Des milliards en jeu
La Suisse romande au cœur du méga-plan transports de Berne

Le Conseil fédéral prévoit des milliards pour la mobilité d’ici 2045, avec plusieurs projets en Suisse romande, dont l’extension de Cornavin et des mesures autour de Genève et Lausanne. Le financement passera par le peuple.
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Le Conseil fédéral a lancé vendredi la consultation sur son projet «Transport 45».
Photo: KEYSTONE
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Tobias Bruggmann

C’est parti à plein régime pour les grands chantiers de mobilité. Le Conseil fédéral, sous la houlette du ministre des Transports Albert Rösti, a lancé vendredi la consultation sur son projet «Transport 45». Il fixe les grandes lignes de l’aménagement du rail et de la route jusqu’en 2045. Plusieurs projets concernent directement la Suisse romande. Tour d’horizon.

Cadence augmentée d’ici 2035

Albert Rösti veut concrétiser sept projets ferroviaires d’envergure nationale. Ils doivent notamment améliorer la liaison entre Bienne et Genève. Une amélioration de cette ligne est prévue d’ici 2030 et nécessitera des investissements dans la région de Renens. «D’ici 2035, la cadence au quart d’heure entre Berne et Zurich ainsi que la cadence à la demi-heure sur les lignes Bâle-Zurich et Berne-Lucerne pourront être mises en place», indique le Conseil fédéral dans son communiqué.

Voici les sept projets retenus:

  • Lucerne: tunnel de Dreilinden et gare terminus souterraine
  • Bâle: gare CFF – extension des installations destinées au public et construction du nouveau pont Margarethen
  • Genève: extension de la gare de Cornavin
  • Zurich: quatrième voie à la gare de Zurich Stadelhofen
  • Zurich-Zoug: tunnel de base du Zimmerberg II
  • Neuchâtel – La Chaux-de-Fonds: liaison directe
  • Berne/Valais: nouvelle ligne ferroviaire Innertkirchen – Oberwald (tunnel multifonctionnel du Grimsel)

A plus long terme, d’autres projets concernent le trafic régional dans les régions de Genève et de Lausanne, la liaison directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, l’extension de la gare de Genève Cornavin ou encore le projet Morges-Perroy, qui fait aussi partie des priorités.

Le tunnel multifonctionnel du Grimsel a déjà suscité des critiques. Albert Rösti maintient toutefois son soutien. Le plus coûteux de ces projets est celui de Lucerne. Le tunnel et la gare terminus souterraine devraient coûter 3 milliards de francs.

Même si le Parlement approuve ces chantiers ferroviaires, leur réalisation n’est pas encore garantie. Aujourd’hui, un dixième de point de TVA est affecté au développement du réseau ferroviaire. Mais cette contribution, destinée au fonds d’infrastructure ferroviaire, est limitée dans le temps et arrivera à échéance en 2030. Sa prolongation nécessitera une votation populaire. Au total, ces huit projets coûteraient plus de 11 milliards de francs.

Le Conseil fédéral prévoit par ailleurs de biffer 68 projets ferroviaires de petite ou moyenne envergure décidés par le Parlement. Leur coût était estimé à environ 2,5 milliards de francs.

Limiter les bouchons sur les grands axes

Le Conseil fédéral veut aussi développer les autoroutes par étapes, en priorité sur les tronçons les plus touchés par les embouteillages. Dans le cadre de l’étape d’aménagement 2027, il prévoit d’investir 1,6 milliard de francs dans deux projets sur l’A1.

  • Elargissement à six voies entre Aarau-Est et l’échangeur de Birrfeld: ce projet vise à éliminer un goulet d’étranglement sur l’axe ouest-est entre Zurich et Berne.
  • Elargissement à six voies entre Perly et Bernex: cette mesure vise à éliminer un goulet d’étranglement dans la région de Genève et à désengorger le réseau routier urbain.

D’ici 2045, le Conseil fédéral prévoit encore d’aménager huit autres tronçons. Parmi eux figurent notamment l’élargissement à huit voies entre Wallisellen et Brüttisellen, le troisième tube du tunnel du Rosenberg à Saint-Gall, le tunnel du Rhin à Bâle et le tunnel de Fäsenstaub à Schaffhouse. Ces trois derniers projets avaient été rejetés par le peuple lors de la votation sur l’extension du réseau autoroutier en novembre 2024. Le fait qu’Albert Rösti les remette déjà sur la table devrait faire réagir.

Dans le domaine routier aussi, plusieurs projets passent à la trappe. Le Conseil fédéral prévoit d’abandonner 31 projets, pour un montant total d’environ 16 milliards de francs. Parmi eux figurent notamment les aménagements entre Le Vengeron, à Genève, et Nyon, dans le canton de Vaud, ainsi qu’entre Schönbühl et Kirchberg, dans le canton de Berne. Ces projets avaient été rejetés en votation populaire.

40 agglomérations concernées

Les grandes villes ne seront pas les seules à bénéficier de ces investissements. Quarante agglomérations sont aussi concernées par des projets représentant au total 1,68 milliard de francs.

«Les plus grands projets individuels bénéficiant de subventions fédérales sont le pont Franca-Magnani à Zurich, la nouvelle place de la gare à Olten, le contournement de Hasle près de Burgdorf, le passage souterrain de la Winterthurerstrasse à Uster, le projet global de transport d’Oensingen, le pôle de transport de Grand-Saconnex/Aéroport, le prolongement du tramway avec pôle de transport à St-Genis-Pouilly près de Genève et l’acquisition de bus électriques dans l’agglomération de Lausanne-Morges», précise le communiqué du Conseil fédéral.

Plus de 9 milliards pour les autoroutes

Le Conseil fédéral veut aussi investir massivement dans l’entretien du réseau existant. Entre 2028 et 2031, il prévoit 9,46 milliards de francs pour l’exploitation et l’entretien des autoroutes, afin d’en garantir la sécurité.

Prochaines étapes

La procédure de consultation a été ouverte vendredi et court jusqu’au 9 octobre. Les partis, les cantons, les associations et les particuliers peuvent désormais se prononcer sur le projet.

Le Conseil fédéral décidera ensuite s’il ajuste son projet ou s’il le transmet tel quel au Parlement. Un référendum sera possible, mais le peuple votera dans tous les cas sur le financement du rail par la TVA.

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