Responsable des contrôles jusqu'en 2024
Ce que l'on sait du nouveau prévenu, ex-employé de la commune de Crans-Montana

A la suite de l'incendie dévastateur du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, l'ancien chargé de sécurité de la commune fait l'objet d'une enquête. Il sera interrogé le 9 février prochain.
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Le Ministère public valaisan mène une enquête contre Silvan P., l'ancien responsable de la sécurité de Crans-Montana.
Photo: DR
Martin Meul

Après le couple Moretti, la justice valaisanne s'intéresse désormais aux autorités de Crans-Montana. Ce mercredi, la RTS a rapporté que le parquet avait ouvert une procédure pénale contre l'ancien responsable de la sécurité de la commune, Silvan P*. Celui-ci devra être interrogé le 9 février prochain. L'homme était responsable des inspections de sécurité incendie dans la commune jusqu'en 2024, y compris celles du bar «Le Constellation». 

Son avocat, David Aïoutz, a confirmé à Blick que son client devait bel et bien être interrogé le 9 février. Et d'ajouter: «Je ne peux fournir aucune autre information pour le moment.» Il a confirmé à la RTS que son client, en sa qualité de suspect, était responsable de plusieurs inspections de sécurité incendie au sein du «Constellation». Jusqu'à présent, l'enquête s'était uniquement concentrée sur les exploitants du bar, Jacques et Jessica Moretti.

Le parquet garde le silence

On ignore encore précisément de quoi le Ministère public valaisan accuse Silvan P.* Le parquet, dirigé par la procureure générale Béatrice Pilloud, n'a pas encore commenté cette procédure.

A noter qu'il n'a pas répondu aux demandes directes des médias depuis un certain temps. Aucun communiqué de presse n'a été publié à ce jour.

Des défaillances multiples

Une chose est néanmoins claire: l'inspection du «Constellation» a été entachée de graves négligences. Pendant plus de dix ans, il semble que les autorités n'ont pas su appréhender le danger que représentait la pose de la mousse dans le bâtiment.

Jacques Moretti a repris le bar en 2015. Il l'a rénové presque entièrement lui-même, sans demander de permis de construire. L'isolation phonique en mousse installée sur le plafond a pris feu le soir du Nouvel An. Selon la loi valaisanne, les modifications structurelles à l’intérieur des bâtiments sont généralement exemptées de permis. Le facteur déterminant est l’ampleur des travaux. 

En août 2015, Jacques Moretti a obtenu son permis d'exploitation. Un plan de sécurité incendie n'était pas requis. A cette époque, la commune de Crans-Montana aurait pu exiger que l'exploitant soumette un tel plan. Aucun plan n'existait jusqu'en 2019 – année de la dernière inspection. 

Silvan P.* était alors responsable des inspections de sécurité incendie. L'extension d'une véranda a été approuvée séparément; l'isolation en mousse sur le plafond du sous-sol n'a pas été prise en compte lors de cette inspection. Selon la RTS, lors de la rénovation de la véranda, le service cantonal de sécurité incendie a demandé les plans complets – qui doivent respecter les normes –, qui n'auraient pas été fournis. Le canton a indiqué que la commune n'avait pas signalé le début des travaux, laissant supposer qu'ils n'avaient pas été réalisés.

Des lacunes, mais pas de trace de la mousse

En 2018 et 2019, des défaillances en matière de sécurité incendie ont été constatées au «Constellation»: l'escalier et la véranda vitrée n'étaient pas conformes à la réglementation. Les lacunes de formation du personnel et le manque d'exercices d'évacuation ont aussi été pointés du doigt. En revanche, l'état de l'isolation en mousse n'était pas documenté.

Des questions à ce sujet seront probablement posées à Silvan P. le 9 février. Entre-temps, Blick a constaté qu'il continuait d'exercer comme responsable de sécurité, étant employé par plusieurs communes du Bas-Valais. Blick a essayé de le contacter, mais il a réagi avec colère: «Je vous serais reconnaissant de ne pas me contacter à mon adresse professionnelle, car cette affaire ne concerne pas mon employeur actuel», a-t-il écrit. «De plus, je ne ferai aucun commentaire.»

Une quatrième personne est impliquée

Par ailleurs, il a été révélé ce jeudi que les autorités valaisannes enquêtaient sur une quatrième personne. Selon BFMTV, il s'agit de l'actuel chef de service de la sécurité publique de la commune de Crans-Montana. Une information confirmée par son avocat. Il devrait être interrogé le 6 février prochain.

*Nom connu de la rédaction

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