Drame de Crans-Montana
Une simulation montre les issues de secours du bar «Le Constellation»

Comment le bar «Le Constellation» a-t-il pu devenir un piège mortel? Une simulation le montre: un plus grand nombre d'issues de secours aurait permis d'accélérer l'évacuation et peut-être de sauver des vies.
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Une simulation de l'entreprise de protection incendie BIQS le montre: avec une seule issue de secours, une fuite aurait duré près de sept minutes.
Photo: Screenshot / SRF / BIQS

Lorsque le plafond au sous-sol du bar «Le Constellation» à Crans-Montana (VS) a pris feu, des personnes se sont mises à courir vers les escaliers donnant sur la sortie principale. Selon les indications des gérants, environ 300 personnes se trouvaient au rez-de-chaussée et au sous-sol.

Mais combien de temps s'est-il écoulé avant qu'elles ne puissent s'échapper? Dans quelle mesure le nombre de voies d'évacuation a-t-il eu un impact dramatique? Une simulation réalisée par des experts en protection incendie de la société BIQS nous donne trois scénarios différents. Elle a été présentée vendredi dans l'édition principale du «Tagesschau» de la SRF.

Scénario 1

Selon de nombreux articles de presse, le bar n'avait qu'une seule sortie de secours. Des témoins ont également déclaré ne pas avoir vu d'issues de secours au sous-sol. Selon la simulation, dans un tel scénario, la fuite aurait duré près de sept minutes.

Photo: Screenshot / SRF / BIQS

Plusieurs vidéos de la nuit de l'incendie le montrent: lorsque le feu s'est déclaré, de nombreux clients n'ont pas tout de suite réagi. Florent Lushta, expert en incendie et directeur de la BIQS, estime dans le «Tagesschau» qu'il a fallu jusqu'à une minute pour que les gens commencent à s'enfuir.

Lorsque de nombreuses personnes se sont précipitées vers les escaliers, il s'est probablement formé un goulot d'étranglement. Le temps de latence a donc du être de 70 à 90 secondes. «Nous ne serions pas surpris si, au cours d'une enquête plus approfondie, nous découvrions que de nombreuses personnes ont subi des fractures», a déclaré Florent Lushta à la SRF.

Frank Rostert, spécialiste en portes de sécurité, a expliqué cette semaine à Blick une autre circonstance fatale: toutes les portes du bar s'ouvraient vers l'intérieur. «Les gens ne pouvaient pas sortir par le haut de la porte. Ouvrir une porte vers l'intérieur lorsqu'une foule paniquée pousse depuis l'arrière est impossible.» Frank Rosterte a travaillé de 2012 à 2017 dans les cantons de Zurich et de Schwytz. Dernièrement, il a expertisé les portes coupe-feu du nouveau terminal de l'aéroport de Munich.

«Le problème principal n'était pas l'étroitesse de l'escalier, mais les portes mal installées. La fumée s'accumulait en haut et, en même temps, la porte d'entrée principale était fermée de l'intérieur», affirme-t-il avec certitude.

Scénario 2

Dans ce deuxième scénario, il y a une autre issue de secours ouverte au sous-sol. Selon les Moretti, il y aurait eu deux sorties de secours dans «Le Constellation»: la sortie principale et une autre, située en face des toilettes au sous-sol, qui menait à la cage d'escalier du bâtiment. Toutefois, des témoignages indiquent que cette voie aurait été bloquée au sous-sol.

Photo: Screenshot / SRF / BIQS

Selon la simulation, si deux issues de secours étaient restées ouvertes, les clients se seraient échappés du bar au bout de 235 secondes, soit un peu moins de quatre minutes. Selon Florent Lushta, la foule aurait alors été divisée par deux dans chacune des voies d'évacuation.

Scénario 3

Dans le dernier scénario, il y a trois voies d'évacuation: deux au rez-de-chaussée (sortie principale et porte latérale) et une au sous-sol. Cependant, selon Jacques Moretti, une porte latérale du bar aurait été bloquée la nuit du Nouvel An. Si toutes les issues de secours du bar avaient été libres d'accès, les clients auraient pu échapper aux flammes en 140 secondes, soit après 2 minutes et 20 secondes. L'incendie aurait alors peut-être coûter la vie à moins de personnes.

Photo: Screenshot / SRF / BIQS


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