Coup de gueule de sa maman
La suppression d'un train CFF a failli faire rater ses exams à cet étudiant vaudois

Un étudiant vaudois a failli rater son premier examen à l'UNIL et blâme les CFF. Le train qu’il attendait à Arnex-sur-Orbe a été annulé, plongeant sa famille dans une stressante course contre la montre.
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Dans la petite gare d'Arnex-sur-Orbe (VD), le train régional supposé emmener Luca à son examen universitaire n'est jamais venu.
Photo: Wikimeda Commons / NAC

En bref

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  • Lundi 8 juin, Luca, étudiant de 18 ans, a failli manquer son premier examen à l’Université de Lausanne en raison de la suppression soudaine de son train dans une petite gare.
  • Sa mère a dû l’emmener en voiture, bravant les bouchons matinaux pour tenter de lui éviter un échec universitaire.
  • Les CFF présentent leurs excuses et expliquent que le train est tombé en panne. Aucun bus de remplacement n’a été mis en place.
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Léo MichoudJournaliste Blick

Vous avez peut-être déjà fait ce cauchemar… Un examen important vous attend – à l’école ou aux études – mais votre train ou votre bus ne vient jamais. C’est ce stress qu’a vraiment vécu Luca* lundi dernier 8 juin, pour la toute première épreuve de son parcours académique.

Sa maman a contacté Blick, pour pousser un coup de gueule contre les CFF, car son train n’est jamais venu dans la coquette gare d’Arnex-sur-Orbe. Habitant un petit village du Nord vaudois, le jeune homme de 18 ans devait être à 8h tapantes à l’Université de Lausanne (UNIL).

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Une fois que toutes les épreuves sont distribuées, on n’est pas censé pouvoir entrer dans la salle
Luca*, étudiant à l'UNIL retardataire
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«En première année, échouer à un examen nous oblige à refaire l’année, explique l’étudiant en sciences politiques. Une fois que toutes les épreuves sont distribuées, on n’est pas censé pouvoir entrer dans la salle.» Au petit matin, son père l’a déposé à Arnex-sur-Orbe, pour qu’il prenne le train partant à 7h05.

Retardé… puis supprimé dans la foulée

Mais rien ne s’est passé comme prévu. «A l’heure de l’arrivée du train, l’app CFF a d’abord annoncé un 'retard non spécifié' à 7h06, puis 14 minutes de retard à 7h08, avant une suppression totale à 7h15», se souvient Luca, captures d’écran à l’appui.

Il appelle donc ses parents en panique. Son père, reparti au travail, ne peut pas se libérer. Sa mère, elle, se mobilise. «Heureusement, je travaille près de chez moi. J’ai pu aller chercher la voiture en quatrième vitesse», déplore Carine.

Elle passe le récupérer à Arnex et file en direction de Lausanne. Avec les bouchons matinaux, son GPS indique une arrivée prévue à 8h05. Le stress de voir les portes s’être déjà refermées la pousse à quelques incartades avec le code de la route. «Ça m’a énervée au volant. J’ai dû conduire vite, j’ai peut-être appuyé un peu fort sur l’accélérateur et j’ai fait un demi-tour au milieu d’un village.»

Plus de peur que de mal

Elle arrive dans le parking à 8h03, son fils court pour parvenir à la salle d’examen. Et il réussit in extremis à entrer, pendant que les surveillants en sont encore à vérifier l’identité des étudiants et à distribuer les copies. «J’ai réussi, mais je suis arrivé dans un état pas idéal pour rédiger une réflexion politique pendant 4h», s’inquiète Luca.

De quoi, peut-être, revoir à la baisse la note finale du jeune homme. «Ça a un peu changé la qualité de mon rendu, mais j’espère et je pense avoir la moyenne», affirme-t-il. Réponse dans quelques semaines, au moment des résultats. Et peut-être que pour ses prochains exams, Luca prendra au moins un train de marge… quitte à se réveiller encore plus tôt.

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Rien n’est fait pour les passagers en rade aux petites gares, pas de bus de remplacement, pas d’explications, rien!
Carine*, la maman de Luca
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«Quand je l’ai déposé, j’ai dû attendre jusqu’à midi, qu’il sorte, pour savoir s’il avait réussi à entrer», raconte sa maman. Elle estime que les campagnes ne sont pas suffisamment considérées par les chemins de fer fédéraux: «Rien n’est fait pour les passagers en rade aux petites gares, pas de bus de remplacement, pas d’explications, rien! Déjà que les abonnements CFF coûtent bonbon tous les ans…»

Les CFF présentent leurs excuses et s’expliquent

Contactés par Blick, les CFF présentent leurs excuses à leurs clients pour les désagréments subis «dans une situation déjà particulièrement stressante» et disent comprendre les «interrogations légitimes» et la colère de Carine. «Nous sommes soulagés de savoir qu’il a finalement pu participer à son examen malgré les circonstances», écrit Jean-Philippe Revaz.

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La panne était cependant plus importante que prévu, et après plusieurs redémarrages infructueux, il a fallu supprimer le train à l’horaire
Jean-Philippe Revaz, porte-parole des CFF
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Le porte-parole des CFF pour la Suisse romande indique que le train concerné est malheureusement tombé en panne en gare du Day, en amont d’Arnex. «Au début, le conducteur était plutôt optimiste, précise le porte-parole en évoquant une perte de temps de 3 à 4 minutes. La panne était cependant plus importante que prévu, et après plusieurs redémarrages infructueux, il a fallu supprimer le train à l’horaire.»

Mais alors, pourquoi n’avoir pas mis à disposition de bus de remplacement? «Dans ce cas précis, cela n’aurait servi à rien car le bus serait arrivé après le départ du train suivant, qui partait 30 minutes après le train précédent», répondent les CFF. En effet, sur la ligne Vallorbe-Cully, la cadence des trains est à la demi-heure.

Les petites gares défavorisées?

Dans cette situation, Luca aurait dû prendre le train suivant et n’aurait pas pu demander de remboursement de son trajet, selon les modalités fixées par le droit des voyageurs. Carine ne tarit pas de critiques: «Ce n’est pas la première fois que les trains sont tout simplement supprimés à cette gare. On ne se méfie jamais assez de la réputation irréprochable des CFF quant à leur ponctualité.»

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Que ce soit dans une petite ou une grande gare, le traitement des clients est le même
Jean-Philippe Revaz, porte-parole des CFF
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Jean-Philippe Revaz répond que même dans les petites gares, «des annonces sont faites par haut-parleur, en plus des informations disponibles» sur l’application CFF. «Et cela n’est pas visible, car ces opérations se font en coulisses, mais tout notre personnel s’efforce d’acheminer les clients à destination le plus vite possible en cas de pépin. Que ce soit dans une petite ou une grande gare, le traitement des clients est le même», assure le porte-parole.

*Prénoms d’emprunt

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