Au coeur d'un deuil national, les questions d'argent infligent une ombre considérable à un tableau déjà terriblement triste. La facture du drame de Crans-Montana est estimée entre 600 millions et 1 milliard de francs suisses, selon «Le Nouvelliste». Alors que l'Etat du Valais doit débloquer 10 millions d'aide d'urgence aux victimes, certaines familles déploraient, début février, des difficultés financières, en attendant l'arrivée du soutien promis. Un véritable défi administratif est perceptible, dans le sillage de l'incendie, tandis que les indemnisations pourrait s'avérer longues et compliquées.
Jean-Daniel Laffely, directeur général de la Vaudoise Assurances, affirme toutefois, dans les colonnes du «Matin Dimanche», que toutes les victimes seront totalement couvertes: «Nous payons les frais de guérison, qui peuvent durer toute une vie pour des blessures aussi graves», assure-t-il, revenant pour la première fois sur l'incendie du bar «Le Constellation», qui a causé la mort de 41 personnes et causé 115 blessés, dont de nombreuses brûlures graves.
Après avoir évoqué sa vive émotion, ainsi que celle de ses équipes, il affirme que son entreprise assure «une dizaine de victimes». Celles-ci incluent uniquement des personnes couvertes par la loi sur l'assurance accidents, soit celles qui travaillaient au minimum 8 heures par semaine au moment de l'incendie. Les jeunes personnes en cours d'études sont, précise-t-il, «couvertes par les caisses maladie pour les frais de guérison et d'éventuelles autres couvertures souscrites par les parents».
Confiant dans le système suisse
D'après la Suva, les soins requis par les grands brûlés peuvent s'élever entre 500'000 et 1 million de francs par personne, souligne «20 Minutes». Jean-Daniel Laffely se montre rassurant, insistant sur l'efficacité de la couverture sociale en Suisse: «C'est l'essence même de notre métier, insiste-t-il, toujours dans 'Le Matin Dimanche'. Si les assureurs et les caisses maladie constituent des réserves financières année après année, c'est précisément pour pouvoir faire face à des drames d'une telle envergure.»
S'il admet que la catastrophe aura un imact sur les résultats et les marches de la Vaudoise Assurances, avec de «potentielles adaptations tarifaires dans le futur» en cas de résultats négatifs, il assure que son entreprise est prête à faire appel à des réassureurs, en dans les cas les plus extrêmes, afin que le système reste «solide et capable d'honorer ses engagements».
En plus de couvrir les frais de guérison, la perte de gain et une rente à long terme, si besoin, la Vaudoise Assurances affirme soutenir également les proches aidants forcés de se rendre à l'étranger, «avec une aide pouvant aller jusqu'à 6000 francs par mois». La facture finale dépendra, selon Jean-Daniel Laffely, des cas individuels. Impossible, donc, de fournir des chiffres précis pour le moment.