Ce fut un vrai coup de maître diplomatique pour la Suisse. Le plus grand sommet international consacré à l'intelligence artificielle posera ses valises à Genève en juin 2027. Les échanges porteront sur la sécurité, les opportunités et l'encadrement juridique d'une technologie clé qui façonne désormais l'ensemble de la société.
Pourtant, le Conseil fédéral refuse de céder à la folie des grandeurs. Doté d’un budget serré d'environ 6 millions de francs, l'événement fera l'impasse sur une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement pour limiter les coûts, comme plusieurs médias l'ont révélé récemment. La Confédération compte par ailleurs solliciter le secteur privé pour participer au financement.
Sceller des partenariats
Mercredi, le gouvernement a fixé le cap stratégique et le cadre d'organisation du sommet, comme l'a détaillé devant la presse Albert Rösti (UDC), ministre de la Communication. L'événement rassemblera des représentants gouvernementaux, des institutions internationales, ainsi que des figures du monde scientifique, économique et associatif.
Les débats s'articuleront autour de deux priorités: faire de l'IA un moteur d'innovation, de prospérité et de progrès social, tout en posant les garde-fous nécessaires à un déploiement fiable et éthique. L'ambition consiste à sceller des partenariats concrets, des projets ciblés et des feuilles de route communes appelés à s'inscrire dans la durée, insiste le Conseil fédéral.
Pour mener à bien cette feuille de route, le gouvernement a désigné Fabiola Gianotti au poste de déléguée du sommet. La scientifique a dirigé de 2016 à 2025 le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire établie à Genève. Le Conseil fédéral se dit convaincu que son parcours à la tête d'une institution scientifique d'envergure et la richesse de son réseau international constituent des atouts majeurs pour le projet.