinique Suva de Sion, tandis qu’une autre personne effectue sa rééducation à la Clinique Suva de Bellikon, selon un communiqué. «Au cours des prochaines semaines, l’admission progressive d’autres personnes concernées, provenant d’hôpitaux aigus suisses et européens, est prévue», précisent-ils.
Afin d’assurer une transition aussi fluide que possible vers la phase de rééducation, des équipes d’experts ont été envoyées ces deux dernières semaines dans plusieurs pays européens. Ces missions ont été coordonnées par l’Office fédéral de la protection de la population. Le processus de réadaptation dans les deux cliniques sera accompagné par des psychothérapeutes et des travailleurs sociaux francophones.
Toutes les victimes de l’incendie actuellement hospitalisées dans les cliniques de la Suva ont leur domicile en Suisse. L’objectif est que les patientes et patients valaisans puissent, dans la mesure du possible, effectuer leur rééducation à Sion, à proximité de leur lieu de vie.
Mi-janvier, le directeur des cliniques Suva, Gianni Roberto Rossi, expliquait que le chemin vers un retour à la vie normale exige de la patience. Une chose est certaine: pour les victimes de l’incendie du bar «Le Constellation à Crans-Montana», la rééducation s’annonce particulièrement éprouvante.
La couverture en mousse n’a jamais été inspectée, selon un ex-responsable de la sécurité
L’ancien agent de sécurité de Crans-Montana a été interrogé lundi en tant que suspect. Selon BFMTV, l’audition a débuté à 8h30 pour s’achever à 20h. Les premiers éléments de l’enquête commencent à se préciser.
Une déclaration a suscité une vive polémique. Aucun établissement de Crans-Montana n’aurait été fermé pour risque d’incendie avant 2026. Seul le Grand Hôtel du Golf a cessé son activité pour cette raison, il y a trois semaines. L’ancien responsable de la sécurité affirme avoir insisté à plusieurs reprises auprès du canton afin que les établissements jugés dangereux ferment avant cette échéance. Face à l’absence de réponse, il dit avoir fini par ne plus transmettre les listes concernées. Selon lui, aucune sanction n’a été appliquée par les autorités cantonales.
L’homme interrogé a reconnu n’avoir jamais contrôlé la mousse insonorisante à l’origine de l’incendie dévastateur. «Cela ne faisait pas partie de mes fonctions», a-t-il déclaré. Les inspections se limitaient aux matériaux présents dans les voies d’évacuation, comme les escaliers, sans évaluer l’inflammabilité des autres éléments. D’après un participant à la procédure, cette mousse aurait pourtant dû être testée lors de l’octroi du permis d’exploitation. On ignore si cette vérification a effectivement eu lieu.
Autre élément jugé particulièrement préoccupant. Le bar Le Constellation n’a été inspecté que deux fois en six ans, alors que des contrôles annuels sont exigés. L’établissement bénéficiait par ailleurs d’un délai de trois mois pour se mettre en conformité. Une fois ce délai écoulé, l’ancien responsable de la sécurité s’est contenté de relancer le gérant, sans prendre de mesure contraignante.
Comme son successeur l’avait déjà relevé lors de l’audience de vendredi, l’accusé a mis en avant le manque de personnel et un calendrier de contrôles qu’il juge irréaliste. Il a aussi évoqué une fuite de données survenue en 2023, qui aurait fortement entravé son travail. «J’avais demandé au canton de renforcer les sauvegardes, mais je n’ai pas été entendu», a-t-il expliqué.
Ce piratage a compliqué l’accès aux anciennes données et freiné les actions de prévention. Contrairement à son successeur, l’ancien agent dispose d’un diplôme reconnu en sécurité incendie. Il a conclu son audition par ces mots: «Mes pensées vont aux victimes.»
Le Ministère public révèle des détails sur l'avancée de l'enquête
Le dossier sur l'incendie de Crans-Montana compte déjà près de 2000 pages et comporte plus de 8500 pièces physiques, indique le Ministère public valaisan. Une dizaine d'auditions ont déjà été menées.
Depuis le 1er janvier, une cinquantaine d'ordonnances et de mandats ont été émis par le Ministère public et plusieurs commissions rogatoires internationales ont été requises, ajoute le Parquet, dans un point de la situation envoyé lundi soir.
A ce jour, 263 parties civiles sont annoncées. Elles sont représentées par 74 avocats.
Pour la suite de la procédure, le Ministère public relève notamment qu'il va organiser une séance pour permettre aux avocats de visionner les images des caméras de surveillance de Crans-Montana et du Constellation. «Ces images seront versées au dossier mais pas transmises aux parties au vu de leur contenu et en raison de leur caractère privé», précise le communiqué.
Source: ATS
Après 12h, l'audition de l'ex-chargé de sécurité de Crans-Montana reprend ultérieurement
L'audition à Sion ce lundi de l'ex-chargé de sécurité de la commune de Crans-Montana été interrompue au bout de 12 heures, comme pour l'actuel chef de la sécurité, entendu vendredi. L'audition reprendra ultérieurement, indique lundi soir le Ministère public valaisan dans un communiqué.
«Les interrogatoires des chargés de sécurité ne sont qu'un maillon de la chaîne de responsabilités de la commune de Crans-Montana et je pense que d'autres personnes suivront en qualité de prévenu ou de mis en examen», a estimé plus tôt Me Alain Viscolo, un autre avocat de victimes.
Les auditions se poursuivront dès mercredi avec celle de Jacques Moretti. Celle de son épouse Jessica aura lieu le lendemain. «Ces auditions ont pour objectif de permettre aux avocats des parties civiles de poser les questions qu'ils n’ont pas pu poser», indique le Ministère public.
Avec l'ATS
L'ancien chargé de sécurité de la commune auditionné par le Ministère public
L'ex-chargé de sécurité de la commune de Crans-Montana s'est présenté, lundi vers 8h30, au campus Energypolis de la HES-SO Valais Wallis, à Sion, lieu de son audition. L'homme est considéré comme prévenu dans l'incendie qui a ravagé «Le Constellation», le 1er janvier.
L'homme était en charge des contrôles de sécurité et de défense contre les incendies, effectués en janvier 2018 et en juin 2019 au sein du bar. Par deux fois, ses recommandations n'ont pas été prises en compte par le gérant et le propriétaire. Par ailleurs, le Valaisan doit expliquer pourquoi le bar n'a plus été contrôlé depuis la mi-2019. Il a quitté son poste, début 2024.
«Il y a beaucoup d'interrogations, auxquelles on espère que la personne auditionnée aujourd'hui apportera des réponses», a souligné Me Yaël Hayat, avocate de Jessica Moretti, juste avant l'audience.
Pour Me Gilles-Antoine Hofstetter, avocat de plusieurs victimes, «on attend que les responsables de la sécurité puissent nous expliquer les raisons des défaillances, nombreuses, dans cette affaire.»
Source: ATS
Pour l'actuel chef de la sécurité de Crans-Montana, les contrôles du «Constellation» lui semblaient en ordre
De nouveaux éléments de l'audition de l'actuel chef de la sécurité ont été révélés par la RTS ce dimanche. Nous avions déjà révélé ce vendredi que pour lui, le manque de contrôles du «Constellation» était dû à un problème du système informatique – qui a entraîné de longs retards.
Selon les informations de la RTS, le prévenu indique que lors de sa prise de fonction, en mai 2024, il a constaté un manque de ressources pour les contrôles. Raison pour laquelle il a monté une équipe de cinq personnes pour y remédier.
Il a aussi expliqué durant son audience avoir dû prioriser les contrôles, qui se sont concentrés principalement sur les hôpitaux, cliniques et EMS. Puis, les hôtels et les établissements publics en dernier lieu. Il a aussi précisé se concentrer sur les dossiers ouverts. Selon lui, le dossier du «Constellation» était clôturé – donc en règle.
Il a tenu à s'excuser auprès des victimes. S'il considère porter une «responsabilité morale» envers elles, il ne considère pas porter de «responsabilité pénale».
Derrière le système informatique, un homme seul
Une panne informatique majeure, un manque de personnel et une charge administrative colossale. Vendredi, le responsable actuel de la sécurité de Crans-Montana a été entendu pendant plusieurs heures. Au fil de l’audition, un constat s'est imposé: les défaillances de contrôle sont liées à l'effondrement du système informatique, qui a privé les autorités de l’accès à d’anciennes données essentielles.
Selon les révélations de la «Sonntagszeitung», l’ensemble reposait depuis des années sur les épaules d’un informaticien indépendant basé à Sion. A lui seul, il gérait les systèmes IT de plusieurs corps de police valaisans ainsi que ceux des pompiers cantonaux.
Menaces, arrestation et mise hors service
En 2023, la situation dérape. L’informaticien adopte un comportement jugé confus, exige une augmentation de salaire, puis va plus loin: il menace de publier des données sensibles. Les autorités interviennent. L’homme est arrêté, et les logiciels qu’il administrait sont mis hors service.
Aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, il se trouve en établissement psychiatrique. En raison de son irresponsabilité pénale, aucune condamnation n’a été prononcée.
Le canton pointé du doigt
Pour le chef de la sécurité interrogé, la responsabilité est claire: le Canton du Valais. C’est à ce niveau que se situe la faute liée à la perte des données. Il affirme avoir demandé au canton l’accès au dossier de l’informaticien, une requête restée sans réponse.
Un incendie éclate sur le mémorial de Crans-Montana
Un moment de tension, dimanche à l’aube, à Crans-Montana. Selon la Police valaisanne, un incendie s’est déclaré vers 6 heures sur le mémorial dédié aux victimes de la catastrophe survenue lors de la nuit du Nouvel An.
Les pompiers sont rapidement intervenus. «Les pompiers ont pu maîtriser l'incendie rapidement», a indiqué la police dans un message publié sur X. Une enquête a été ouverte afin de déterminer l’origine du sinistre.
Après la tragédie du Nouvel An, un lieu de mémoire avait été aménagé au cœur de la station. Parents, proches et amis des victimes y avaient déposé bougies et fleurs, transformant l’endroit en espace de recueillement. Dimanche matin, ce symbole de deuil a soudain été frappé par les flammes.
Trois écoles de Crans-Montana n'ont plus été inspectées depuis 2017
D'autres négligences ont été constatées dans la commune de Crans-Montana. Selon «Le Nouvelliste», après les bars et les restaurants, les inspections annuelles obligatoires de sécurité incendie n'ont pas été effectuées dans les écoles et les salles de spectacle.
D'après les documents soumis par la municipalité, trois centres scolaires n'ont plus été inspectés depuis 2017. Selon le rapport, certaines salles proposées à la location n'ont jamais été inspectées, et d'autres l'ont été pour la dernière fois en 2017.
De plus, depuis l'incendie, cinq des 19 salles municipales à louer ont disparu du site web de la municipalité. Dans plusieurs salles, la capacité d'accueil a également été réduite. Crans-Montana n'est pas un cas isolé, de nombreuses communes valaisannes réduisent aussi leur capacité d'accueil.
Source: Le Nouvelliste