Plafonner la population suisse à 10 millions de personnes avant l'année 2050, via un contrôle sévère de l'immigration? Une idée potentiellement catastrophique, selon Christelle Luisier, présidente du Conseil d'Etat vaudois. Auprès de «24 Heures», la PLR, chargée du Département des finances, du territoire et du sport, a longuement détaillé les conséquences désastreuses qui pourraient, à ses yeux, découler d'un «oui» à l'«initiative pour la durabilité» de l'UDC.
Pour rappel, celle-ci sera soumise au peuple lors des votations fédérales du 14 juin et rencontre de vives oppositions, notamment de la part du Conseil fédéral, du Parlement et des partis de gauche. «Cette initiative, qui fixe justement des chiffres rigides, ne résout aucun des problèmes réels qu’elle met en avant, estime Christelle Luisier. Elle pourrait même les aggraver.»
Une pénurie de main d'oeuvre renforcée
Alors qu'un «oui» briserait l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne, la PLR affirme que les accords bilatéraux constituent l'une des cibles claires de cette initiative: «Il y a donc un gros risque d'isolement et d'instabilité dans les relations avec nos voisins», souligne-t-elle auprès de nos confrères.
Autre problème: la pénurie de main-d'oeuvre qui accable notamment les secteurs de la santé et de la construction, pourrait encore être accentuée: «Répondre à la pénurie de main-d’œuvre uniquement avec la population active suisse ne sera pas suffisant, et ce, même en mobilisant toutes les ressources internes», prévient Christelle Luisier, soulignant que cela exigerait de s'appuyer davantage sur les frontaliers, en endiguant l'arrivée de jeunes personnes actives sur le marché du travail.
Un effet particulier sur le canton de Vaud
Pour la PLR, le canton de Vaud serait d'autant plus touché, dans la mesure où son économie, plus dynamique que la moyenne suisse, pourrait s'en trouver freinée, avec un effet notable sur plusieurs domaines: «Dans le secteur de la construction, nous avons 63% de main-d’œuvre étrangère, dans l'hôtellerie et la restauration 65%, et 25% dans le secteur primaire, incluant l'agriculture et la viticulture», indique Christelle Luisier, déplorant que l'initiative empêcherait le canton de trouver la main-d'oeuvre qualifiée dont il dépend.