Collision évitée de peu
Un problème de communication a failli coûter cher aux CFF

Deux trains des CFF ont frôlé la collision en août 2025 à Neuchâtel-Vauseyon à cause de la barrière de la langue. Les consignes données en français n'ont pas été comprises par le conducteur germanophone.
Un conducteur de train germanophone n'a pas compris les instructions données par le centre d'exploitation de Renens. (Photo d'illustration)
Photo: Keystone
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Mattia Jutzeler

«Non, non, non. Je t’ai dit de ne pas t’engager sur la pleine voie. Là, c’était dangereux ce que t’as fait.» Une incompréhension linguistique entre plusieurs employés des CFF a failli provoquer une collision en août 2025 à Neuchâtel-Vauseyon. Selon la «Sonntagszeitung», un train régional conduit par deux germanophones, dont un en formation, aurait dépassé une zone d’arrêt d’urgence. Le mécanicien a alors tenté de clarifier la situation par radio avec les régulateurs francophones du centre d’exploitation de Renens. Sans succès.

Un enregistrement de la communication radio, dont dispose le journal dominical, montre que le conducteur n’a pas compris les consignes qui lui étaient données. Face à la situation, il a demandé à parler à une personne germanophone. On lui aurait alors répondu que personne ne parlait allemand au centre d'exploitation de Renens. Le train régional s’est finalement immobilisé à seulement 50 mètres d’un train de marchandises. La catastrophe a été évitée de justesse.

«Un incident isolé»

Le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) a analysé cet incident et publié un rapport. Celui-ci révèle que le conducteurs alémaniques avaient réussi leur examen de français et remplissaient les critères internes des CFF. Mais la SESE remarque que ces exigences linguistiques «ne répondent pas aux critères de la Confédération».

De leur côté, les CFF affirment que cette erreur linguistique survenue dans le canton de Neuchâtel reste «heureusement un incident isolé». L’entreprise assure toutefois prendre les conclusions de l’enquête «très au sérieux». Elle annonce avoir lancé un appel d’offres pour mettre en place un programme complet de formation linguistique numérique destiné à son personnel.

Actuellement, les CFF exigent de leurs candidats conducteurs une connaissance de niveau C2 d'une langue nationale – le sixième et plus haut niveau du Cadre européen commun de référence pour les langues –, ainsi qu'une connaissance basique (niveau A1, le plus bas) d'une deuxième langue nationale. 


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